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Écarts de salaires, écarts de perception

par La rédaction

Selon la dernière enquête menée auprès des cadres, seule une femme sur dix observe des inégalités salariales. Est-ce cohérent ?


 

Seule une femme cadre sur dix estime qu’il existe un problème d’inégalité salariale entre les hommes et les femmes. C’est la perception qui ressort de la dernière enquête « Mobicadres » réalisée par les cabinets Deloitte et Nomination. « Ce constat est cohérent avec ce que nous observons dans beaucoup d’entreprises : à poste comparable, les niveaux de rémunération entre hommes et femmes sont en général assez proches », commente Gabriel Bardinet, du cabinet Deloitte.

Fin 2011, l’Insee relevait pourtant que c’est chez les cadres que l’écart de salaires entre hommes et femmes est le plus élevé : 23,4%. L’étude de Deloitte et Nomination confirme un niveau de rémunération des femmes inférieur de 22% à celui des hommes.

Certes, cet écart global intègre la nature différente des fonctions exercées par les hommes et les femmes. Mais à poste et à expérience équivalents, la différence reste de l’ordre de 10%, calculait l’INSEE en 2006 (Lire : Infime progrès sur les écarts de salaires hommes-femmes).

Une décideuse pour 4 décideurs

En décembre dernier également, une consultation du réseau Financi’Elles faisait apparaître que seules 25% des femmes cadres dans la finance se disent satisfaites en terme d’égalité salariale. Une toute autre proportion que les 90% d’indifférentes observés dans l’enquête de Deloitte et Nomination.

Mais pour Gabriel Bardinet, « le vrai sujet, beaucoup plus complexe qu’un simple rattrapage salarial, est de parvenir à briser ce plafond de verre et de permettre enfin aux femmes d’accéder aux mêmes niveaux de responsabilités que les hommes ».

Le panel de 5 500 décideurs ayant participé à l’enquête « Mobicadres » ne compte ainsi que 21% de femmes. Et sur les 3 000 décideurs présents au sein des instances de direction de leurs entreprises, les hommes représentent 84% des effectifs. Ce qui « montre bien l’écart de représentativité des femmes dans les postes à responsabilité ».

 

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2 commentaires

Florence 13 septembre 2012 - 17:15

la situation est aussi catastrophique: pourquoi cette enquête n’a-t-elle pas touchée les cadres fonctionnaires?
La situation y est pourtant caricaturale: à poste égal, salaire égal certes, mais les postes d’encadrement à haut niveau sont squattés par les hommes. Par exemple chez les chefs d’établissement (près de 50% de femmes, mais elles sont avant tout adjointes, et quand chefs, seules 25 à 30 % sont proviseures, postes bien mieux rémunérés que ceux de principales) ou dans les rectorats. Combien de femmes rectrices d’académie? Combien inspectrices générales?
Le plafond est de verre, mais celui-ci est très épais et n’est pas près de casser, ces messieurs y veillent!

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laurence 18 septembre 2012 - 10:06

On parle beaucoup du plafond de verre, on ignore à quel point la question de la rémunération est au coeur des stéréotypes de genre. Et tant qu’on n’en prendra pas conscience, on n’avancera pas sur l’égalité salariale. C’est sidérant ce que l’on découvre en travaillant sur cette question. C’est le sujet de mon dernier livre « Les femmes au piège de la négociation salariale ou Comment demander de l’argent à son patron sans le fâcher… » Oui, sans le fâcher, car nous en sommes là!

Les femmes observent d’autant moins d’écarts que c’est une question qu’elles n’abordent pas. Elles n’osent pas parler salaire avec leurs collègues. Quelle surprise le jour où elles discutent avec leurs collègues masculins!
Elles osent encore moins en parler à leur manager. Un jeune femme qui ose, me disait: « Quand j’en parle à mon manager j’essaie de ne pas rougir, mais il rougit encore plus que moi! ». Les femmes attendent qu’on reconnaissent leurs mérites. « Ce n’est pas dans mes valeurs » de demander de l’argent, disent-elles. Elles disent aussi privilégier l’intérêt du travail, comme si cela s’opposait à un salaire égal à celui des hommes…

Je suis intervenue dans une entreprise où des femmes de la direction souhaitaient réduire les écarts existants. La DRH qui était présente a dû produire des chiffres car les femmes ne voulaient pas la croire!
Je suis intervenue dans d’autres entreprises, par les réseaux de femmes. Dans ces entreprises qui affichent avoir réduit presque à zéro les écarts, les femmes étaient sidérées quand elles parlaient avec les hommes de découvrir 25% d’écart. Et là encore les discours des femmes sont surprenants: elles ont peur de renoncer à leurs « valeurs », à leur « féminité » en se comportant comme les hommes dans ce domaine!

La femme donne la vie, l’homme la gagne!

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