Du Nouveau-Mexique à la Géorgie, des élues accèdent à des fonctions jusque-là jamais occupées par une femme issue de leur communauté. Parmi elles, Deb Haaland, première femme amérindienne élue gouverneure aux États-Unis.
Si elles ont été marquées par le fort recul des Républicains alliés à Trump, les élections de mi-mandat, organisées le 3 novembre 2026, ont aussi ouvert un nouveau chapitre dans l’histoire de la représentation politique des femmes aux États-Unis.
Des femmes noires, amérindiennes et latinas accèdent à des responsabilités politiques majeures. Certaines deviennent les premières femmes de leur origine à occuper ces fonctions.
Deb Haaland : première autochtone
La victoire de Deb Haaland au Nouveau-Mexique est l’un des symboles les plus forts de ces élections. En devenant gouverneure du Nouveau-Mexique, cette démocrate de 65 ans est la toute première femme autochtone à prendre la tête d’un État américain.
Deb Haaland est entrée dans l’histoire en 2018 comme l’une des deux premières femmes amérindiennes élues au Congrès. Puis en 2021 elle devient la première femme issue des peuples autochtones à diriger un ministère fédéral lorsque Joe Biden la nomme secrétaire à l’Intérieur.
« Nous sommes toujours là »
Issue du peuple Pueblo de Laguna, sa trajectoire reflète la réalité de millions d’Américaines : une enfance modeste puis, mère célibataire, elle a connu des difficultés financières, eu recours aux aides alimentaires. Elle a notamment travaillé dans la restauration et développé une petite activité de production de salsa.
Lorsqu’elle était secrétaire à l’Intérieur, Haaland a fait avancer la protection des espaces naturels, le développement des énergies propres et la reconnaissance des injustices historiques subies par les populations autochtones. Elle a notamment porté le dossier des violences faites aux femmes et aux filles autochtones, ainsi que celui des enfants autochtones séparés de leurs familles dans les anciens pensionnats.
Lors de sa victoire, elle a rappelé l’histoire des peuples autochtones et leur persistance malgré les politiques qui ont cherché à effacer leurs langues et leurs cultures. « Nous sommes toujours là », a-t-elle rappelé selon Associated Press.
Des femmes à la tête des États : une série de premières historiques
En Géorgie, Keisha Lance Bottoms devient la première femme noire élue gouverneure aux États-Unis. Ancienne maire d’Atlanta, elle remporte une victoire qui met fin à 250 ans d’histoire politique américaine sans femme noire élue à la tête d’un État.
Au Texas, Gina Hinojosa devient la première femme latina élue gouverneure de cet État. Ancienne élue démocrate de la Chambre des représentants du Texas, elle a notamment fait campagne sur la réforme de l’éducation.
Dans le Minnesota, Amy Klobuchar devance Lisa Demuth, qui aurait pu devenir la première femme noire gouverneure de l’État.
Les femmes avancent aussi côté républicain. Au Tennessee, Marsha Blackburn remporte l’élection. Elle devient la première femme gouverneure dans cet État.
Au Sénat aussi, les femmes autochtones entrent dans l’histoire
Autre percée: l’élection de Peggy Flanagan au Sénat fédéral. Membre de la communauté White Earth Band of Ojibwe et ancienne vice-gouverneure du Minnesota, elle devient la première femme amérindienne à siéger au Sénat des États-Unis.
Dans l’Illinois, Juliana Stratton, jusque-là vice-gouverneure de l’État, remporte également un siège au Sénat. Elle rejoint Tammy Duckworth et permet à l’Illinois d’être représenté par deux sénatrices issues de minorités.
Le cas de Mary Peltola, ancienne représentante de l’Alaska à la Chambre, n’est pas encore tranché. Sa candidature au Sénat pourrait faire d’elle la première personne autochtone d’Alaska à siéger dans cette assemblée. Mais, au 5 novembre, le dépouillement de cette élection reste trop serré pour conclure.
Une progression, mais pas encore de la parité
A l’issue de ces élections un record historique d’au moins 17 femmes gouverneures soit 34 % des 50 États, pourrait être atteint. Le 120è Congrès fédéral compterait 155 femmes (contre 152 auparavant). Soit 29 % de l’ensemble des 535 membres du Congrès.
Malgré ces avancées symboliques et structurelles, les femmes peinent encore à franchir le seuil d’un tiers des sièges dans les instances de pouvoir américaines.

