Inégaux dès le berceau

par Isabelle Germain

strong cute

Pour en finir avec les discriminations inconscientes qui limitent l’horizon des enfants dès leur naissance, un rapport préconise un « pacte éducatif pour l’enfance ».


 

Ça commence au jardin d’enfants. Où les personnes qui s’occupent des bambins ont tendance à davantage écouter les petits garçons que les petites filles, à interpréter leurs cris comme de la colère tandis que les filles seraient capricieuses. A conduire les uns vers les grands espaces où l’on peut faire du bruit tandis que les autres, les filles, sont choyées si elles sont jolies, souriantes et sages. Et puis il y a tous ces messages implicites qui remettent les uns et les autres à « leur » place… « Il arrive souvent que les professionnels de la petite enfance disent au papa “vous direz à votre femme que… le bébé a toussé par exemple” », a noté Brigitte Grésy, co-auteure du rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS), désolée de voir que l’on décourage ainsi les rares papas présents à la crèche.

 

Des stéréotypes partout

 

Ce rapport « sur l’égalité entre les filles et les garçons dans les modes d’accueil de la petite enfance », remis jeudi 28 mars à la ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, étudie avec précision comment ces stéréotypes s’installent. Les interactions des professionnels avec les enfants comptent pour beaucoup. Exemple : ils interrompent plus souvent les filles mais laissent les garçons aller au bout de leur pensée, ce qui doit jouer sur l’estime de soi. Les garçons sont encouragés à aller vers des jeux de construction tandis que les filles jouent un rôle (de maman par exemple.) Dans le sport, c’est la technicité qui prime pour les garçons versus l’élégance pour les filles. Dans le choix des vêtements c’est le désir d’être à l’aise versus le désir de plaire. Le monde du jouet reste très binaire. Quant à la littérature enfantine… « le masculin l’emporte sur le féminin. »

 

Et c’est ainsi que les stéréotypes s’inscrivent dans le cortex des plus petits. Ils se gravent ensuite durablement quand d’autres signaux viennent conforter ces premiers messages. Les filles savent qu’on attend d’elles qu’elles soient jolies douces et soucieuses de leur foyer et les garçons plus aventuriers et entreprenants. « Les stéréotypes penchent en défaveur des femmes, c’est un gâchis de talent et d’inventivité », affirme Najat Vallaud-Belkacem.

 

Valoriser les métiers de la petite enfance

 

Le rapport propose « cinq axes et quinze recommandations ». Un « pacte éducatif pour l’enfance » nommé PASS-AGE qui concernerait la formation initiale et la formation continue des personnels de la petite enfance. Un DVD de sensibilisation pourrait être distribué dans toutes les crèches. Il faudrait aussi valoriser les métiers liés à la petite enfance. Ce qui aurait l’avantage de briser un stéréotype : une croyance tenace suggère que ces métiers sont faits pour les femmes qui auraient un savoir-faire inné. En montrant que ces métiers nécessitent des compétences qui s’acquièrent on les valorise et on incite les hommes à s’y engager.

Reste une objection : agir auprès des professionnels de la petite enfance ne permet de toucher que 40% des enfants, les autres échappant au service public de la petite enfance… « 40%, ça reste important pour faire bouger les mentalités », conclut la ministre.

 

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19 commentaires

Lili 28 mars 2013 - 17:17

Pas mal de choses intéressantes, mais quand je lis :
« Les stéréotypes penchent en défaveur des femmes, c’est un gâchis de talent et d’inventivité »,
je bondis. Vraiment. Je n’en revient toujours pas de voir à quel point l’égalité entre hommes et femmes a pour ultime horizon … le masculin. Donc un objectif sexiste.
Etre beau, doux, soucieux de son foyer, ça n’est pas dévalorisant. C’est parfaitement digne d’un être humain, homme ou femme. Et ça n’est d’ailleurs pas incompatible avec le fait d’être également aventurière et entreprenante.

Les stéréotypes jouent dans les deux sens. Sait-on ce qu’on perd à empêcher les garçons d’être coquets, doux et soucieux de leur foyer? On perd beaucoup, moi qui ai la chance de connaître pas mal d’hommes doux et soucieux de leur foyer, je rêve que ce modèle-là s’étende aussi.

Et pour le principe, qu’on cesse de dévaloriser la vie des femmes et de survaloriser celle des hommes en se donnant comme objectif que les femmes puissent faire tout comme les hommes, mais jamais l’inverse.

