Accueil Politique & SociétéFamilles Le nom du père, pomme de discorde… comme en 2002

Le nom du père, pomme de discorde… comme en 2002

par Arnaud Bihel

C’est « l’effacement du père ! » ont crié des députés UMP. En cas de désaccord entre les parents, le nom transmis à l’enfant ne serait plus automatiquement celui du père. Cette disposition du texte de loi sur le mariage pour tous énerve… comme en 2002 quand disparaissait le « patronyme ».


Lundi 4 février, au petit matin, alors que l’Hémicycle clairsemé ne comptait plus que quelques députés pugnaces, la question du nom de l’enfant a enflammé l’Assemblée. Un sujet annexe dans les débats sur le mariage pour tous, mais révélateur de l’attachement de certains au patriarcat. L’objet du courroux des bancs de l’UMP ? Cette disposition inscrite dans l’article 2 du texte, concernant la transmission du nom de famille :

« En l’absence de déclaration conjointe à l’officier de l’état civil mentionnant le choix du nom de l’enfant, celui-ci prend le nom de chacun de ses deux parents, dans la limite du premier nom de famille pour chacun d’eux, accolés selon l’ordre alphabétique. »

Dans l’hémicycle, Hervé Mariton y a vu une modification « révolutionnaire » : « Là où aujourd’hui un enfant s’appelle Durand, il s’appellera demain Durand-Martin, sauf si les parents demandent explicitement qu’il s’appelle Durand », a lancé le député UMP.

Oui, il y a une révolution, lui répondait le PS Christophe Bouillon : « Faire en sorte que le nom du père ne soit pas prioritaire sur celui de la mère ».

« Leur nom de famille, voilà ce que vous retirez aux Françaises et aux Français », s’emportait de son côté l’UMP Philippe Gosselin. Le député UMP Marc Le Fur estimant, lui, que cette disposition était synonyme de « l’effacement du père ».

« Vous, ce que vous attendez, c’est l’effacement du nom de la mère ! On est en 2013 ! », répondait le rapporteur du texte, le PS Erwann Binet.

En 2002 déjà, « l’atteinte portée à l’image du père »

Mais certains en sont restés avant 2002. Pour l’UMP, Patrick Hetzel, pas de doute : « le patronyme est transmis par le père ». C’est ainsi : « la mère donne la vie et le père, quant à lui, donne le nom », lançait-il lundi matin dans l’hémicycle.
Pourtant, depuis la loi du 4 mars 2002 – votée dans les dernières semaine de la précédente majorité de gauche – la transmission automatique du nom du père n’est déjà plus l’usage. Et le terme « nom de famille » a remplacé dans les textes celui de « patronyme » (étymologiquement, le « nom du père »).

Le député UMP Jacques Myard, toujours très en vue ces derniers temps, s’était déjà arc-bouté contre cette évolution à l’époque, fustigeant « la diminution de l’autorité paternelle fortement attachée au nom et l’atteinte portée à l’image du père. »

Depuis cette loi de 2002 relative au nom de famille, l’enfant prend donc « soit le nom du père, soit le nom de la mère, soit leurs deux noms accolés dans l’ordre choisi par eux dans la limite d’un nom de famille pour chacun d’eux ». Cela dans le cas d’une déclaration conjointe des parents. En l’absence de déclaration du père, l’enfant prend évidemment le nom de la mère. Mais en cas de désaccord entre les parents, c’est le nom de son père qui prime.

Le texte initial ne prévoyait pas de donner la primauté au père en dernier recours : les députés avaient accepté ce compromis pour parvenir à un accord nécessaire sur le texte, le Sénat étant à majorité de droite. « Attribuer systématiquement le nom du père en cas de désaccord révèle une volonté à peine dissimulée de conserver le système patriarcal. Le Sénat a démontré, une fois de plus, son caractère conservateur et rétrograde par rapport aux évolutions de notre société », déplorait alors le député PS Gérard Gouzes, rapporteur de la commission des lois.

