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« Les femmes sont plus propres »

par La rédaction

Voici comment la direction d’un camping justifie une offre d’emploi de nettoyage destinée aux femmes. Une discrimination à deux coups.


Le nettoyage, un travail de femme. C’est le sens d’une annonce publiée – et retirée depuis – sur le site de Pôle Emploi, rapporte LeFigaro.fr.

Cette annonce émanait du camping de Saint-Cast-le-Guildo, dans les Côtes-d’Armor, pour l’embauche d’un agent d’entretien pour un contrat de deux mois. Et était formulée ainsi : « Nettoyage des locaux, nettoyage des locatifs, repassage, entretien d’espace verts, etc. » Avec à la fin cette précision: « Poste convenant davantage à une femme ».

Une annonce illégale : selon l’article L. 1132-1 du code du travail, aucune personne ne peut être écartée d’une procédure de recrutement en raison de son sexe (1). Il s’agit là d’une discrimination à l’égard des éventuels candidats masculins.
Pôle Emploi a reconnu une « erreur » et son responsable bat sa coulpe : « C’est malheureux, car nous ne prenons pas le problème des discriminations à la légère ».

Mais la direction du camping, contactée par Le Figaro, persiste et signe : « Oui, nous préférons embaucher une femme pour faire du ménage. Elles sont plus soigneuses, plus méticuleuses et plus sérieuses. Les femmes sont plus propres ».

A la discrimination des hommes dans l’annonce s’ajoute donc une vision stéréotypée des femmes : la propreté, c’est leur affaire. Une vision loin d’être isolée, comme la publicité vient nous le rappeler régulièrement. 

(1) A l’exception de trois cas bien particuliers : les artistes appelés à interpréter soit un rôle féminin, soit un rôle masculin ; les mannequins chargés de présenter des vêtements et accessoires ; les modèles masculins et féminins.

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9 commentaires

de profundis 16 janvier 2013 - 05:20

Diamnche, les mêmes ou une partie, invoquaient la parité contre le mariage pour tous…

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LaBoheme 16 janvier 2013 - 16:46

Évidemment, la loi n’a pas de dents

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09 Aziza 17 janvier 2013 - 09:51

les offres d’emploi à connotation discriminatoire pour un sexe ou l’autre, sont évidemment-et heureusement-interdites(mais ce fut long de l’obtenir..)
Ceci dit, nous naviguons entre la théorie non discriminante et le réel: il est vrai que les femmes en général sont plus propres, parce qu’elles ont été conditionnées à l’être; tout comme il est vrai que les femmes ont moins d’accidents d’auto parce qu’elles sont plus prudentes et pondérées. Voyez la réaction de l’Union Européenne! Les qualités ou qualifications que les femmes ont acquises, souvent « à l’insu de leur plein gré »(dressage ou obligation) ne sont jamais reconnues comme positives, comme un plus. Le référentiel est éternellement masculin, et nous n’en sortons pas! La question est donc plus complexe qu’il n’y parait.

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Lili 17 janvier 2013 - 11:52

« 09 Aziza »
Les qualités ou qualifications que les femmes ont acquises, souvent « à l’insu de leur plein gré »(dressage ou obligation) ne sont jamais reconnues comme positives, comme un plus. Le référentiel est éternellement masculin, et nous n’en sortons pas!

Je partage votre avis sur ce point. Même chez les féministes, le référentiel reste masculin. L’objectif est que les femmes puisse faire comme les hommes si elles le souhaitent. Jamais l’inverse.
Ainsi cette campagne de com où rester avec ses enfants un mercredi est montré comme un discrimination contre les femmes (et la femme en photo est échevelée et épuisée). On aurait pu montrer une femme épanouie avec ses enfants (et son travail les autres jours) face à un homme obligé de bosser (harcelé par le patron, ou par un client, épuisé par son boulot…) parce que son patron lui refuse une journée de temps en temps. Mais non. L’idée que les activités féminines puissent être enviables pour un homme, même les féministes ne l’envisagent pas. Avec ça, on se demande pourquoi les hommes souhaiteraient que les choses changent…

