Accueil Point de vue « Contre les extrémismes, l’égalité des sexes au cœur de la laïcité »

« Contre les extrémismes, l’égalité des sexes au cœur de la laïcité »

par Isabelle Germain

Chahla ChafiqPour Chahla Chafiq, l’extrémisme religieux ou politique s’engouffre dans un vide idéologique et s’alimente de la domination masculine. Pour faire face, il ne faut pas réitérer les erreurs des années 90, prévient l’écrivaine et sociologue d’origine iranienne, auteure notamment de Islam politique, sexe et genre et d’une étude sur la radicalisation des jeunes1. Entretien.


Les Nouvelles NEWS : Après les tragiques tueries de ce début d’année, la réaction politique semble être l’enseignement de la laïcité et un travail sur les « quartiers ghettos ». Ce second point rappelle les années 90 après les émeutes de Vaulx-en-Velin avec la politique des « grands frères » pour endiguer la violence des garçons. Tandis que les filles, souffrant pourtant de la ghettoïsation autant que les garçons, ne répondraient pas par la violence. N’y-a-t-il pas avant tout un problème culturel ?

Chahla Chafiq : L’imaginaire des jeunes garçons est peuplé de clichés pétris de virilité guerrière – qu’il s’agisse de films, jeux vidéos, histoire du monde, pornographie… Pour les jeunes en quête d’idéologies, d’identité, d’images valorisantes pour eux-mêmes, l’extrémisme religieux ou même politique est du pain bénit, si j’ose dire. L’islamisme, mais aussi d’autres extrémismes, proposent une offre idéologique qui permet aux garçons de se valoriser à travers la domination masculine.

Quant aux filles, il leur est offert une valorisation en tant qu’épouses et mères. Cette valorisation repose sur une hiérarchisation des sexes, fidèle au schéma patriarcal de la famille et opposée à l’autonomie et à la liberté sexuelle des femmes. Cette hiérarchisation sexuée, elle-même construite sur la misogynie et l’homophobie, est au centre du projet idéologico-politique de tous les mouvements fondés sur l’exacerbation des identités religieuses (islamisme, intégrisme catholique, fondamentalisme protestant et juif, etc).

Les conservateurs d’extrême-droite nouent des alliances avec ces mouvements pour faire obstacle à l’égalité en droit et en liberté pour les femmes et les homosexuels – comme l’ont démontré les tensions autour du ‘mariage pour tous’. Il existe ainsi un front culturel anti-démocratique dans lequel les islamistes occupent la place la plus visible. Face à cela, nous avons à construire une alternative fondée sur une éducation démocratique et non-sexiste.

LNN : Cette idée n’est pas vraiment au cœur de la politique

Chahla Chafiq : Dans les années 1990 les politiques publiques dans les quartiers défavorisés se sont concentrées sur les garçons pour endiguer leur violence réelle ou supposée. Mais les filles, qui subissaient autant, voire plus qu’eux, la relégation ne s’exprimaient pas par la violence. En parlant des filles, on soulignait leur réussite scolaire, sans réfléchir aux moyens à mettre en œuvre pour que cette réussite ouvre sur une insertion professionnelle à la hauteur de leurs espoirs. En fait, l’erreur méthodologique, systématiquement reproduite, a consisté à ne pas analyser les questions sous l’angle des rapports sociaux de sexe.

On a préféré continuer à cibler les garçons comme étant la source des problèmes et des solutions. Un regard rapide sur l’action sportive comme voie éducative suffit à poser ce constat. Pourtant, en intégrant l’approche en termes de rapports de sexes on pourrait mieux cibler l’invisibilité des filles dans l’espace public (notamment dans les aires de loisirs), phénomène qui renseignerait sur les ségrégations sexistes en cours. Et cette réflexion sur les ségrégations nourrirait les constats sur les processus de relégation qui favorisent l’adhésion des jeunes à l’extrémisme religieux.