Gouvernement frileux

Hervé Mariton a donc une dizaine d’années de retard. D’ores et déjà l’enfant de monsieur Durand et madame Martin ne s’appellera Durand que si les parents le demandent explicitement… ou s’ils ne sont pas d’accord, monsieur imposant alors son nom.

Ce que vient changer le projet de loi, c’est qu’en cas de désaccord l’enfant prendra automatiquement non plus le nom du père, mais les noms des deux parents accolés, par ordre alphabétique. On est donc très loin de « l’effacement du nom du père » ; et il s’agit bien, comme le dit Christophe Bouillon, de « faire en sorte que le nom du père ne soit pas prioritaire sur celui de la mère ».

Le gouvernement ne semble toutefois soutenir cette évolution que du bout des lèvres. Christiane Taubira a estimé que « le sujet méritait encore d’être discuté. Il peut mûrir pendant la navette parlementaire ». Cette disposition n’était prévue, dans le texte initial, que dans le cadre de l’adoption. C’est un amendement en commission des lois qui l’a étendue à la filiation « par le sang ».

 

 

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35 commentaires

Romane 4 février 2013 - 16:39

Ce qu’il y a d’ironique dans l’histoire, c’est que même en prenant le nom de sa mère, un enfant reprend de toutes façons le nom d’un homme, celui du père de sa mère.

Répondre
Marie 4 février 2013 - 18:42

« Romane »
Ce qu’il y a d’ironique dans l’histoire, c’est que même en prenant le nom de sa mère, un enfant reprend de toutes façons le nom d’un homme, celui du père de sa mère.

Pour l’instant !!!

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Pan 4 février 2013 - 18:59

Le projet de loi propose de ne conserver que le PREMIER nom de famille de chaque parent et de les accoler en fonction de l’ordre ALPHABETIQUE. Mais quelle bêtise !! Cela ne choque personne ? Moi si ! Peut-être parce que je suis informaticien 😉
Si on applique cette loi à la lettre dans quelques générations les noms ayant une lettre en fin de l’alphabet auront tous disparus si les gens ne se battent pas à chaque naissance pour le conserver.
Exemple :
Prenons seulement la première lettre des noms de famille.
1er génération :
Un individu N rencontre un individu T, les enfants s’appelleront N-T (ordre alphabétique)
Un individu A rencontre un individu P, les enfants s’appelleront A-P (ordre alphabétique)
Un individu Z rencontre un individu B, les enfants s’appelleront B-Z (ordre alphabétique)
Un individu W rencontre un individu D, les enfants s’appelleront W-D (ordre alphabétique)
2nd génération :
Si un N-T rencontre un B-Z, les enfants s’appelleront B-N (adieu T et Z)
Si un A-P rencontre un W-D, les enfants s’appelleront A-D (adieu P et W)
Si un N-T rencontre un A-P, les enfant s’appelleront A-N (adieu T et P)
3ème génération :
Si un B-N rencontre un A-D, les enfants s’appelleront A-B (adieu N et D)
Si un A-D rencontre un A-N, les enfants s’appelleront A-A (adieu D et N)
Si un B-N rencontre un A-N, les enfants s’appelleront A-B (adieu les N)
4ème génération :
Si un A-A rencontre un A-B, les enfants s’appelleront A-A (adieu B)
Si un A-B rencontre un A-B, les enfants s’appelleront A-A (adieu les B)
5ème génération : bienvenu dans le pays socialiste des A-A (prononcer Ah ! Ah !)

Conclusion : les Zetoun vont devoir se battre beaucoup plus que les Albert pour ne pas voir leur nom disparaitre…

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arnaudbihel 4 février 2013 - 19:07

@Pan : mais la vraie vie n’est pas comme l’informatique. Et en l’occurence la terrible loi des statistiques que vous mettez en branle ne concernera, répétons-le donc, que les enfants dont les parents ne se seront pas mis d’accord sur le nom de famille. Il faudra donc infiniment plus de générations avant le jour où tous les noms de famille commenceront par A.

