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Les investisseurs boudent les dirigeantes performantes

par Isabelle Germain
Dunya_Bouhacene

Dunya Bouhacene, présidente de Women Equity for Growth

Les entreprises dirigées par des femmes « surperforment » mais trouvent très peu d’investisseurs. C’est l’un des enseignements du Palmarès Women Equity 2012… qui ne manque pas de dirigeantes performantes.


 

Mieux vaut être un homme créateur ou dirigeant d’entreprise si l’on veut avoir une chance de trouver des investisseurs pour aller vers la croissance. Les PME dirigées par des femmes en France représentent 11% à 18% des PME (entre 20 et 250 salariés)… mais seulement 5% des opérations de capital-investissement. Et pourtant, ces entreprises dirigées par des femmes surperforment. C’est l’un des enseignements de la soirée organisée à l’occasion de la publication de l’Index et du Palmarès Women Equity 2012, en partenariat avec BNP Paribas Wealth Management. Ce palmarès annuel est établi à partir du Women Equity Growth Index, première base documentant statistiquement les PME de croissance dirigées par des femmes en France – elles sont 5 000, sur 40 000 entreprises analysées.

10 à 20% de rentabilité en plus

Les « surperformances des PME dirigées par les femmes » sont loin d’être anecdotiques. Sur la base des trois derniers Index, en termes de croissance du chiffre d’affaires sur 3 ans, les entreprises dirigées par des femmes affichent un différentiel de +50% en moyenne. Côté rentabilité, le différentiel est de +10 à +20% en moyenne. Et même en termes de « Résilience des performances » elles font beaucoup mieux, ou moins mal : la contraction des revenus en 2009 était de 0,4% chez elles contre 4,4% chez eux.

Pour diriger, il faut créer… quand on est une femme

A noter aussi : pour accéder aux fonctions exécutives, mieux vaut être la créatrice de l’entreprise. C’est le cas de près des deux tiers des dirigeantes concernées. Très peu doivent leur poste à une reprise d’entreprise ou à une transmission familiale. Et pas une seule n’a accédé au fauteuil de dirigeante grâce à un parcours de promotion au sein de l’entreprise.

Dunya Bouhacene (photo), Présidente de Women Equity for Growth, préfère ne pas avancer d’explication à ces hiatus. Mieux vaut en effet donner de la visibilité aux 50 entreprises distinguées par le Palmarès Women Equity 2012. La croissance de leur chiffre d’affaires frise ou dépasse les 30% sur le dernier exercice, pour un chiffre d’affaires moyen de 18 millions d’euros. Depuis 2008, la croissance annuelle moyenne de leur chiffre d’affaires est supérieure à 22%, et celle de leur rentabilité d’exploitation de plus de 32%.

Trois dirigeantes ont reçu des trophées : Catherine Caillol de Poncy, Gérante de la société Arc En Ciel, spécialisée dans la vente d’articles de fête par correspondance et sur internet ; Catherine Douillet, Directrice générale de Mado Marcel, société de création et de distribution de marques de prêt-à-porter féminin ; et Martine Laruaz, Directrice générale d’Isore Bâtiment, spécialisée dans l’isolation et l’efficacité énergétique du bâtiment sur le marché du collectif.

 

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3 commentaires

marie 22 novembre 2012 - 10:17

Bonjour,
ce commentaire est un peu à côté du sujet, mais j’ai lu le document que l’on peut télécharger à l’adresse ci-dessous :

http://www.goldmansachs.com/our-thinking/topics/women-and-economics/power-of-the-purse.html

où l’on lit le pari que fait Goldman Sachs sur l’inéquité femmes/hommes puisque les femmes, soit grâce à l’amélioration de leurs conditions de vie, soit du fait du non partage des tâches, deviennent des cibles acheteuses pour GS et ses partenaires… C’est finalement lié à votre article puisque les femmes ne sont jamais vues comme capables de prendre place au sein de l’économie et de la finance, mais plutôt comme des proies pour faire toujours plus de bénéfices.

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De profundis 23 novembre 2012 - 08:25

ben oui, les femmes sont perçues comme des consommatrices frivoles pas comme des créatrices, encore moins des dirigeantes

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gerard.stein@gmail.com 25 novembre 2012 - 15:03

« De profundis »
ben oui, les femmes sont perçues comme des consommatrices frivoles pas comme des créatrices, encore moins des dirigeantes

Et oui on a besoin de plus de « role models » dans l »économie pour renverser cette perception. Vous connaissez comme moi les françaises les plus re-connues au niveau mondial, comme Françoise Gri, seial top executives, Mercedes Erra, l’entrepreneurE de très haut niveau et il y en a d’autres …. qui oeuvrent pour aider les jeunes femmes à se prendre en main et à OSER, mais il en faudrait beaucoup plus, surtout dans les affaires.

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