Cela dit, il est important de souligner que cette adhésion n’est pas que l’affaire des personnes en difficulté sociale. On se trompe de diagnostic quand on dit que la pauvreté ou l’exclusion conduisent à l’islamisme, c’est insulter les pauvres. L’islamisme est un phénomène politique et idéologique qui traverse toutes les catégories sociales. Il existe des Etats islamistes très riches.

LNN : Comment faire face, alors ?

Chahla Chafiq : Sans un travail éducatif capable d’apporter des réponses appropriées face à l’offre idéologico-identitaire des extrémismes religieux, les réponses sécuritaires, nécessaires, trouveront vite leurs limites. Et un travail éducatif pertinent ne peut se faire sans l’élaboration et le développement d’une pédagogie non-sexiste. Une telle pédagogie permet de toucher la société tout entière et d’explorer les différentes dimensions sociales, culturelles et politiques.

L’idée d’enseigner plus fortement le fait laïque est une bonne chose, mais si on ne parvient pas en même temps à valoriser l’égalité des sexes et à en faire un idéal capable de répondre au besoin d’idéologie des jeunes, ce sera peine perdue. Il faut retrouver des idéologies humanistes. Il faut remplir le vide laissé par l’affaiblissement de l’éducation populaire et des actions humanistes qui répondent aux besoins de convivialité, de sens dans l’altérité.

J’ai eu l’occasion d’expérimenter ce type d’actions, en contribuant au sein de l’ADRIC, depuis 2011, au projet « Jeunes pour l’égalité », initié par Henriette Zoughebi, vice-présidente de la Région Ile-de-France en charge des lycées, en partenariat avec l’Education nationale. La région a mis les moyens pour donner à ce projet une constance et impliquer les jeunes dans une réflexion-action sur l’égalité filles-garçons. Les équipes éducatives et pédagogiques, ainsi que les élèves, ont participé et participent activement à ce projet. Les sujets liés à l’orientation professionnelle, à la liberté sexuelle, aux violences sexistes et à la laïcité sont débattus avec les jeunes et font l’objet d’une mise en expression artistique. Plus de 9 000 jeunes ont participé à cette action.

On a pu constater leur besoin d’espace pour s’exprimer, en tant qu’acteurs et actrices sociales, sur ces sujets. Les interventions sont conçues pour permettre le débat, sans interdits ni tabous, et soutenir les réflexions et les actions en faveur d’une posture égalitaire. L’implication des jeunes dans le projet est très positive. Quand on leur donne les moyens de réfléchir à la laïcité à travers cette question de l’égalité des sexes, sans interdits, simplement en éveillant les consciences, on donne une autre orientation à cette quête d’identité.

LNN : Donc, l’enjeu n’est pas de proposer une offre idéologique alternative à l’islamisme mais de travailler sur l’environnement culturel pour qu’il cesse de valoriser la domination masculine. Comment est-ce possible ?

Chahla Chafiq : Il faut que la laïcité propose des perspectives valorisantes pour tout individu. Lutter contre le racisme, contre l’antisémitisme et contre le sexisme. Le problème est que les actions autour de la laïcité ne sont que rarement pensées sous l’angle de l’égalité des sexes. Le lien entre la laïcité, l’égalité de sexes et les droits sexuels reste opaque. Il n’est pas pensé, dans les politiques publiques, de manière claire et volontariste. Pourtant, des exemples significatifs prouvent ce lien.

Les manifestations contre le ‘mariage pour tous’ qui étaient aussi contre la dé-hiérarchisation des sexes ont été fortement soutenues par des courants idéologico-religieux ; l’avortement n’aurait jamais pu être voté si les lois ne s’étaient pas laïcisées. Par ailleurs, on a encore du mal à percevoir et à identifier le sexisme. On cerne un peu mieux le racisme mais beaucoup moins le sexisme qui est fortement banalisé. Les immigrées qui subissent cette double peine identifient souvent le racisme mais, à l’instar de la majorité des femmes, considèrent comme normales des situations sexistes. Elles ont intériorisé les normes sexistes. Difficile de lutter contre quelque chose qui n’est pas perçu comme un fléau.