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Eric 4 février 2013 - 19:51

Il ne faut pas s’étonner ensuite si le « père » ne s’investit pas trop.

Répondre
de profundis 4 février 2013 - 20:22

« Eric »
Il ne faut pas s’étonner ensuite si le « père » ne s’investit pas trop.

vous êtes gonflé vous… depuis le temps que les femmes s’investissent infiniment plus que les hommes alors qu’elles ne donnent pas leur nom !!!

Répondre
Eric 4 février 2013 - 20:47

Les femmes savent que l’enfant est à eux. L’homme n’en sait rien.

La première chose qu’un homme pensera si sa compagne rechigne à donner son nom à l’enfant, c’est qu’il n’est pas le père.

A quoi bon se décarcasser pour un enfant qui ne porte même pas « mon » nom et alors qu’on sait que la femme peut se barrer avec le gamin à la première saute d’humeur?

Ce n’est pas en ignorant tout de la psychologie masculine que vous allez améliorer vos relations avec vos conjoints.

Le nom fait partie de ces éléments qui aident le père à s’identifier au gamin.

Répondre
Pan 5 février 2013 - 08:35

« arnaudbihel »
@Pan : mais la vraie vie n’est pas comme l’informatique. Et en l’occurence la terrible loi des statistiques que vous mettez en branle ne concernera, répétons-le donc, que les enfants dont les parents ne se seront pas mis d’accord sur le nom de famille. Il faudra donc infiniment plus de générations avant le jour où tous les noms de famille commenceront par A.

Erreur, la loi ne dit pas en cas de désaccord, mais en cas d’absence… Cela revient à dire « Par défaut ». Si vous êtes des « Albert » et que cette règle vous convient, vous ne serez pas obligés de préciser quoi que ce soit. En revenchance, si vous êtes des « Zetoun » vous serez obligés de prononcer votre choix à chaque naissance pour ne pas perdre votre nom à la seconde génération. En quoi cela est-il plus juste ?
Il suffit de regarder les contrats de mariage ou les déclarations de naissance en France pour se rendre compte que les choix par défaut sont le plus souvent appliqués (communauté réduite aux acquets et nom du père).
Aujourd’hui rien m’empêche de donner le nom de la mère ou les deux noms à ses enfants (au passage cela ne me dérange pas du tout de porter le nom de mon père).
Remplacer une règle aléatoire (transmission du nom par un seul sexe alors que le sexe des enfants n’est pas pré-déterminé) par une règle de pure logique mathématique aura nécessairement une incidence dans le temps. Que vous le vouliez ou non…

Répondre
Lène 5 février 2013 - 08:40

« Eric »

Ce n’est pas en ignorant tout de la psychologie masculine que vous allez améliorer vos relations avec vos conjoints.

Ce n’est pas de la psychologie masculine, ça, c’est la vôtre. Et c’est vrai qu’on n’a pas du tout envie de la comprendre.

Répondre
Seb. 5 février 2013 - 09:24

« Pan »

« arnaudbihel »
@Pan : mais la vraie vie n’est pas comme l’informatique. Et en l’occurence la terrible loi des statistiques que vous mettez en branle ne concernera, répétons-le donc, que les enfants dont les parents ne se seront pas mis d’accord sur le nom de famille. Il faudra donc infiniment plus de générations avant le jour où tous les noms de famille commenceront par A.

