Accueil Eco & SocialBien-être et richesses Les régions réinventent la richesse

Les régions réinventent la richesse

par La rédaction

Compter les richesses sociales et environnementales au-delà du PIB…. Les régions de France se dotent d’une batterie d’indicateurs de développement durable. En attendant que l’Europe prenne ces nouveaux outils en considération.


rgions
Plus la couleur d’une région est claire, meilleure est sa santé sociale

La région Île-de-France se classe première en terme de Produit intérieur brut (PIB) par habitant, mais seulement 17ème pour la santé sociale. A l’inverse, le Limousin a l’indicateur de santé sociale (ISS) le plus élevé des régions françaises, bien qu’il n’occupe que la 19ème position du classement du PIB par tête. Ces chiffres, tirés d’un rapport de l’Association des régions de France (ARF), veulent montrer qu’il est grand temps de dépasser le PIB pour orienter les politiques publiques.

MyriamCau_h156

Depuis les conclusions de la commission Stiglitz en 2009, ce sont les régions qui se montrent les plus actives. Il y a deux ans, l’ARF  a installé un groupe de travail présidé par Myriam Cau (photo), vice-présidente (EELV) de la région Nord-Pas-de-Calais, en partenariat avec l’INSEE et des membres du Fair (Forum pour d’autres indicateurs de richesse). Son rôle : « construire de nouveaux indicateurs de richesse alternatifs au PIB et permettant de mieux appréhender les spécificités des régions », explique Jean-Jack Queyranne, Président de la Région Rhône-Alpes, en charge du développement durable à l’ARF.

Richesses sociales et environnementales

Au début du mois, ce groupe de travail a présenté son dernier rapport : « Développement durable, la révolution des nouveaux indicateurs ». Un nouveau mode d’emploi pour mesurer la richesse des régions. Non plus une richesse simplement marchande et monétaire, ce que calcule le PIB, mais aussi des richesses sociales et environnementales.

Cette « révolution », qu’entendent mener les régions françaises, s’appuie sur les déclinaisons régionales de grands indicateurs internationaux :
– L’empreinte écologique, un outil qui cherche à quantifier l’ensemble des surfaces nécessaires aux besoins humains.
– L’IDH-2, une variante de l’indice de développement humain (IDH) élaboré par le programme des Nations unies pour le développement (Pnud), qui prend en compte la santé, l’éducation et le niveau de vie.
-L’indicateur de santé sociale (ISS). Développé à l’origine dans la région Nord-Pas-de-Calais. Il englobe huit grandes dimensions (éducation, justice, logement, santé, revenus, travail et emploi, lien social et interindividuel).
– Le groupe de travail de l’ARF y ajoute vingt-deux indicateurs « de contexte », qui prennent en compte par exemple le taux de création d’entreprises, la qualité de l’air, les déplacements domicile-travail ou encore l’engagement associatif

Nouvelles boussoles

Le but de ces outils ? « Donner la possibilité aux Régions françaises de se doter de nouveaux repères, de nouvelles boussoles, destinés à éclairer les politiques publiques régionales et à mieux connaître l’environnement dans lequel ces politiques sont menées. »

Reste à pouvoir disposer de données fiables, à l’échelle régionale, et actualisées. Les régions doivent donc compter sur l’engagement de l’INSEE. « Il semble en effet tout à fait paradoxal que l’appareil statistique national soit en mesure de produire des données sur la conjoncture économique tous les trimestres voire tous les mois alors que, s’agissant de la pauvreté, nous ne disposons en 2012, que des chiffres de 2009 », observe l’ARF.

Les premiers effets concrets de cette révolution des indicateurs de richesse, les régions françaises les attendent rapidement. « Cette batterie de nouveaux indicateurs va permettre d’améliorer l’évaluation et d’affiner le pilotage des politiques publiques conduites par les Régions. Mais nous avons l’ambition de les populariser au delà des frontières de l’hexagone, en particulier au niveau européen où ils pourraient aider à une meilleure péréquation des fonds de cohésion », souligne Myriam CAU. Car la Commission européenne attribue aujourd’hui ces fonds, destinés à la cohésion sociale et territoriale, en fonction du PIB. L’enjeu sera maintenant de la pousser à les répartir en prenant en compte ces nouveaux indicateurs.

 

 

A VOUS DE JOUER

o Vous appréciez nos articles ?
o Vous voulez partager l’information pour que tout le monde ouvre les yeux sur l’inégalité des sexes ?
o Vous considérez que l’égalité dans les médias est la mère de toutes les batailles pour l’égalité ?
o Vous savez qu’un journal indépendant et de qualité doit employer des journalistes professionnels ?
Si vous avez répondu oui à une de ces quatre questions, faites un don pour financer l’information. Ce don est défiscalisé à 66 %. (Un don de 50 € vous coûte en réalité 17 €)

JE FAIS UN DON

2 commentaires

hic 13 avril 2012 - 16:28

C’est dommage que l’on ne voie pas la santé sociale département par département. Je pense notamment à l’Ile de France, qui est un région qui concentre énormément d’inégalités entre départements. Merci pour cet article, en tout cas.

Répondre
Fanfan 15 avril 2012 - 16:00

Ça devrait être adoptė depuis longtemps…

Répondre

Laisser un commentaire