Côté démarche volontariste, on est très en dessous de ce qu’il faudrait faire. On n’enseigne pas l’histoire du féminisme à l’école. Les conquêtes des libertés des femmes sont passées sous silence. L’histoire des transformations sociales liées à l’évolution des rapports sociaux de sexe est pourtant un des fondements des sociétés et de la laïcité. Partout dans le monde, quand les droits des femmes progressent, la société dans son ensemble progresse. Il est temps de s’approprier cette histoire pour reconstruire une société laïque fondée sur l’égalité des sexes.

Il faut aussi travailler sur les productions culturelles. Celles qui font l’éloge d’une masculinité violente sont beaucoup trop visibles, diffusées, érigées en modèles. Celles qui se fondent sur d’autres valeurs sont moins visibles, moins nombreuses. C’est, je crois, le principal enjeu. L’offre islamiste répond à un idéal patriarcal qui passe par la sacralisation de la domination. Il ne faut pas la concurrencer par une autre offre, mais proposer un autre idéal.

 

Site de l’ADRIC : www.adric.eu

Site de Chahla Chafiq : www.chahlachafiq.com

1 « Jeunes et radicalisation islamiste : parcours, facteurs et acteurs influents » – Consultable en ligne ici.

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14 commentaires

taranis 29 janvier 2015 - 13:12

Merci Madame Chafiq, vous êtes mon « prophète »…je plaisante je ne suis pas idolâtre, je préfère rencontrer les philosophes réellement humains capables de guider mon esprit et donner sens à mon existence Par bonheur, il est toujours réjouissant de lire ses pensées confuses dans un texte bien écrit …..Dommage que les experts soit trop souvent des hommes. Merci aussi à la rédaction d’avoir mis les liens. Selon moi, la montée des fondamentalismes est bien une affirmation du patriarcat triomphant et accessible avec tous ses codes primitifs, il s’installe dans nos quartier face à une société élitiste Un rempart s’érige de fait pour déconstruire les préjugés sur les femmes dites soumises ou prisonnières à vie de tabous sociaux Nous le savons les femmes du monde entier ont des problèmes ; les femmes continuent d’être traitées en objet dans beaucoup de pays «occidentaux». C’est généralement là-dessus que la conversation se termine quand vous essayez de discuter des raisons pour lesquelles les sociétés arabes haïssent les femmes. ¨Pour autant je peux vous réciter une litanie de mauvais traitements, attisés par un mélange toxique de culture et de religion, que peu semblent vouloir ou pouvoir démêler de peur de blasphémer ou de choquer.

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Karine Elle 29 janvier 2015 - 13:22

Merci, excellente interview !!

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V13 29 janvier 2015 - 14:49

Proposer un autre idéal – donc ne pas chercher à intégrer ni à se réapproprier les formes structurelles du patriarcat (et des systèmes politiques, économiques qui vont avec depuis toujours), mais les critiquer en elles-mêmes. C’est là la contradiction dans des féminismes qui rêvent trop souvent simplement de parité dans l’exercice de ces formes (pouvoir économique, militaire, reproduction de la famille…). Bref, un critique de la masculinité comme forme sociale, et un abandon du naturalisme qui ramène toujours à la valorisation du même. Croire que si on est « autre », la réalisation des mêmes formes sociales aura d’autres conséquences, c’est cela qui est essentialiste.

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Natacha Henry 29 janvier 2015 - 15:15

Bravo lesnouvellesnews pour cette interview riche et détaillée. Et d’accord avec elle pour proposer un autre « idéal »!

