Accueil Economie Législation ou volontarisme ? La féminisation des CA vue de Londres et Berlin

Législation ou volontarisme ? La féminisation des CA vue de Londres et Berlin

par Arnaud Bihel

Cable SchwesigLe Royaume-Uni espère atteindre, de justesse, le taux de 25% d’administratrices en 2015 sans passer par la loi. L’Allemagne s’apprête à voter un quota de 30% pour 2016.


 

Les bonnes intentions suffisent-elles pour féminiser les Conseils d’administration, ou faut-il en passer par la loi ? Le Royaume-Uni et l’Allemagne continuent de se poser la question, avec des politiques opposées.

Il y a 3 ans, le Royaume-Uni avait choisi la voie de l’auto-réglementation des entreprises. Avec un certain succès : la part des femmes dans les Conseils d’administration des 100 principales sociétés britanniques (le FTSE100) est passée de 12,5% en 2011 à 17,3% en avril 2013 et 20,7% en mars 2014, selon la toute dernière étude publiée par la Cranfield University (à télécharger ici).

Le maintient de ce rythme de progression permettrait d’atteindre tout juste l’objectif fixé en 2011 : celui de 25% de femmes administratrices à la fin 2015. Le défi dépasse le contexte des entreprises britanniques. C’est en enjeu de stratégie politique. Car parvenir à tenir le cap de la féminisation sans contrainte légale, ce serait justifier la ligne britannique du « non aux quotas obligatoires ». De quoi répondre à une étude qui notait un an plus tôt que « les pays qui ont mis en place des quotas de femmes dirigeantes font bien mieux que les autres » (Voir : Femmes dans les CA : la France devient leader).

Ce serait aussi, à l’échelle européenne, un excellent argument pour l’opposition britannique au projet de directive Reding. La ministre des Femmes et celui de l’Économie l’écrivent en exergue du rapport Cranfield : « Ne pas réussir à atteindre ce but renforcerait les pressions sur l’UE pour qu’elle mette en place des mesures obligatoires ». Le projet de directive de Viviane Reding est sur les rails mais toujours pas effectif : le sort du texte est aujourd’hui entre les mains des ministres de l’Union (Voir : L’Europe dit oui aux quotas dans les CA).

De son côté, l’Allemagne s’apprête à fixer des quotas dans la loi pour féminiser les instances dirigeantes de ses entreprises. La chancelière Angela Merkel avait fini par en accepter le principe avant les dernières législatives (Voir : Merkel cède aux quotas dans les CA). Et les grandes lignes du projet de loi ont été présentés cette semaine en conseil des ministres. Il s’agirait d’un quota « de 30 % de femmes d’ici à 2016. D’autre part, à partir de 2015, quelque 3.500 sociétés devront se fixer des objectifs à la fois pour le conseil, le directoire et le personnel d’encadrement », précisent Les Echos.

Le vote de la loi est prévu pour début 2015, mais il faut s’attendre à des résistances. La ministre de la Famille et des Femmes, Manuela Schwesig, a reconnu qu’il y « aura encore beaucoup de discussion autour de cette loi ».

 

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Photos : Le ministre britannique de l’Économie Vince Cable (Par Andrew Sales, via Wikimedia Commons) / La ministre allemande de la Famille et des Femmes Manuela Schwesig (Par Thomas Fries, via Wikimedia Commons)

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