Femmes au bord de la crise de croissance à Deauville

par Isabelle Germain

WF150Pour sa huitième édition, le Women’s Forum veut mettre les femmes au cœur de la croissance. Croissance économique et croissance des femmes dans les lieux de pouvoir.


 

« Wanted : 360° growth » : à la recherche de la croissance à 360°. C’est le thème du 8ème Women’s Forum qui s’ouvre ce mercredi à Deauville. Grande ambition ! Et comme toutes les crises de croissance, ça fait mal.

Plusieurs enquêtes sont d’ores et déjà publiées pour donner du grain à moudre. L’une, réalisée par le cabinet de conseil en stratégie McKinsey et par l’Essec, l’autre par le cabinet de chasseur de têtes Boyden, convergent sur un point : les femmes  n’ont pas encore réussi à faire évoluer la culture du pouvoir. Une culture fondée sur le contrôle de soi, le culte des titres et des signes extérieurs de pouvoir, le dévouement complet à l’entreprise quand elles disent aspirer à l’action, à la participation du plus grand nombre ou à un équilibre vie privée, vie professionnelle… Et une étude sur la place des femmes dans les plus hautes sphères des entreprises confirme que c’est loin d’être gagné pour la parité, malgré les nouvelles lois en France. En Europe, des Parlementaires sont debout sur les freins et la féminisation de la BCE par exemple est renvoyée aux calendes grecques. Autre enseignement : le classement Challenges « des entreprises du Cac 40 où l’on recense le plus de femmes à des postes stratégiques » montre qu’elles restent l’exception. 

Questions de priorités

Même si, comme le disait Véronique Morali, la présidente du Women’s Forum lors de la présentation de cet événement, il est probable que les hommes et les femmes ne pensent pas, ne managent pas différemment, les uns et les autres font valoir des priorités différentes. Une étude récente montre par exemple que les économistes hommes et femmes défendent des thèses différentes, voire opposées. Alors, puisqu’elles ne sont pas entendues ailleurs, le Women’s Forum leur offre de belles tribunes, qu’elles partagent avec des hommes, car il ne s’agit pas de penser en gynécée à Deauville. Pour donner le tempo, le forum sera ouvert ce mercredi après-midi par Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des femmes, Shirin Ebadi, Prix Nobel de la Paix 2003, avocate militante pour les Droits humains, et Leymah Gbowee, Prix Nobel de la Paix 2011, présidente du mouvement Women of Liberia Mass Action for Peace.

Comment créer les conditions de la croissance ? Faire de la crise un tremplin ? Pour y répondre, de nombreux économistes seront sur place dans différents formats de conférences. Un petit regret tout de même : les grandes tribunes de réflexions sur l’économie ont du mal à se féminiser. Pour la conférence sur le thème « Si la croissance s’arrête ? », trois hommes et une femme. Parmi eux, l’économiste Daniel Cohen que l’on a déjà entendu partout.  Le programme détaillé est sur le site du Women’s Forum.

Cette année, le Women’s Forum mettra à l’honneur l’Afrique et la Chine, proposera des focus sur la culture digitale et sera lui-même très geek avec un blog, des tweets et même une TV qui diffusera en direct toutes les sessions plénières et une sélection de tables rondes.

 

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3 commentaires

Marie 10 octobre 2012 - 12:06

A lire le programme, on ne va pas être dans l’innovation mais dans l’entêtement… Coca Cola company (qui fait de bonnes petites pubs sexistes : http://www.reklampub.com/wp-content/uploads/2012/02/coca-cola-zero-proba.jpg), Nestlé (qui essaie de nous vendre du lait en capsule, ô libération de la femme http://www.lesnouvellesnews.fr/babynes-plus-pratique-plus-cher-moins-ecolo), ou encore la campagne « Engineering : it’s a girl thing » de la Commission Européenne, avec le fameux spot de pub no-va-teur (http://www.lesnouvellesnews.fr/ingenieures-pas-call-girls24)…
Et on continue bien entendu d’envisager le futur avec plus de croissance, alors que l’on n’y arrivera pas, avec ou sans les femmes. Il faut changer de paradigme ; ce n’est pas moi qui le dit, c’est Pierre Rabhi : http://www.bastamag.net/article2370.html.

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SW 11 octobre 2012 - 15:03

J’abonde dans le sens du commentaire précédent, d’autant que tous ces gens de pouvoir, qui mettent l’Afrique à l’honneur, vont-il aussi mettre en oeuvre une stratégie politique pour que des femmes ne soient pas à vendre dans le Nord du Mali, par exemple ?…

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V de beaufort 12 octobre 2012 - 18:36

Je suis bien decue De ne pas etre citee a propos de mon etude entierement realisee a titre personnel en tant que femme engagee, en dehors de mes activites normales de professeur de Droit a l Essec et si Boyden a aide a faires les entretiens ce qui etait precieux.
Ca fait un an que je bosse seule dessus!
Si vous aussi vous vous mettez a faire prevaloir le systeme sur les individus engages. Fort decevant, j attends mieux d isabelle!

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