Erreur, la loi ne dit pas en cas de désaccord, mais en cas d’absence… Cela revient à dire « Par défaut ». Si vous êtes des « Albert » et que cette règle vous convient, vous ne serez pas obligés de préciser quoi que ce soit. En revenchance, si vous êtes des « Zetoun » vous serez obligés de prononcer votre choix à chaque naissance pour ne pas perdre votre nom à la seconde génération. En quoi cela est-il plus juste ?
Il suffit de regarder les contrats de mariage ou les déclarations de naissance en France pour se rendre compte que les choix par défaut sont le plus souvent appliqués (communauté réduite aux acquets et nom du père).
Aujourd’hui rien m’empêche de donner le nom de la mère ou les deux noms à ses enfants (au passage cela ne me dérange pas du tout de porter le nom de mon père).
Remplacer une règle aléatoire (transmission du nom par un seul sexe alors que le sexe des enfants n’est pas pré-déterminé) par une règle de pure logique mathématique aura nécessairement une incidence dans le temps. Que vous le vouliez ou non…

C’est d’autant plus curieux que la règle des deux noms accolés a justement été mise en place pour permettre d’éviter que trop de noms disparaissent. Cette proposition est un nom sens dans la mesure où, comme vous le dites, elle conduit à terme à faire disparaître tous les noms qui commence par une lettre en fin d’alphabet .

Répondre
Seb. 5 février 2013 - 09:28

« Lène »

« Eric »

Ce n’est pas en ignorant tout de la psychologie masculine que vous allez améliorer vos relations avec vos conjoints.

Ce n’est pas de la psychologie masculine, ça, c’est la vôtre. Et c’est vrai qu’on n’a pas du tout envie de la comprendre.

C’était pourtant l’idée du nom patronymique. On sait qui est la mère car l’enfant sort de son ventre. La transmission du nom patronymique a vocation à mettre en relation un homme et un enfant, et cette relation ainsi créé à vocation à être supérieure à la réalité biologique.

Répondre
Lili 5 février 2013 - 09:48

Assez d’accord avec le raisonnement de Pan. Certes il s’appliquera à long terme, mais il recèle en effet une disparition des noms de fin d’alphabet.

Et assez d’accord aussi, même si l’expression en est assez désagréable, avec la considération d’Eric. Les hommes ne seront jamais enceinte et le nom du père est la manifestation de la reconnaissance que le père fait de son enfant. Si on veut manifester l’égalité homme-femme, il importe de laisser aussi au père cet acte symbolique (et ce sans entrer dans des considérations stupides sur « il n’est pas de moi ». La question est celle de la reconnaissance, pas de l’origine certifiée, il y a des tests ADN pour ça et je plains votre femme si c’est toute la confiance que vous lui faites…)

Donc j’aurais été pour que les parents choisissent, et que en l’absence de choix ou en cas de désaccord, le nom du père soit suivi de celui de la mère. Ce qui aurait permis la présence des deux noms et limité aussi la perte des noms de famille de fin d’alphabet.

Parce que là on a une inégalité. La femme est celle qui porte l’enfant et le met au monde, et lui donnera donc son nom. L’homme ne donnera que son nom. C’est symbolique, mais les symboles sont importants dans notre vie.

Je regrette toujours que le féminisme lutte pour l’égalité sans voir que l’égalité c’est aussi que les hommes aient plus de place dans la sphère familiale.

Répondre
Lili 5 février 2013 - 09:51

« Seb. »
[quote name= »Lène »][quote name= »Eric »]

C’était pourtant l’idée du nom patronymique. On sait qui est la mère car l’enfant sort de son ventre. La transmission du nom patronymique a vocation à mettre en relation un homme et un enfant, et cette relation ainsi créé à vocation à être supérieure à la réalité biologique.

Merci d’avoir exprimé plus simplement ce que je voulais dire. Et pourtant je me considère comme féministe. Pour l’égalité, donc. Qui passe parfois par la compensation de certaines différences de fait.

Répondre
Jnet 5 février 2013 - 10:14

« Eric »
Les femmes savent que l’enfant est à eux. L’homme n’en sait rien.
[…]
A quoi bon se décarcasser pour un enfant qui ne porte même pas « mon » nom et alors qu’on sait que la femme peut se barrer avec le gamin à la première saute d’humeur?

