Accueil Economie Economie, déconnomie, science d’hommes ?

Economie, déconnomie, science d’hommes ?

par La rédaction

Economistes, déconnomistes, un point commun : peu de femmes dans leurs rangs.


 

Chaque année, le Cercle des économistes réunit à Aix-en-Provence des dirigeants politiques, banquiers centraux, grands patrons et universitaires pour débattre des déséquilibres de l’économie mondiale.

Pour la première fois cette année, des « Rencontres déconnomiques » se sont réunies en même temps (du 6 au 8 juillet) dans la même ville pour, expliquent les organisateurs, « démontrer que la pensée économique est foisonnante, qu’elle ne se limite pas à une pensée unique développée par et sur les médias dominants pour le plus grand profit de l’oligarchie en place ». Les déconnomistes veulent proposer des alternatives  aux politiques « néolibérales [qui] nous ont conduits au désastre actuel »  Parmi eux, les représentants de plusieurs associations dont Attac, les Amis du Monde diplomatique ou La Choucroute de Marseille.

Déconnomistes au masculin

Point commun entre les deux écoles qui s’opposent : elles sont très masculines. Exclusivement masculine même du côté des « déconnomistes » ! Pas un prénom féminin dans la liste qu’ils proposent sur leur site : Gilles Balbastre, Jean-Philippe Desbordes, Gérard Duménil, Gérard Filoche, Hervé Kempf, Renaud Lambert, Frédéric Lordon, Gérard Mordillat, René Teboul, François Ruffin, Fabrice Aubert, Claude Escarguel, André-Jacques Holbecq, Jacques Le Bohec, Alain Persat.

La liste de portraits à charge qu’ils dressent du camp d’en face est à peine plus féminisée : Daniel Cohen, Patrick Artus, Elie Cohen, Christian Saint-Etienne, Jean-Hervé Lorenzi, Christian de Boissieu, Olivier Pastre, Agnès Benassy-Quere, Jacques Attali, Jean-Marie Chevalier, Pascal Lamy, Françoise Benhamou, Xavier Musca, Jean-Paul Betbèze, Laurence Boone, Anton Brender, Pierre Cahuc, André Cartapanis, Jean-Michel Charpin, Benoit Coeré, Lionel Fontagné, Pierre Jacquet, Bertrand Jacquillat, Jean-Dominique Lafay, Catherine Lubochinsky, Jacques Mistral, Anne Perrot, Jean Pisani-Ferry, Jean-Paul Pollin, Dominique Roux, Christian Stoffaès, David Thesmar, Philippe Trainar, Alain Trannoy, Daniel Vitry.

Le programme des rencontres de l’économie du Cercle des économistes n’est pas beaucoup plus mixte…

 

A VOUS DE JOUER

o Vous appréciez nos articles ?
o Vous voulez partager l’information pour que tout le monde ouvre les yeux sur l’inégalité des sexes ?
o Vous considérez que l’égalité dans les médias est la mère de toutes les batailles pour l’égalité ?
o Vous savez qu’un journal indépendant et de qualité doit employer des journalistes professionnels ?
Si vous avez répondu oui à une de ces quatre questions, faites un don pour financer l’information. Ce don est défiscalisé à 66 %. (Un don de 50 € vous coûte en réalité 17 €)

JE FAIS UN DON

7 commentaires

radtransf 9 juillet 2012 - 15:42

Et alors ? Ça change quoi ?

Répondre
de produnfis 9 juillet 2012 - 15:55

« radtransf »
Et alors ? Ça change quoi ?

Rien, ça ne change rien, justement

Répondre
laurence 10 juillet 2012 - 09:03

Oui, ça change, car c’est grâce à l’arrivée des femmes économistes à l’INSEE dans les années 80 que des statistiques « genrées » ont enfin mis en évidence les différences de rémunération entre hommes et femmes.

Oui ça change car ce sont des femmes encore comme Delphine Roy qui a mis en évidence qu’il n’y a pas dans le couple d’équivalence entre un euro gagné par l’homme et un euro gagné par la femme: plus le salaire de la femme évolue plus elle paie la sous-traitance des activités ménagères et la garde des enfants, plus le salaire d’un homme évolue plus il accumule des biens de consommation et du capital. En cas de divorce, devinez ce qui reste.

Oui ça change car ce sont des femmes, Danièle Meulders, Sile O’Dorchai, Sophie Pontieux, Hélène Périvier qui interrogent les modèles des statistiques de la pauvreté qui masquent la réalité du travail des femmes en n’étudiant que le « ménage ». Une femme à temps partiel, si elle est mariée, ne sera pas considérée comme une travailleuse pauvre, quels que soient les revenus de son travail.

Les exemples sont nombreux dans ce domaine et manifestent de la façon la plus éclatante qui soit, et plus que dans n’importe quel autre domaine à ma connaissance, l’impérieuse nécessité d’avoir des femmes dans tous les organismes de réflexion et de décision!

Et ces systèmes statistiques « scientifiques » continuent de véhiculer la croyance que, même pour une femme cadre supérieur, le mariage reste un façon de gagner sa vie. Croyance qui peut expliquer en partie le maintien des écarts de rémunération entre hommes et femmes, source de précarité pour les femmes à l’heure du divorce ou de la retraite.

Répondre
THERYCA 10 juillet 2012 - 10:01

Ces femmes économistes nous font savoir que ce que nous sentons bien est une réalité statistique, un fait et non une illusion d’optique qui serait due à mon environnement personnel, particulier.
Je lis ce genre d’information avec beaucoup d’intérêt et j’en tiens compte dans mes choix de vie.
L’ennui, bien entendu, c’est que je ne suis pas sûre que les femmes qui ont le plus besoin d’être convaincues viennent lire ces sujets.
Merci aux femmes économistes !

Répondre
isabelle germain 10 juillet 2012 - 15:36

notre colloque sur le sexe de l’économie montrait que lorsqu’on compte les activités traditionnellement dévolues aux femmes, on aborde l’économie autrement http://www.lesnouvellesnews.fr/economie-et-egalite

Répondre
kim cornelissen 12 juillet 2012 - 18:54

On ne peut se réjouir, effectivement, qu’il y ait plus de femmes économistes et qu’elles prennent les devants. Mais il est tout aussi important que l’économie sorte du champ des expert.e.s et que d’autres professionnelles s’en mêlent. Dans mon cas, ça m’a pris le prix du meilleur mémoire de maitrîse de l’Institut en économie contemporaine du Québec en 2008 pour comprendre que j’avais le « droit » également de me mêler de cette question. Et il le faut, et ce, afin de faire éclater les discussions qui tournent souvent autour de la vision néo-libérale et anti-néo-libérale alors que l’économie, c’est bien plus que ça… Invitations aux autres; plus les discussions sur l’économie seront diversifiées et plus il sera possible d’en changer le paradigme, ce qui ne devrait pas nuire aux femmes… Pour l’instant, la raison pour laquelle ça tend à demeurer un château fort masculin, c’est que l’on s’impose comme condition d’être économistes… Tout le monde gagne à changer cela et à vulgariser ce monde. Les économistes ne peuvent pas s’y opposer, les résultats obtenus ces dernières années faisant état de tout le mou de ce secteur.

Répondre
kim cornelissen 12 juillet 2012 - 18:55

J’ai fait un lapsus (quelle horreur…) en début de paragraphe… Je voulais bien sûr dire qu’on ne pouvait QUE se réjouir qu’il y ait davantage de femmes économistes… Toutes mes excuses!

Répondre

Laisser un commentaire