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Lirelle 29 janvier 2015 - 21:08

c’est que toute la société est imprégnée de sexisme ‘occidental’, Olympe de Gouges n’est toujours pas au Panthéon, on dit « droits de l’homme », « Mme le … » meurtres conjugaux qualifiés de « passionnels » encore aujourd’hui dans le Parisien (à propos du meurtre d’une caissière) etc etc… alors la ségrégation sexuelle des intégristes prend bien sur ce terreau là… Notre société et ses acteurs font tout en pratique, pour nous gêner (même si les lois sont égalitaires elles ne sont pas appliquées). Malheureusement je ne crois pas au « vide idéologique » dont il est question en tête de cet article, au contraire il y a un plein, un plein la haine des femmes, culture du viol, etc. … et la religion montante est une aubaine pour cette société machiste. Il n’y a qu’à voir avec quel zèle telle expo (silence) ou telle pièce de théâtre (sur les violences aux femmes au Yemen il me semble), tel évènement (flashmob des 24h du sport féminin) sont annulées … Les machos n’attendent que cela, le pouvoir n’attend que cela. :o( Merci aux Nouvelles news d’être là… et pour cet article même si je le trouve bien optimiste…

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Lili 30 janvier 2015 - 10:37

Intéressante réflexion, approfondie. Excellentes analyses, notamment sur le lien machisme-intégrisme religieux (dans toutes les religions…). Je me permets quelles remarques.
– L’égalité hommes-femmes, l’anti-sexisme, ne me semblent pas être un idéal social suffisant, certainement pas de nature à « remplacer » une autre offre identitaire. On ne fonde pas une identité là-dessus. Pour moi l’idéal est celui de la République, « Liberté égalité fraternité », et l’égalité hommes-femmes, la non discrimination… en sont une partie et un moyen, essentiels. D’accord donc sur tout ce qui est dit sur l’approche genrée des questions, des « quartiers », de l’espace public…
– le lien entre laïcité et égalité des sexes est une très bonne idée à revaloriser, mais là encore il n’est qu’une partie d’une question plus large, dommage de le limiter à cela.
– la manif pour tous n’était pas un mouvement contre l’égalité des sexes, mais contre leur indifférenciation supposée (d’après une lecture essentialiste des choses), nuance.
– c’est vrai qu’on n’enseigne pas l’histoire du féminisme à l’école, pour la simple raison que toute histoire du féminisme serait subjective… En revanche on y enseigne largement les changements de statut, de droits, et de conditions des femmes, dans divers chapitres (guerre de 14, droit de vote, contraception, marché du travail…), certains enseignants insistant sans doute plus que d’autres…
– bref on ne peut pas construire un discours social et pédagogique sur la seule entrée « anti-sexisme ». C’est une partie, sans doute trop négligée en effet, d’un discours plus large de société ouverte et respectueuse de chacun, y compris d’ailleurs dans ses éventuels choix religieux (car oui on peut être croyant et égalitaire, athée et machiste et/ou raciste).

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taranis 31 janvier 2015 - 14:29

Au risque de devenir, votre « bécassine », votre contre analyse ne me semble pas très réaliste ni ambitieuse. Le féminisme est un humanisme, qui est bien une façon d’appréhender l’idéal. Il suffit d’observer Les sociétés africaines et arabes pour constater que les femmes s’organisent grâce à l’accès à l’éducation Elles créent partout des solutions alternatives. Rien de politique ne peut s’imposer sans évolution des traditions et du rôle des femmes dans les sociétés. L’idée de la famille patriarcale et de l’enferment de femmes dans le mariage, c’est bien ce que défendait la Manif pour Tous avec sa dichotomie rose et bleue, alors que la famille est aujourd’hui diverse tout comme la « nature » prise en prétexte politico religieux et qui a horreur de l’uniformité
Vous tentez classer les postures dans la défense de nos droits, alors que toutes sociétés dans notre monde sont construites sur la domination des hommes sur les femmes. On en revient donc à dire que c’est le patriarcat qui chapeaute toutes les idéologies puisque il en est le lien commun et applique partout avec plus ou moins de zèle

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alidan ghilan 31 janvier 2015 - 21:53