Je vous en supplie, dites-moi que vous êtes un troll et que vos messages ont pour seul but de produire un maximum de réactions… Si l’envie de vous investir dans l’éducation d’un enfant ne vous vient pas simplement du fait que vous l’avez désiré, du fait que vous l’avez désiré dans une relation d’amour avec cette femme-là… Si votre capacité à tisser des liens d’affection et une relation éducative ensuite, avec un enfant, ne vous vient que de la certitude que ce sont bien vos gamètes qui ont servi à sa création… Alors on ne peut rien pour vous et la loi sur le nom n’y changera rien !

Et avant de nous donner des leçons de psychologie masculine (ou de psychologie trollique, je ne sais), débarrasez-vous de vos préjugés: l’attachement de la mère à l’enfant n’est ni un automatisme absolu, ni un simple instinct, ni lié à la pure génétique, c’est un processus complexe, psychologique, généralement (mais ni toujours ni automatiquement) concommitant de la grossesse… Si l’amour parent-enfant était programmé dans les gamètes, il n’y aurait ni abandon ni adoption possibles.

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Eric 5 février 2013 - 11:26

« Si votre capacité à tisser des liens d’affection et une relation éducative ensuite, avec un enfant, ne vous vient que de la certitude que ce sont bien vos gamètes qui ont servi à sa création… »

Vous devriez dire ça aux nombreuses féministes qui se battent en ce moment pour obtenir la PMA. Elles n’ont qu’à adopter alors…

Il y a une différence entre choisir d’adopter et se faire duper. Si je conçois très bien d’aimer un enfant qui n’est pas de moi, je ne suis pas sûr d’être capable de l’aimer autant. Par contre je sais que je réagirais très mal si je découvrais que ma compagne m’a fait cocu.

La préoccupation des femmes pour le viol – qui est au coeur du féminisme – dérive de leur désir de choisir les gamètes dans lesquels elles s’investiront. Et il ne s’agit même pas des leurs, puisqu’elles sont assurées que leur enfant sera le leur.

Ce n’est pas en me sermonnant que vous parviendrez à me convaincre que je devrais accepter l’idée d’être cocu avec zen. Moi je ne cherche pas à vous convaincre que vous devriez accepter un viol avec amour.

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djeudjeu 5 février 2013 - 18:29

Citation en provenance du commentaire précédent de Eric « La préoccupation des femmes pour le viol – qui est au coeur du féminisme – dérive de leur désir de choisir les gamètes dans lesquels elles s’investiront »

et moi qui pensais que la préoccupation des femmes pour le viol était lié au traumatisme induit par le fait de savoir que son intégrité physique et moral n’est pas respectée?

Par ailleurs,je trouve amusant de s’intéresser à la disparition de noms de famille de « fin de l’alphabet », alors qu’on ne s’est jamais préoccupé de la disparition de nom de famille dans lesquelles les enfants ne sont que des filles… des milliers de noms ont bel et bien disparu au cours des derniers 2000 ans (de patriarcat) sans que cela ne choque personne.
Plus sérieusement, on pourrait par exemple regarder comment font les hispanophones? Je sais qu’ils ont des noms à rallonge mais ne connaît pas bien le système…

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hic 5 février 2013 - 19:35

« eric »
« La préoccupation des femmes pour le viol – qui est au coeur du féminisme – dérive de leur désir de choisir les gamètes dans lesquels elles s’investiront »

Je vous ai démasqué! Vous êtes le double nouvellenewsien du « éric un homme, un vrai » de Causette, pour celleux qui connaissent.

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Lili 6 février 2013 - 10:08

« djeudjeu »

Plus sérieusement, on pourrait par exemple regarder comment font les hispanophones? Je sais qu’ils ont des noms à rallonge mais ne connaît pas bien le système…

Les hispanophones portent le nom de leur père suivi du nom de leur mère et les enfants héritent donc des deux noms paternels de leurs parents. Très patriarcal en fait.