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isabelle germain 28 mars 2013 - 17:55

« Lili »
Pas mal de choses intéressantes, mais quand je lis :
« Les stéréotypes penchent en défaveur des femmes, c’est un gâchis de talent et d’inventivité »,
je bondis. Vraiment. Je n’en revient toujours pas de voir à quel point l’égalité entre hommes et femmes a pour ultime horizon … le masculin. Donc un objectif sexiste.
Etre beau, doux, soucieux de son foyer, ça n’est pas dévalorisant. C’est parfaitement digne d’un être humain, homme ou femme. Et ça n’est d’ailleurs pas incompatible avec le fait d’être également aventurière et entreprenante.

Les stéréotypes jouent dans les deux sens. Sait-on ce qu’on perd à empêcher les garçons d’être coquets, doux et soucieux de leur foyer? On perd beaucoup, moi qui ai la chance de connaître pas mal d’hommes doux et soucieux de leur foyer, je rêve que ce modèle-là s’étende aussi.

Et pour le principe, qu’on cesse de dévaloriser la vie des femmes et de survaloriser celle des hommes en se donnant comme objectif que les femmes puissent faire tout comme les hommes, mais jamais l’inverse.

je suis bien d’accord avec vous, l’homme ne doit pas toujours être le maître étalon, si j’ose dire, quand il s’agit de penser l’évolution des sociétés. Que les hommes aient envie d’avoir les mêmes avantages que les femmes serait un vrai progrès. Malheureusement la ministre a raison, les stéréotypes penchent en défaveur des femmes pour ce qui est de boucher l’horizon professionnel. Une autre étude montre que les hommes font des métiers très variés alors que les femmes se concentrent sur 10 familles de métier sur les 86 répertoriés par je ne sais plus quel organisme. Et elles font ces choix en fonction de stéréotypes : elles vont vers les services, le soin aux autres, l’enseignement… Et ce ne sont pas les métiers qui paient le plus.

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christine gamita 28 mars 2013 - 20:13

nous sommes donc certaines que les hommes embauchés en créche n’inculqueront aucuns stéréotypes- ah bon, et pourquoi ? ils ont la science infuse ?

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isabelle germain 28 mars 2013 - 22:15

« christine gamita »
nous sommes donc certaines que les hommes embauchés en créche n’inculqueront aucuns stéréotypes- ah bon, et pourquoi ? ils ont la science infuse ?

ce n’est pas ce qui est dit. La première mesure est formation pour les hommes et les femmes

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Eric 29 mars 2013 - 05:23

Il y a une telle paranoïa autour de la pédophilie dans notre société qu’il est difficile pour un homme de travailler avec des enfants. Si c’était mon cas, je crois que je serais en permanence en train de me demander si tel geste ne risque pas d’être perçu comme déplacé. Impossible de travailler dans une atmosphère pareille. J’ai bossé comme surveillant dans un collège, et à plusieurs reprises j’ai éprouvé ce malaise. Par exemple un jour, lors d’une sortie de classe, alors que j’étais assis et que je discutais avec des élèves, une sixième a pris place sur mes genoux. Elle ne m’a pas demandé la permission et je ne l’ai pas invitée, elle s’est juste assise, me prenant par surprise. Je l’ai repoussée gentiment en lui rappelant que j’étais surveillant, pas grand frère. Une autre fois c’est une troisième – elle avait bu – qui a fondu en larmes dans mes bras alors que nous étions seuls dans une cage d’escalier. Je n’ai pas osé la repousser tout de suite – elle me parlait de ses problèmes de famille – mais ces secondes m’ont paru longues à l’idée que le principal ou son adjointe puisse débarquer. Je vois mal les hommes se diriger vers des métiers peu rémunérés, pour lesquels ils ont moins d’affinités naturelles que les femmes et où ils seront perçus comme le renard au milieu du poulailler.

Là aussi, il y a une hypocrisie des féministes, puisque ce sont elles qui soutiennent l’idée qu’un nombre ahurissant d’hommes sont des violeurs ou des brutes, et qu’en tout état de cause, ce sont tous plus ou moins des pervers sexuels en puissance. Une femme qui accompagne une fillette de 3 ans aux toilettes n’a pas cette épée de Damoclès au-dessus de la tête.