1/ »Le Mariage pour tous » est une fausse bonne idée. On nous solde un produit usé dont plus personne ne veut (30% des hétéros se marient, et 30% d’entre eux divorcent +/- 3 ans après) et d’un seul coup c’est la ruée. Je préfère de loin les manifs qui revendiquaient « le droit à la différence et à l’indifférence » et « femmes violées, pédés cognés, même combat ». « Le Mariage pour tous » c’est l’effondrement de toutes les valeurs des mouvements homos conjuguées avec celles des mouvements féministes. C’est une capitulation, une acceptation des valeurs normatives contre lesquelles Mai 68 et suivantes se sont battues à fond.Ce qui, de plus,a redonné du nerf à tous les culs-bénis de tous poils. Fiasco sur toute la ligne. Enterrement de troisième classe de tous les idéaux libertaires flamboyants qui avaient au moins du panache. Non merci, c’est du Mariage comme institution dont on ne voulait pas et c’est l’Amour qu’on voulait libérer et réinventer.

2/Dans aucun des textes ci-dessus n’apparaît ce mot. Lequel? AMOUR .
misère de l’analyse qui se croit « scientifique ». Contenu dans le troisième terme de la trilogie Liberté-Egalité-Fraternité. Et souvent délaissé, oublié, ignoré ou énoncé discrètement, comme embarrassé. Ici non-plus il n’apparaît pas. Et pourtant, qu’est-ce-que le fondement de la Laïcité sinon l’élaboration de cette Fraternité grâce à la Liberté partagée et l’Egalité restaurée entre les individus-citoyens. Oui, c’est toujours le même combat : réinventer l’Amour à travers la Fraternité retrouvée, des hommes, des femmes, des couleurs et des goûts. Pour réenchanter le réel, réapprenons à parler d’Amour, à le faire, et à le transmettre, jour après jour …

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taranis 1 février 2015 - 12:19

[quote name= »alidan ghilan »]1/ »Le Mariage pour tous » est une fausse bonne idée.
Oui , mais sur ce premier point vous mélangez 2 choses le droit et l’institution L’idée qu’un couple et qu’une famille reposent sur l’union d’un homme et d’une femme est particulièrement réactionnaire : elle renforce en réalité le stéréotype déjà bien ancré dans les mentalités selon lequel les femmes et les hommes doivent avoir des rôles distincts et complémentaires dans nos sociétés. C’est à cause de ces mécanismes de différenciation entre les femmes et les hommes que persistent aujourd’hui des inégalités aussi flagrantes entre les sexes. Chaque individu, quel que soit son sexe, ses sexualités, son genre, sa couleur de peau, son origine sociale ou encore ses opinions politiques doit pouvoir bénéficier des mêmes droits. Le mariage comme l’adoption en font partie ….Quant à l’institution du mariage, elle n’a pas été institué pour rendre heureux les époux mais pour « donner » une descendance à un homme. Ce « contrat » illicite, contraignant une femme et un homme à copuler contre leur gré, a évolué au fil du temps ; l’exigence de « consentement » imposée par l’Église Catholique a donné un semblant d’humanité à une inhumaine obligation ; mais ce fut aussi la source de nombreux « contrats simulés » où les consentements étaient formels. Enfin, l’évolution économique libérale a touché le mariage qui est passé de l’arrangement familial irrévocable au penchant sentimental variable. Pour se défaire du modèle idéologique patriarcal, il faudrait en effet valoriser le modèle social non conjugal Attention liberté ne veut pas dire réappropriation de nos corps , l’explosion de la pornographie et de la prostitution nous le rappelle. Ne devons aussi nous demander s’il est juste et acceptable, pour une société, que des êtres humains aient des relations sexuelles et/ou des pratiques sexuelles à des fins commerciales sans égards pour les désirs et les plaisirs de la personne qui offre de tels services ?