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Lili 17 janvier 2013 - 11:55

« 09 Aziza »
Ceci dit, nous naviguons entre la théorie non discriminante et le réel: il est vrai que les femmes en général sont plus propres, parce qu’elles ont été conditionnées à l’être;

Sauf qu’une offre d’emploi, contrairement à un contrat standard d’assurance, vise à trouver une seule personne. Pas « les femmes » ou « les hommes ». Même si la probabilité statistique est que les candidates seront plus propres que les candidats, les réponses à une offre d’emploi ne doivent pas être conditionnées à des extrapolations. De ce fait les hommes « propres » ne postuleront pas et l’employeur sera confirmé dans sa vision stéréotypée.
L’employeur a donc tord. Non seulement Pôle Emploi n’aurait pas du diffuser mais en plus cet employeur devrait être sanctionné.

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hihihi 17 janvier 2013 - 13:06

Les qualités ou qualifications que les femmes ont acquises, souvent « à l’insu de leur plein gré »(dressage ou obligation) ne sont jamais reconnues comme positives, comme un plus. Le référentiel est éternellement masculin, et nous n’en sortons pas!

En fait, vous êtes en train de dire que le stéréotype selon lequel la femme est propre et l’homme est sale est une réalité, et non un stéréotype. Les hommes qui se considèrent comme propres vous remercieront!
Ce sont les stéréotypes qui sont à l’origine de ce que F. Héritier appelle « la valence différentielle des sexes ». A travers votre raisonnement, vous ne faites que confirmer les stéréotypes, et c’est en vous basant dessus que vous critiquez les féministes. Ce qui veut dire que vous n’avez rien compris aux féminismes…
Si vous partiez du principe que la propreté ou la saleté ne sont pas des traits plus masculin ou féminin, vous comprendriez mieux la critique à ce type d’annonce.

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Lili 17 janvier 2013 - 13:17

« hihihi »
A travers votre raisonnement, vous ne faites que confirmer les stéréotypes, et c’est en vous basant dessus que vous critiquez les féministes. Ce qui veut dire que vous n’avez rien compris aux féminismes…
Si vous partiez du principe que la propreté ou la saleté ne sont pas des traits plus masculin ou féminin, vous comprendriez mieux la critique à ce type d’annonce.

Je constate juste que les stéréotypes existent. La propreté n’est pas un trait féminin certes (j’en suis la preuve…), mais c’est une habitude pour l’instant plus courante chez les femmes que chez les hommes pour des raisons de conditionnement bien décrites par la plupart des observateurs. Même si les choses évoluent (alors que les stéréotypes eux n’évoluent pas). Les stéréotypes sont rarement sans aucun lien avec la réalité, ne serait-ce que parce qu’ils contribuent à perpétuer cette réalité.
Je critique aussi l’annonce, vous l’aurez remarqué.

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Seb. 17 janvier 2013 - 18:21

Statistiquement les hommes sont plus ou moins comme ceci, les femmes plus ou moins comme cela… les breton… les bernais… les corses… Cela dit personne n’est l’exact représentant des catégories auxquelles on appartient, d’autant que certaines catégories sont susceptibles de proposer des clichés contradictoires. Bref… on reste toujours une individualité et non la somme des statistiques sensées nous représenter.

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09 Aziza 21 janvier 2013 - 10:51

@hihihi: vous me faites mourir de rire: je suis une ancienne militante d’un mouvement de Libération des Femmes, et j’ai participé aux premières « women studies » en Amérique du Nord; aussi c’est rigolo de s’entendre dire qu’on n’a rien compris aux féminismes!
Relisez ce que j’ai écrit; une autre internaute en est d’ailleurs tombée d’accord: je ne suis pas en train de dire que les stéréotypes existent, mais que l’expérience que les femmes ont acquises en raison de la situation qui leur est imposée n’est jamais reconnue, et que la référence est sempiternellement masculine: il faut être « un homme comme les autres ».Triste programme!

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