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Hommes/Femmes : mathématique de la prise de parole

par La rédaction
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Photo : World Economic Forum sur Flickr

La parole est un pouvoir… masculin. Une nouvelle étude américaine le confirme. Dans un groupe décisionnel, les hommes s’imposent plus que les femmes. Mais le mode de prise de décision compte : l’unanimité encourage les femmes à donner de la voix.

 

Pour influencer les décisions, qui parvient le mieux à se faire entendre ? Les hommes, parce qu’ils sont en général plus nombreux dans les lieux de décision mais aussi parce que dans un groupe mixte les femmes parlent moins. De nombreux travaux l’ont déjà montré. Moins elles sont nombreuses, moins elles sont audibles. Et le temps de parole des femmes dans un groupe n’est pas proportionnel à leur nombre dans le groupe. La nouvelle étude sur « les inégalités de genre dans la participation aux délibérations », menée par des chercheurs de plusieurs universités états-uniennes le montre : à représentativité égale, leurs interventions ne comptent que pour 75% de celles des hommes. Même en minorité les hommes, eux, ne sont jamais désavantagés.

Deux tendances

« Même si les hommes et les femmes débutent les délibérations avec les mêmes droits formels, l’exercice disproportionné de ces droits par les hommes sape la position politique et civique des femmes », soulignent les chercheurs.
Une autre donnée agit « en interaction » avec la prise de parole : celle de l’autorité, l’influence dans la prise de décision du groupe à l’issue des débats (1). Deux tendances se dessinent, selon la façon dont les groupes devaient prendre une décision au terme de la délibération.

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En cas de décision prise à la majorité, les femmes minoritaires sont forcément lésées. Ce n’est que lorsqu’elles sont plus nombreuses qu’elles peuvent se faire entendre.
En revanche, si la prise de décision s’effectue à l’unanimité, les inégalités de genre se réduisent : les femmes en minorité vont davantage prendre la parole dans le groupe.

En somme, « les règles institutionnelles selon lesquelles hommes et femmes participent aux décisions collectives ont un effet significatif sur les dynamiques de genre ».

Changer les règles de la prise de décision

De ces résultats, les chercheurs formulent des conseils à l’usage des décideurs. Certes, il faut faire en sorte que les femmes soient plus nombreuses dans les organes de prise de décision : c’est l’équilibre qu’il faut viser. De quoi donner du grain à moudre à la commissaire européenne Viviane Reding qui tente, à grand peine, d’imposer des quotas dans les Conseils d’administration.

Mais il faut aussi agir sur le cadre, les règles de la prise de décision, estiment les chercheurs : quand les femmes sont peu nombreuses par rapport aux hommes, il vaut mieux que la décision soit prise à l’unanimité ; si elles sont largement plus nombreuses, mieux vaut alors décider à la majorité.

 

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(1) Les chercheurs ont observé 94 groupes d’au moins 5 personnes, avec des compositions variables d’hommes et de femmes. Chacun de ces groupes devait décider de la façon de distribuer une somme d’argent. Chaque groupe a discuté en moyenne 25 minutes avant de prendre une décision. Une moitié des groupes devait la prendre à l’unanimité, l’autre à la majorité. Ils sont arrivés à des décisions différentes selon le niveau de participation des femmes.

 

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