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taranis 1 février 2015 - 12:22

[2/Dans aucun des textes ci-dessus n’apparaît ce mot. Lequel? AMOUR .
misère de l’analyse qui se croit « scientifique ».
L’amour est un sentiment si large qu’il est accommodable à tout, amour du Prophète, amour de l’argent, amour des femmes En fait il invalide dans son principe même celui de justice. D’où, notamment, la perpétuation de l’excuse pour crime dit « passionnel » Quant à la fraternité, je préfère solidarité qui n’exclue pas les « sœurs » comme les révolutionnaires de 1790. Les gens qui vivent ensemble se soutiennent mutuellement ; Jusqu’à la mort !!! s’il n’y a pas exclusion ou séparation ; or exclusions et séparations ne sont pas des exceptions : les individus qui dérogent à la loi de certains groupes sont exclus ; ainsi les fils rebelles, les filles libres ; ainsi les épouses stériles ou mal dotées ; ainsi les filles mariées, forcément éloignées. Ces êtres écartés, privés de la solidarité du groupe, signalent indirectement le malheur de ceux qui, bien qu’inclus, doivent se soumettre sous peine d’exclusion. Là où le couple a remplacé la tribu, la solidarité est également menacée ; le mariage (pacs ou autre) fonde de nouveaux groupes domestiques sensés assurer « protection mutuelle » aux conjoints et aux enfants ; mais si le couple n’est pas indissoluble, il suffit d’une séparation pour que la solidarité s’évanouisse, quels que soit le dévouement, les dons ou les sacrifices consentis pendant la durée du couple. Certes, les sociétés bureaucratiques assurent un minimum de soutien, mais les personnes réduites à cette solidarité-là vivent dans un grand dénuement. On sait que, en France, les foyers monoparentaux (le plus souvent avec la mère) sont toujours plus démunis, voire paupérisés, que le foyer biparental antérieur. Comme on dit pour qu’il y est Amour il faut commencer par bâtir le nid, il faut donc lutter avec l’Auteur contre tous les antagonismes et ne pas rester dans l’incantation.

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Fabienne Courvoisier 1 février 2015 - 16:00

Merci Madame Chafik!
Mais devoir toujours constater que « rien n’est h jamais acquis.. » commence à me lasser!
Contre la bêtise qui alimente la misogynie, l’homophobie, les discriminetions de toutes sortes il faut savoir qu' »y a encore du boulot! ».
Nous sommes nombreux à nous réjouir que la « relève » ne déroge pas!
Merci encore(et continuez SVP)

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flo 2 février 2015 - 11:01

L’idéal républicain que semble contenir « Liberté/Egalité/fraternité » n’est qu’une illusion, la devise n’ayant jamais été un rempart contre l’exclusion des femmes et contre le sexisme institutionnalisé. De même que la fameuse Déclaration des Droits n’avait rien d’universel, « homme » écrit en majuscule ne faisant que renforcer l’illusion. Un peu comme « République » accolé avec « Corée du Nord ».

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Megan 2 avril 2015 - 10:11

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09 Aziza 28 janvier 2016 - 18:09

L’institution du mariage a beaucoup évolué au cours des siècles, et selon les classes sociales. Contrairement à une idée reçue, les jeunes filles des campagnes françaises se mariaient au delà de 25 ans, et en général avec quelqu’un qui leur plaisait. Les classes bourgeoises et aristocratiques « mariaient  » leurs filles jeunes, juste pour apporter des alliances intéressantes à la famille. L’Eglise a en effet considéré comme immoral les mariages sans véritable consentement, pour devenir extrêmement réactionnaire dés l’aube du XIX éme siècle, majoritairement pour des raisons politiques. Cependant il faut bien voir que le mariage en 1968 n’avait rien d’égalitaire! L’épouse était tenue de suivre son mari où qu’il aille,et l’époux et père seul avait l’autorité parentale sur les enfants. Alors changer cela , oui! Mais pourquoi changer le désir de deux personnes de se projeter dans l’avenir ensemble? (quel que soit leur sexe, d’ailleurs!)

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