L’éducation à l’égalité hérisse Le Figaro

par La rédaction

imagesLe quotidien se lance à son tour dans la bataille contre la « théorie du genre », fantasme des opposants à l’égalité des sexes.


 

Après le mariage homosexuel, Le Figaro enfourche un nouveau cheval de bataille : le genre. Le titre s’affiche à la une du quotidien, mercredi 29 mai : « Ces professeurs qui veulent imposer la théorie du genre à l’école ». Vient ensuite cet article : « La théorie du genre s’immisce à l’école ».

Faut-il le répéter ici ? La « théorie du genre » n’existe pas. Elle est un fantasme de théoriciens du complot que la notion d’égalité entre hommes et femmes rebute.

Ce dont il est question, ce sont les études de genre et la remise en cause des stéréotypes sexués. Et ce qui choque Le Figaro, c’est la présentation le 16 mai, journée de lutte contre l’homophobie, par le SNUIPP, principal syndicat des professeurs des écoles, d’un document destiné à « Eduquer contre l’homophobie dès l’école primaire ». Un guide de 200 pages proposant des outils permettant d’ouvrir l’esprit des enfants face aux préjugés homophobes, mais aussi sexistes. Le document évoque par exemple, le livre « Papa porte une robe ». Horreur !

« Il ne s’agit pas de « prosélytisme » ni d’imposer une parole du maître qui dirait ce qui est bien (ce qui est néanmoins nécessaire dans le cadre des rappels à la loi) ; au contraire il est question d’apprendre aux élèves à interroger ce qu’ils pensent et à le confronter aux autres, à entendre que d’autres ont des idées différentes, à apprendre à penser par eux-mêmes », écrit en préambule Michel Teychenné chargé par le ministre de l’Éducation nationale de rédiger un rapport sur les discriminations LGBT.

(Mise à jour, 30 mai : le SNUIPP a réagi en dénonçant les « extrapolations infondées » du Figaro. Tandis que le ministre Vincent Peillon sort le bouclier : il n’est « pas pour la théorie du genre », a-t-il assuré)

En hurlant au loup, Le Figaro reprend ici (et il ne s’en cache pas dans l’article) les élucubrations du très à droite syndicat UNI, qui a mis en place un très sérieux « observatoire de la théorie du genre » (Voir : Ils voient « l’idéologie du genre » partout). Celles aussi de députés UMP qui depuis plusieurs mois ferraillent contre ce qu’ils appellent la « théorie du gender » (Voir : Théorie du genre et théorie du complot).

Face à ces cris d’orfraies, ce que nous écrivions en décembre est toujours d’actualité : « Refuser de s’attaquer à la question des stéréotypes, c’est refuser d’en finir avec ces inégalités. Jeter le discrédit sur les études de genre, c’est un nouveau dommage collatéral pour l’égalité. »

 

Lire aussi sur Les Nouvelles NEWS :

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3 commentaires

uriane 29 mai 2013 - 12:28

Au passage je suis tombé sur un livre pour enfants sur la famille avec tous les types de familles, célibataires, recomposées, mixte, homosexuelle… Il est très sympa et assez bien illustré: Camille veut une nouvelle famille
Yann Walcker/ Mylène Rigaudie
EDITION AUZOU

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NR77 30 mai 2013 - 15:26

J’aimerai comprendre, mais j’ai un problème pour suivre le raisonnement.
Comment est-il possible de passer d’une étude en sciences sociales à une remise en cause puis à des actions rectificatives organisées par l’Etat sans passer par la case théorie et idéologie?
Comment en sommes nous arrivés à mettre en lien stéréotypes sexués et sexualité?
Quelle sont les relations de cause à effet entre stéréotypes et inégalités de droit ?
Ma logique s’y perd.

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Louise 30 mai 2013 - 15:52

« NR77 »
J’aimerai comprendre, mais j’ai un problème pour suivre le raisonnement.
Comment est-il possible de passer d’une étude en sciences sociales à une remise en cause puis à des actions rectificatives organisées par l’Etat sans passer par la case théorie et idéologie?
Comment en sommes nous arrivés à mettre en lien stéréotypes sexués et sexualité?
Quelle sont les relations de cause à effet entre stéréotypes et inégalités de droit ?
Ma logique s’y perd.

les « gender’s studies » étudient la construction des stéréotypes sexuées, les décryptent. Ces études de genre expliquent que, le fait que certains métiers, certaines activités soient dévolus à un sexe ou à un autre est une construction sociale. Elles ne disent pas que l’homme et la femme sont biologiquement identiques, elles disent que les rôles sociaux attribués aux hommes et aux femmes n’ont rien à voir avec la nature, d’ailleurs, ces rôles sociaux sont très variables dans l’espace et dans le temps.Les études de genre mettent à jour ces constructions déconstructions et contribuent à ouvrir le champ des possibles pour les filles comme pour les garçons.C’est ainsi que, lorsque les Français ont fini par admettre que les femmes pouvaient avoir des opinions politiques propres, elles ont obtenu le droit de vote. La « théorie du genre », je ne sais pas ce que c’est mais ça ressemble à un épouventail

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