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Meg 29 mars 2013 - 07:36

« Les affinitées naturelles des femmes » … tu change pas Éric le troll. Qu’un mec qui s’éduque par le porno comme toi se sentent comme le « renard dans le poulailler » avec des enfants et des ados ne me surprend guère. On voie bien dans tes expressions que tu est un prédateur dans l’âme, pas a cause du fait que tu sois un homme Éric, mais par le fait que tu est une ordure patenté de masculinistes.

J’aime beaucoup ton concept d’affinitées naturelle des femmes pour les bas salaires. Et celui des féministes qui exagèrent les statistiques sur les viols et agressions sexuelles, cause de la discrimination des Éric. Je remarque par tes exemples de gène en tant que pion qu’accompagner un garçon de 3ans ne te fait pas trembler ni consoler un ado, on voie que tu n’est pas un pd. Tu sais Éric, les garçons sont aussi victimes d’agressions sexuelles et de viols pendant leur enfance, et les agresseurs sont aussi principalement des hommes.
Sinon des instites que je connait, les instits masculins sont très bien accueillie, respecter comme c’est le cas généralement des rares hommes qui font des professions très féminisées. Tout le contraire des femmes qui essayent d’entrer dans les professions très masculines traditionnellement. Elles doivent se battre, les gentils masculinistes dans ton genre font tout pour leur faire vivre un enfer au quotidien.

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saladerouge 29 mars 2013 - 09:13

Il est difficile pour les deux sexes de sortir du stéréotype. Pas de robe rose pour les garçons, pas de t-shirt Batman pour les filles. S’il y a contrainte et souffrance, elle est humaine et touche les deux sexes. Apprendre à considérer l’enfant comme un être humain avant de le voir comme un individu appartenant au féminin ou au masculin me semble une piste honorable. Reprendre les habitudes vestimentaires d’un homme quant on est une femme, c’est pour l’instant encore : donner une image ambivalente. Idem dans l’autre sens. Nous n’avons pas le droit dans nos sociétés de trop s’éloigner du moule même si ce moule ne nous correspond pas… Alors oui, former les personnes qui s’occupe de la petite enfance à s’alléger de ces stéréotypes me parait un pas important… Je me vois bien dans le fauteuil du directeur peut-être qu’il serait heureux dans une parfumerie…

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Seb. 29 mars 2013 - 09:35

Même si je ne partage pas tout ce que dit Eric, il est cependant vrai qu’il est difficile pour les hommes de travailler avec des enfants à cause des soupçons de pédophilie. J’en ai fait l’expérience, je connais d’autres homme qui l’on fait. Lorsque je me trouvais dans une pièce avec des enfants, on m’a rapidement fait comprendre que si ce n’était pas déjà fait il fallait que je commence par ouvrir volets et rideaux. C’est assez désagréable comme sensation que celle d’avoir à se justifier, d’avoir à prendre des mesures préalables, afin de justifier que l’on est pas un pédophile, image à laquelle on ne s’associe pas spontanément, et à laquelle on n’a pas envie de s’associer. D’ailleurs, les enfants percoivent la situation inconfortable dans laquelle sont les hommes à leur égard. J’ai déjà entendu des gamins qui n’avaient pas 10 ans me dire « tu ne vas nous violer de toute façon ». Les mots sont un peu crus pour des enfants si jeunes, mais toujours est-ils qu’ils percoivent le soupçon qui plane sur les hommes, et qu’ils sont même capable d’en jouer ou d’en rire.
Je vous rappelle cette actualité : http://archives-lepost.huffingtonpost.fr/article/2011/11/29/2649423_soupconne-a-tort-d-etre-un-pervers-sexuel-il-meurt-pendant-son-interpellation.html où un homme a été pratiquement lynché par une foulle qui pensait qu’il était pédophile simplement car il avait raccompagné une fillette égarée à son école.
Nous sommes dans une société où le rapport homme-enfant est très largement influencé par les soupçons de pédophilie.

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mouyou 29 mars 2013 - 10:55

« le maître étalon » ? Je pense que c’est plutôt le mètre étalon, petit lapsus qui place encore l’homme au dessus (oups…)

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Lili 29 mars 2013 - 11:04

« isabelle germain »
Une autre étude montre que les hommes font des métiers très variés alors que les femmes se concentrent sur 10 familles de métier sur les 86 répertoriés par je ne sais plus quel organisme. Et elles font ces choix en fonction de stéréotypes : elles vont vers les services, le soin aux autres, l’enseignement… Et ce ne sont pas les métiers qui paient le plus.

