La gynécologie médicale en situation critique

par La rédaction

Inquiétude pour la santé des femmes. La moitié de la profession va partir à la retraite dans les prochaines années. Et les places en formation ne suivent pas.


 

Profession en danger. C’est l’alerte lancée par le CDGM, comité de défense de la gynécologie médicale. Ses représentantes seront reçues lundi 8 octobre au ministère de la Santé. Ce comité fait part « de son extrême inquiétude quant à la santé des femmes », en raison du nombre « dérisoire » de postes d’internes en gynécologie médicale ouverts pour l’année 2012-2013 : 30 postes, comme l’année précédente. « Nous sommes arrivés à un point critique », assure le CDGM dans une tribune publiée sur Mediapart.

L’Observatoire national de la démographie des professions de santé (ONDPS) a régulièrement souligné, ces dernières années, ce manque d’effectifs. En 2008, on comptait 2 078 gynécologues médicaux en France – mais plus de la moitié d’entre eux avait plus de 55 ans. L’ONDPS avertissait donc du risque de départs à la retraite « massifs » dans les prochaines années. Selon le CDGM, « les effectifs actuels ne permettent plus qu’à un quart des femmes en âge de consulter d’avoir accès à leur spécialiste. »

En avril dernier, l’Association des internes en gynécologie médicale appelait les candidats à la présidentielle à « accroître le nombre d’internes en formation à hauteur de 40 annuellement sur l’ensemble du territoire français, notamment dans les régions où la démographie médicale est la plus basse. »

Après une disparition de 17 ans, la formation des gynécologues médicaux avait repris en 2003, « grâce à une exceptionnelle mobilisation de plusieurs années », note le CDGM. Mais  « le nombre dérisoire de gynécologues médicaux formés depuis n’a pas réussi à inverser la courbe descendante des effectifs », s’inquiète le comité. La gynécologie médicale, « spécificité française », a pourtant valu à la France « des résultats remarquables en matière d’espérance de vie des femmes, en particulier à partir d’un dépistage précoce des cancers féminins, d’une utilisation individualisée des contraceptifs, d’un suivi de qualité », souligne encore le CDGM.

 

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2 commentaires

hic 8 octobre 2012 - 09:08

« des résultats remarquables en matière d’espérance de vie des femmes, en particulier à partir d’un dépistage précoce des cancers féminins, d’une utilisation individualisée des contraceptifs, d’un suivi de qualité »
Sans vouloir minimiser l’intérêt des gynécologues(j’y vais moi-même), je me demande; dans les autres pays n’ont-il pas aussi cette différence d’espérance de vie entre hommes et femmes au bénéfice des femmes? Qu’est-ce-qui permet d’affirmer que les femmes sont en bonne santé grâce aux gynécologues? Et les médecins généralistes n’ont-iels pas les compétences nécessaires pour suivre 50% de la population générale pour des trucs de base (généraux, justement) comme des frottis, du dépistage, la contraception etc…? Qu’est-ce-qui les empêcherait de faire elleux aussi bien leur travail (contraception individuelle par ex)?
Qu’est-ce-qui justifie médicalement une spécialité pour la moitié de l’humanité alors que ce n’est pas le cas de l’autre moitié (en tout cas pas pour du suivi basique)? Les corps des femmes sont-ils anormaux?

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Margot 8 octobre 2012 - 16:37

Ahum. Se contenter de fourguer systématiquement la pilule en refusant les DIU aux nullipares malgré les recommandations de l’OMS, je n’appelle pas trop cela de l’individualisation de la contraception, moi.

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