Parce que l’argent est le nerf de la lutte contre les violences faites aux femmes, la Fondation des femmes se surpasse depuis 10 ans. Et compte continuer comme le dit son clip « Inarrêtables ! » Car il reste beaucoup à faire pour que l’Etat s’engage vraiment. Les Français·es font confiance aux associations pour agir, pas au gouvernement.
Le 3 mars 2016, il y a 10 ans, des forces féministes s’unissaient pour créer la Fondation des femmes. Avec un objectif clair : donner les moyens aux associations qui protègent les femmes des violences sexistes de poursuivre et amplifier leur travail colossal. Avec une détermination jamais démentie (LesNouvellesNews.fr suit la FDF depuis sa création. Lire : La Fondation des Femmes, le nerf du progrès)
10 ans d’accélération
Depuis, la Fondation des femmes a réussi à trouver du soutien auprès de mécènes privés et auprès du grand public pour distribuer 20 millions d’euros aux associations, soit 4.500 projets soutenus, 600.000 femmes aidées. Ce qui est énorme compte tenu de l’aveuglement généralisé sur cette question.
Et aujourd’hui, ces femmes engagées sont « Inarrêtables ! », elles le disent dans ce clip déterminé et solidaire
Boussole féministe
La Fondation des femmes ne se contente pas de lever des fonds.. Elle interpelle les pouvoirs publics pour que la lutte contre les violences faites aux femmes ne reste pas dans les oubliettes de l’Etat. Elle produit, avec d’autres, un récit public puissant pour en finir avec l’omerta, sensibiliser l’opinion publique et mettre la lutte contre les violences faites aux femmes à l’agenda politique. Elle est une boussole qui indique le sens pour bâtir une société d’égalité entre femmes et hommes. Mais la bataille pour faire entendre cette voix féministe n’est jamais gagnée. (Lire : Alerte : trop de voix féministes disparaissent du paysage médiatique)
En 2021, cinq ans après sa création, elle tirait toujours le signal d’alarme. Suite au « Grenelle des Violences » obtenu de haute lutte par les associations, le gouvernement estimait en avoir fait assez. Pourtant, on était toujours loin du compte. Le budget de l’Etat dédié aux droits des femmes avait été augmenté de 52 % selon certains calculs du gouvernement. Mais « 52 % de pas grand-chose, très loin du milliard nécessaire » regrettait alors Anne-Cécile Mailfert, la présidente de la fondation. (Lire : Anne-Cécile Mailfert : « A moyens constants, la violence sexiste ne reculera pas»)
Goutte d’eau dans le budget de l’Etat
Le budget consacré par l’Etat à la lutte contre ces violences, même s’il est très faible dans les dépenses publiques, n’échappe jamais aux restrictions. Et la Fondation des femmes ne cesse de tirer le signal d’alarme. (Lire : « Les coupes budgétaires tuent » : l’alerte de la Fondation des femmes)
Au sein d’une « coalition pour une loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles » elle a calculé, en 2024, ce qu’il faudrait investir pour vaincre le fléau : 2,6 milliards d’euros. On en est très loin. (Lire : Face au faible investissement de l’Etat, une « coalition pour une loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles »)
Des progrès
La Fondation des femmes veut aussi transformer le discours ambiant qui minimise les violences. Elle organise de multiples événements pour « sensibiliser largement, collecter des fonds et créer une dynamique collective durable. »
Depuis 10 ans elle mesure les avancées auxquelles elle a contribué : « constitutionnalisation de l’IVG en 2024, loi mémorielle réhabilitant les femmes condamnées pour avoir avorté, actions contre les discriminations sexistes en ligne, décisions de justice contre l’injure et la haine à raison du sexe, défense de la parole des victimes et recours devant les juridictions nationales et européennes. »
Inquiétudes dans l’opinion
Mais aujourd’hui, les féministes doivent faire face à des vents contraires très puissants venus de l’extrême droite. La deuxième édition du baromètre annuel de la fondation des femmes réalisé par Omnicom Media France montre que, si l’opinion exprime un soutien massif aux droits des femmes, l’inquiétude est très forte. Un tiers des personnes interrogées (32 %) déclare désormais que la situation des femmes s’est dégradée au cours des cinq dernières années en France, soit une hausse de 22 % par rapport à l’an dernier. 25 % des personnes ayant répondu pensent que les droits des femmes ont été remis en cause ces cinq dernières années. Du coup, 81 % des Français·es se déclarent favorables à l’adoption d’une loi intégrale contre les violences sexuelles.
La lutte contre les violences repose sur les associations
A qui les Français·es font confiance pour lutter contre les violences ? Pas vraiment au Gouvernement qui ne recueille plus que 29 % de confiance, soit-5 points par rapport à 2025. A moitié à la Police qui chute à 52 %, -8 points par rapport à 2025. Moins à la Justice qui descend à 44 % et perd 2 points en un an.
En revanche, les associations d’aide aux victimes recueillent 86 % de bonnes opinions, en hausse +3 points. Des chiffres qui donnent des raisons à la Fondation des femmes de ne pas arrêter. Inarrêtables !