D’accord sur la question de la diversité des métiers.
Mais sur la question du choix, tout réduire à des stéréotypes c’est choquant. On peut aussi privilégier le lien humain sur le montant du salaire. Ca n’a rien à voir avec un stéréotype, mais bien avec sa personnalité et ses valeurs.

Les services, les soins aux autres et l’enseignement, ce sont des métiers nobles, valorisants et où on est heureux, et là encore ce sont les garçons qui payent le plus cher cette pression du pognon-roi en se privant de métiers où ils pourraient mettre en valeur leurs qualités humaines. Heureusement qu’on voit des hommes qui réorientent leur carrière par lassitude des boulots vides de sens. Même si les filles ont une fois de plus une plus grande tendance à oser ces changements, plus libres de leurs choix par rapport à l’impératif social d’avoir une Rolex à 50 ans…

Du reste, ces métiers-là devraient être mieux payés, et de ce point de vue les filles gagneraient à devenir plus exigeantes quitte à faire plus souvent grève. Les hommes ont raison de refuser des postes sous-payés, les femmes sont trop gentilles. On peut choisir son métier en privilégiant l’humain (comportement dit « féminin ») tout en étant exigeant sur le salaire (comportement dit « masculin »). Bon exemple ou l’égalité hommes-femmes repose sur une réciprocité dans le changement.

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Lili 29 mars 2013 - 11:11

« Seb. »
Même si je ne partage pas tout ce que dit Eric, il est cependant vrai qu’il est difficile pour les hommes de travailler avec des enfants à cause des soupçons de pédophilie.

Je suis bien obligée de reconnaître que c’est assez vrai. Et que ça n’a rien à voir avec ce que dit Meg, qui est vrai aussi, sur les hommes instits. Oui ils sont très bien accueillis par leurs collègues femmes, mais oui aussi ils sont victimes de « principe de précaution » par les parents, qui sont moins accueillants. Lorsque je travaillais en colo, nous les animatrices pouvions aller partout alors que les animateurs garçons étaient priés de ne jamais surveiller le dortoir des filles, et de ne jamais surveiller les douches des moins de 10 ans, filles ou garçons.

Statistiquement, les faits de pédophilie sont commis très majoritairement par des hommes. Donc oui, le risque théorique est plus grand. Mais sortir les hommes des métiers de la petite enfance est une solution qui n’en est pas une, et qui est parfaitement insatisfaisante.

Et sans sombrer dans la question de la pédophilie, la simple croyance que les hommes « ne savent pas s’occuper des enfants » ou alors « ne seront pas assez affectueux avec mes enfants » est un frein à leur acceptation dans les métiers de la petite enfance.

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Lili 29 mars 2013 - 11:23

« saladerouge »
Il est difficile pour les deux sexes de sortir du stéréotype. Pas de robe rose pour les garçons, pas de t-shirt Batman pour les filles. S’il y a contrainte et souffrance, elle est humaine et touche les deux sexes.

D’accord avec le raisonnement, mais c’est assez désolant de ramener ça aux questions de tenues. Le corps des hommes et celui des femmes est différent, c’est d’ailleurs la différence principale. Du coup, qu’une habitude sociale existe sur la tenue vestimentaire, ça n’est pas un stéréotype, et ça me gêne assez peu. Je suis grande et maigre et il y a des choses que je ne porte pas, et que portent mes amies petites et/ou rondes.

Ce qui est gênant, c’est quand le stéréotype, la pression sociale, gênent des choix de vie. Un homme peut être assistant maternel en restant physiquement « masculin » y compris dans sa tenue et une femme peut être chef de chantier en s’habillant en « fille ».
Pour moi, il y a presque un enjeux à justement sauvegarder cette différence vestimentaire, parce que si pour être chef de chantier il faut adopter le costard-cravate et pour être un secrétaire il faut que les hommes portent la jupe, on aura progressé dans la liberté de choix, mais pas dans la lutte contre le stéréotype.

Qu’un homme mette une jupe, oui je trouverai ça bizarre, mais ça n’est que mon opinion et on s’en fiche. En revanche, si je refuse à cause de cela de l’embaucher, là on ne s’en fiche plus.

