Accueil Politique & SociétéFamilles Mariage pour tous : les lesbiennes « flouées » ?

Mariage pour tous : les lesbiennes « flouées » ?

par La rédaction

Des personnalités et associations dénoncent l’absence de la procréation médicalement assistée dans le projet de loi sur le mariage pour tous. Le gouvernement veut aborder ce sujet… dans un an.

 


 

Le texte sur le mariage pour tous, présenté en Conseil des ministres mercredi 7 novembre, prévoit d’ouvrir le mariage et l’adoption aux couples homosexuels. Deux éléments qui figuraient noir sur blanc dans le projet présidentiel de François Hollande.

Mais l’autorisation de la procréation médicalement assistée (PMA) et la présomption de parenté (ou de reconnaissance volontaire, hors mariage) pour les couples de même sexe ne figure pas dans le projet de loi. Pourtant, si ce n’était pas une promesse écrite, la porte-parole du candidat Hollande, Najat Vallaud-Belkacem, s’y était engagée oralement lors de la campagne présidentielle : c’est ce que rappellent « des militantes et personnalités » lesbiennes, dans une tribune publiée par Libération. Selon les signataires, « il semble que la PMA ait servi de monnaie de marchandage afin de ne pas « trop » choquer les plus conservateurs, on l’a sacrifiée au profit du mariage, mesure symbolique ».

Dans son édition du mercredi 7 novembre, le Canard Enchaîné rappelle que le Premier ministre avait annoncé, le 10 octobre, que la PMA ferait l’objet d’une « loi complémentaire ». Et l’hebdomadaire satirique d’avancer une hypothèse pour l’avenir : lors de l’examen parlementaire du texte sur le mariage pour tous, le groupe PS déposera des amendements sur la PMA, puis les retirera « après que le gouvernement aura solennellement ‘pris l’engagement’ de faire voter, plus tard », cette mesure. Mais ce ne devrait pas être le cas avant fin 2013, et dans le cadre d’une loi globale sur la « famille ». C’est ce qu’annonçait Jean-Marc Ayrault le 24 octobre, sans préciser de date mais en assurant que le sujet « ne sera pas renvoyé aux calendes grecques ».

Une ribambelle d’associations LGBT ont d’ores et déjà appelé à manifester, ce mercredi à 19h, devant l’Assemblée nationale, pour demander que le projet de loi soit « amélioré » et prenne en compte la PMA et l’accès à la filiation.

 

 

A VOUS DE JOUER

o Vous appréciez nos articles ?
o Vous voulez partager l’information pour que tout le monde ouvre les yeux sur l’inégalité des sexes ?
o Vous considérez que l’égalité dans les médias est la mère de toutes les batailles pour l’égalité ?
o Vous savez qu’un journal indépendant et de qualité doit employer des journalistes professionnels ?
Si vous avez répondu oui à une de ces quatre questions, faites un don pour financer l’information. Ce don est défiscalisé à 66 %. (Un don de 50 € vous coûte en réalité 17 €)

JE FAIS UN DON

3 commentaires

09 Aziza 12 novembre 2012 - 14:25

Avant d’avoir des réactions passionnelles, si on se posait quelques questions sur les enfants issus des PMA, quelles que soient les circonstances ? Comment expliquer à un enfant qu’il est issu du sperme d’un donneur ? comment le ressent il ? Seul un film québécois trés courageux et plein de tendresse pose la question. Un homme n’est pas une banque de sperme; une femme n’est pas une couveuse vivante.
Les PMA et la gestation pour autrui posent des questions sur ce que nous sommes en train de faire avec l’humain.Personne ne veut débattre. il s’agit juste de satisfaire tel ou tel groupe de pression, ou tendance politique.Il faut savoir que les associations LGBT ne représentent pas la majorité des personnes homosexuelles, et que beaucoup d’entre elles sont contre les PMA pour elles-mêmes.

Répondre
NR77 11 décembre 2012 - 07:54

Cette question pose des problèmes éthiques et médicaux. Ethique car la France protège les donneurs de sperme, cela signifie que l’enfant ne connaitra jamais ses origines biologiques.
Médicales (c’est évidemment la même chose pour les femmes et les couples hétéro) liés notamment au risque de grossesses multiple et à l’élimination de foetus « en trop ». Pour les hommes, je crains de voir revenir la solution des mères porteuses.
Bien sur ces questions d’homoparentalité remettent en question un système de parenté millénaire, ce n’est pas rien et c’est bien légitime de rencontrer des résistances. Surtout lorsque l’on peut craindre de voir disparaître les notions de père et mère de notre droit civil.
Une question , d’où vient cette expression de mariage pour tous ? Je la trouve très pernicieuse et surtout fausse. Il ne s’agit à ma connaissance que de satisfaire la communauté homosexuelle. Qui sont ces « tous » dont nous parle cette expression?

Répondre
tassedejardin 8 avril 2013 - 20:43

…qui défendent les lesbiennes. On peut être hétéro (jusqu’à preuve du contraire, paraît-il) et défendre les mêmes droits pour toutes et tous. SI la France autorise la PMA a une femme, elle doit le faire pour toutes les femmes. En exclure ceratines en raison de leur orientation sexuelle, donc les moeurs, n’est-ce pas une discrimination inadmissible.
Quant à la GPA, c’est autre chose, là on instrumentalise une personne. Pas une cellule.

Répondre

Laisser un commentaire