
Illustration du mot ‘mère’ (détail) dans le Dictionnaire des écoliers.
Le père ? « C’est le chef de famille parce qu’il protège ses enfants et sa femme. » Voilà l’une des nombreuses définitions d’un autre âge proposées par le très officiel « dictionnaire des écoliers ». Le ministère a entendu les critiques.
Vague d’indignation ces dernières heures sur les réseaux sociaux contre le « dictionnaire des écoliers ». Cet outil mis en ligne par le CNDP (Centre national de documentation pédagogique), dépendant du ministère de l’Éducation nationale, fourmille de clichés sexistes. Il avait d’abord été pointé du doigt le 28 octobre, lors de l’université d’automne du SNUipp, syndicat des professeurs des écoles. Plusieurs définitions laissent rêveurs…
[Mise à jour – quelques heures de mobilisation ont suffi pour que la vague fasse réagir le ministère de l’Education nationale : lundi en fin d’après-midi, le site était devenu « momentanément indisponible ». Il restera « provisoirement fermé », a indiqué le ministère, contacté par @rrêt sur images. Ajoutant que « certaines définitions ne sont pas admissibles et doivent être réécrites ». Le ministère a même requis « une évaluation de l’inspection générale du travail qui a été faite en classe avec les élèves. »]
Le ‘père‘ ? « C’est le mari de la maman, sans lui la maman ne pourrait pas avoir d’enfants. C’est le chef de famille parce qu’il protège ses enfants et sa femme. »
La ‘femme‘ ? « Elle peut porter des bijoux, des jupes et des robes. Elle a de la poitrine. » Et elle doit mesurer plus d’1m70, si l’on en croit la phrase d’exemple : « Miss France est la plus belle femme de France. »
Tout aussi remarquables, l’exemple d’emploi du mot ‘féminin‘ – « Cendrillon redevient féminine quand elle se retrouve dans sa belle robe pour le bal » – ou celui de ‘mère‘ : « Ma mère repasse les affaires de toute la famille. »
Ce « dictionnaire des écoliers » ne vient pourtant pas d’un autre siècle. La présentation du projet nous apprend qu’il « a été rédigé par des enfants des écoles maternelles et élémentaires au cours de l’année scolaire 2010 – 2011. Cette œuvre lexicographique est le fruit de l’imagination et du travail de milliers d’élèves guidés par leurs maîtres. » Ou comment faire la preuve que les jeunes enfants sont imprégnés de clichés sexistes, et que leurs maîtres (et leurs maîtresses…) n’ont rien fait pour y répondre.
Les modules obligatoires « égalité femmes – hommes » pour « déconstruire les stéréotypes », qui feront leur apparition l’an prochain dans la formation des enseignants – ainsi que l’a récemment annoncé le ministre Vincent Peillon – ne seront pas de trop…
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