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Seb. 29 mars 2013 - 11:46

« Lili »

Statistiquement, les faits de pédophilie sont commis très majoritairement par des hommes. Donc oui, le risque théorique est plus grand. Mais sortir les hommes des métiers de la petite enfance est une solution qui n’en est pas une, et qui est parfaitement insatisfaisante.

Sans exclure les hommes, on peut comprendre qu’il soit moins intéressés par des métiers où l’on leur accordera moins de latitude qu’aux femmes et où par ailleurs pèse à leur égard une suspicion sur une chose qui les écœure profondément pour la plupart d’entre eux.

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florence 29 mars 2013 - 11:49

« mouyou »
« le maître étalon » ? Je pense que c’est plutôt le mètre étalon, petit lapsus qui place encore l’homme au dessus (oups…)

« le maître étalon » si j’ose dire.. lapsus ou jeu de mot ? je penche pour la seconde hypothèse 😉

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florence 29 mars 2013 - 11:58

« Eric »
Il y a une telle paranoïa autour de la pédophilie dans notre société qu’il est difficile pour un homme de travailler avec des enfants. Si c’était mon cas, je crois que je serais en permanence en train de me demander si tel geste ne risque pas d’être perçu comme déplacé. Impossible de travailler dans une atmosphère pareille. J’ai bossé comme surveillant dans un collège, et à plusieurs reprises j’ai éprouvé ce malaise. Par exemple un jour, lors d’une sortie de classe, alors que j’étais assis et que je discutais avec des élèves, une sixième a pris place sur mes genoux. Elle ne m’a pas demandé la permission et je ne l’ai pas invitée, elle s’est juste assise, me prenant par surprise. Je l’ai repoussée gentiment en lui rappelant que j’étais surveillant, pas grand frère. Une autre fois c’est une troisième – elle avait bu – qui a fondu en larmes dans mes bras alors que nous étions seuls dans une cage d’escalier. Je n’ai pas osé la repousser tout de suite – elle me parlait de ses problèmes de famille – mais ces secondes m’ont paru longues à l’idée que le principal ou son adjointe puisse débarquer. Je vois mal les hommes se diriger vers des métiers peu rémunérés, pour lesquels ils ont moins d’affinités naturelles que les femmes et où ils seront perçus comme le renard au milieu du poulailler.

Là aussi, il y a une hypocrisie des féministes, puisque ce sont elles qui soutiennent l’idée qu’un nombre ahurissant d’hommes sont des violeurs ou des brutes, et qu’en tout état de cause, ce sont tous plus ou moins des pervers sexuels en puissance. Une femme qui accompagne une fillette de 3 ans aux toilettes n’a pas cette épée de Damoclès au-dessus de la tête.

ce n’est pas « un nombre ahurissant d’hommes qui sont des violeurs ou des brutes » mais une majorité de violeurs qui sont des hommes.. nuance.

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Eric 29 mars 2013 - 12:27

« on voie que tu n’est pas un pd »

Quelle flatteuse cette Meg… Tu es en train de me faire rougir de plaisir. Par contre je ne serais pas aussi catégorique avec toi.

« ni consoler un ado »

J’ai « consolé » un ado de troisième, qui avait des problèmes plus sérieux que cette fille. Mais les garçons ne montrent pas leurs angoisses de la même manière. Aucun ado normal de 14 ans ne se jetterait en pleurant dans les bras d’un pion. Ce sont les filles qui m’ont mis dans l’embarras parce qu’elles sont venues au contact. Si je devais accompagner un garçon de trois ans aux toilettes, ça me mettrait certainement mal à l’aise.

Mais effectivement, je suis hétéro, et je suis évidemment davantage conscient de la dimension sexuelle lorsque j’ai affaire à une fille ou une adolescente.

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THERYCA 2 avril 2013 - 07:17

Les salaires baissent quand la profession est majoritairement pratiquée par les femmes. Il n’est donc pas efficace de pousser les femmes vers les professions les mieux payées. Par ailleurs, les hommes n’ont aucune motivation financière à travailler dans une crèche. Quelles que soient les mesures prises, à long terme, rien ne changera donc notablement. La meilleure mesure à encourager est selon moi la création de petites entreprises dont les femmes garderont effectivement le contrôle. Ainsi, les hommes perdront leur vivier de main-d’oeuvre sous-payée et les femmes auront la fierté de dépenser l’argent qu’elles auront gagné elles-mêmes.

