Frédérique Clavel, une pionnière pour booster l’entrepreneuriat

par Isabelle Germain

F_Clavel_F_PellerinNommée Présidente de l’Agence Pour la Création d’Entreprises (APCE), par la ministre des PME, Fleur Pellerin, la fondatrice de Paris Pionnières veut démocratiser le goût d’entreprendre.


 

La parité commence à gagner les milieux économiques. C’est une femme qui a été choisie par le cabinet de Fleur Pellerin, ministre des PME et de l’économie numérique, pour succéder à Jean-Claude Vollot à la présidence de l’APCE. Militante de l’entrepreneuriat, Frédérique Clavel a créé et dirige depuis 2001 Fincoach, conseil en financement d’entreprise. En 2010, elle a co-fondé le fonds d’investissement Mix For Value et participe à de nombreux conseils d’associations comme Femmes 3000, Femmes Business Angels ou le Cercle des administrateurs de l’INSEAD.

Elle s’est distinguée par la création en 2003 de Paris Pionnières, le « premier incubateur au féminin de services innovants à Paris ». Une initiative qui a essaimé en région et à l’étranger pour devenir une Fédération Pionnières. Un incubateur utile tant les femmes subissent de discriminations lorsqu’elles créent des entreprises. Pas de discriminations frontales… les discriminations sont toujours indirectes et difficilement identifiables. Mais il se trouve que les créatrices d’entreprise n’entrent jamais dans les bonnes cases pour bénéficier des différents soutiens publics.

Peu d’aides vont aux femmes

Selon l’APCE justement, 29% des entreprises sont créées par des femmes mais les aides à la création d’entreprise sont bien loin d’atteindre les femmes dans la même proportion. Oséo par exemple, qui soutient la « création d’entreprises innovantes », ne compte que 8% d’entreprises créées par des femmes parmi les bénéficiaires de ses subventions. En cause : les critères définissant ce qu’est une « entreprise innovante ».

« Une société d’égalité et de performance »

Lors de la séance de questions d’actualité au gouvernement, mercredi 5 décembre à l’Assemblée nationale, la ministre des Droits des femmes interrogée sur les difficultés des femmes « qui se lancent dans l’aventure entrepreneuriale » a mis en avant les pistes du gouvernement pour « le développement de l’entrepreneuriat féminin ». Le fond de garantie à l’initiative des femmes verra notamment ses moyens renforcés. Et seront crées « des réseaux dédiés permettant aux femmes d’échanger leur expérience ». Par ailleurs la Banque Publique d’Investissement qui voit bientôt le jour, et intégrera Oséo, « doit permettre aux hommes comme aux femmes de créer leur entreprise. C’est pourquoi nous avons insisté pour que ses instances soient à parité », a indiqué Najat Vallaud-Belkacem.

« Cela fait des années que nous disons qu’il faut faire évoluer ces critères, rappelle Frédérique Clavel. Les aides publiques s’orientent vers les innovations de produits de haute technologie. Or, il y aussi des services innovants. Et le secteur des services est fortement créateur d’emplois. » Et c’est dans ce secteur que l’on trouve le plus de créatrices… Les stéréotypes ont la peau dure et poussent les femmes à s’engager dans des filières du service plus que de la high tech. Elles sont donc exclues des dispositifs d’aide à la création d’entreprise. Il existe aussi des dispositifs spéciaux pour les femmes mais qui fournissent des aides microscopiques par rapport à celles accordées par Oséo.

Donner confiance aux entrepreneur.e.s

La nouvelle Présidente veut donc encourager l’entreprenariat pour tous et toutes. « L’APCE est une formidable structure pour aider les créateurs d’entreprises. 9,5 millions d’internautes se renseignent sur le site qui est la référence de la création/reprise, c’est une mine d’informations. L’agence a aussi pour vocation de coordonner les réseaux d’accompagnement et de les rendre lisibles. Ma mission est aussi de faire réussir le pacte de compétitivité en aidant les entrepreneurs. »  Selon elle, l’entrepreneuriat passe par la confiance. « Ceux qui se lancent dans la création d’entreprise bénéficient, en général d’un entourage familial qui les a aidé à construire cette confiance. Mais il y a tous les autres, ceux qui ont du talent mais pas la confiance. Et parmi eux, beaucoup de femmes. Il faut cesser de leur envoyer des messages négatifs montrant que les aides ne sont pas pour elles. Il faut que les créateurs se sentent soutenus pour développer une dynamique de création d’emplois. »

 

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De profundis 6 décembre 2012 - 15:58

dire que ce sont des femmes qui ne se sont jamais battues pour la parité qui vont bénéficier de ces mesures… des qui disent « je ne suis pas féministe hein… »

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