Quant à la suspicion de pédophilie chez les hommes, voici comment je vois les choses. Il n’y a pas les hommes pédo-maniaques (il faut absolument se débarrasser du mot « pédo-philie » dès que possible) d’un côté et les hommes normaux de l’autre. Il y a surtout les hommes formatés à respecter un interdit et les hommes sans formatage ou qui n’enregistrent pas l’interdit. Bien sûr, il y a un certain niveau de conscience requis pour ne pas commettre certains actes, mais c’est là que je vois le niveau de conscience assez uniforme parmi les hommes. En présence d’un accident de pédo-manie, un homme « éduqué » dira « C’est dégueulasse ». Et bien je refuserais personnellement de confier mon enfant à un homme qui n’abuse pas des enfants juste parce que ce serait dégueulasse. Ce n’est absolument pas satisfaisant pour le coeur d’une mère qui met tout son amour dans l’éducation de son enfant. Je sais, vous allez dire que je ne suis pas positive, mais cette discussion a pour but la recherche de la vérité, c’est différent de la méthode Coué.

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Lili 2 avril 2013 - 09:33

« THERYCA »
Les salaires baissent quand la profession est majoritairement pratiquée par les femmes. Je sais, vous allez dire que je ne suis pas positive, mais cette discussion a pour but la recherche de la vérité, c’est différent de la méthode Coué.

On dit surtout que vous alignez les clichés. Une profession est moins rémunérée quand il y a plus de candidats que de postes, et quand les femmes osent être candidates, ça fait plus de concurrence, c’est tout. Quant à la motivation financière pour travailler dans une crèche, expliquez moi pourquoi les femmes la trouvent si les hommes ne la trouvent pas? Un euro est un euro, qu’on soit homme ou femme.

Des entreprises « spécial femmes », on appelle ça un ghetto, la plus mauvaise solution pour faire vivre les gens ensemble.

Et pour ce qui est de la pédophilie, en effet il y a une question d’interdit, mais franchement votre analyse est affligeante. Vous pensez que un père ne met pas tout son amour dans l’éducation de ses enfants? Vous pensez qu’un père se fiche de savoir à qui il les confie?

Votre « vérité » ne reflète qu’une triste méfiance des hommes sans distinction, soyez donc rassurée, les hommes ont pour la plupart intégré comme les femmes l’interdit de la pédophilie, et pas seulement parce que ça serait « dégueulasse ». Les hommes sont des êtres humains, vous savez ça???

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09 Aziza 9 avril 2016 - 15:06

C’est vrai Lili, les femmes ont A PARTIR D’UN CERTAIN NIVEAU SCOLAIRE plus de mal à déclencher une grève et se battre pour leurs salaires(les ouvrières sont beaucoup plus pugnaces). Comme si la bourgeoisie inculquait bien plus de valeurs de « douceur » et de soumission. Et dans les professions du soin et de l’aide, c’est parfois difficile de faire admettre que tout travail mérite salaire, et pas une aumône.
Déclencher une grève de travailleurs sociaux a été long, mais efficace: quand ça a explosé, les salarié-es ont campé dans un square et squatté des rails de train ….
par contre, les hommes de ces professions, je peux le confirmer, parviennent bien plus vite à des postes de responsabilité, et on les valorise énormément parce qu’ils font un boulot « féminisé ». Où t-on vu des femmes félicitées avec leur casque d’ingénieur sur un chantier? la rumba est toujours la même: survalorisation des hommes quoi qu’ils fassent, suspicion et moquerie des femmes qui investissent des sphères majoritairement masculines.
C’est tout à fait exact qu’adopter les codes vestimentaires du sexe opposé pour exercer une profession majoritairement masculine ou féminine serait catastrophique, car cela constituerait la preuve de la pertinence des stéréotypes.
Seul le corps des hommes et des femmes est différent humainement, avec les variances psychiques qui en découlent, mais un auxiliaire de crèche en pantalon avec le menton un peu rêche, cela montre que c’est une profession mixte de s’occuper d’enfants; et il est lamentable qu’on siffle les députées en robe à fleurs.
Mais un puissant monarque assez autoritaire comme Louis XIV serait peut être vu de nos jours comme « efféminé » parce qu’il aimait les talons hauts, les dentelles, qu’il ne voulait pas se montrer chauve…Je crois que les stéréotypes et codes sexués ont augmenté considérablement à l’époque moderne.Influence américaine? je ne saurais en dire la raison.

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