Lorsqu’elle se marie, une femme devient Mme « son nom » de « nom du mari » (ex/ Mme Garcia épouse Mr Serrano et devient Mme Garcia de Serrano).

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Seb. 6 février 2013 - 20:30

Ce n’est pas tout à fait dans le sujet, quoique…

http://pluzz.francetv.fr/videos/ce_soir_ou_jamais_,76730463.html

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luce44 7 février 2013 - 09:05

Aucun de ces hommes ne s’est inquiété de ce qu’on retirait aux enfants le nom de leur mère et que sa lignée était ainsi effacée au profit de celle du père. C’est le résultat d’une tradition patriarcale française, révélatrice de la domination masculine qui se réserve ainsi sa continuité.
Cet usage culturel n’est pas immuable, la lignée de la mère a autant de valeur que celle du père. De nombreuses sociétés d’ailleurs conservent le nom de la mère.
Corollaire : la plupart des femmes se croient d’ailleurs obligées de prendre le nom de leur époux quand elles se marient et quand elles ne le font pas ce sont des tracasseries administratives incessantes. On efface donc bien le nom de leur père à elles aussi et personne n’a jamais protesté.

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09 Aziza 7 février 2013 - 09:49

Désolée, mais les hispanophones, et les lusophones, comme les italiennes de certaines régions, ne portent JAMAIS le nom de leur mari, mais celui de leur père, puis de leur mère. Picasso était le nom maternel de l’artiste, soit dit en passant. Beaucoup de portugaises immigrées en France sont ahuries de se voir affubler subitement du nom de leur mari! En France , ne pas porter le nom de son mari est inconcevable, alors que cela n’a rien de légal; il s’agit d’un simple usage facultatif.
Et je souligne une discrimination flagrante qui devrait disparâItre: l’épouse peut SUBSTITUER le nom de son mari au sien mais pas l’inverse! Arriver à porter le nom de sa mère-alors que ce nom là ne risque pas de changer- est un parcours du combattant, même si c’est accolé à celui du père. par contre, on peut se marier trois fois, aussitôt, hop! la Poste vous écrit à M. et MMe Gaston Dupont….

Répondre
christine gamita 7 février 2013 - 15:23

Un nom d’usage permet de choisir de s’appeler par son matronyme ou autre combinaison. Le choix sur les imprimés de demande de documents d’identité existe depuis longtemps. C’est ainsi qu’au gré de mes humeurs, j’ai varié les plaisirs nymiques.

Nom patronymique, non matronymique, lignée patrilinéaire ou matrilinéaire, vous aurez remarqué que l’on porte le nom du père de quelqu’un, donc le nom de l’homme de toute façon- Ce qui corrobore l’anayse de théorie politique féministe qui parle de patriarcat et de patriarchie.

C’est pour cela que l’on peut aussi le dire viriarque, ce système patriarcal… Donc, rassurez-vous messieurs, aucune perte pour les pères et pour les hommes dans ce mariage renforcé avec patriarchie renforcé que toutes (?) appellent de leurs voeux.

Les hommes ont désormais place redoublée dans la sphère familiale et leur sacro sainteté a monté d’un cran ; ils ont désormais total accès de principe à l’intimité de leurs petites filles. L’idéalisation du père déjà omniprésente et omnipotente met le turbo.

Répondre
christine gamita 7 février 2013 - 16:02

« patriarchie renforcé » (faux) à transformer en « patriarchie bétonnée »

Répondre
Seb. 7 février 2013 - 17:59

« 09 Aziza »
Arriver à porter le nom de sa mère-alors que ce nom là ne risque pas de changer- est un parcours du combattant, même si c’est accolé à celui du père. par contre, on peut se marier trois fois, aussitôt, hop! la Poste vous écrit à M. et MMe Gaston Dupont….

Quel parcours du combattant ? Lors de la déclaration à l’état civil, il suffit de le demander, c’est tout.

On est tout de même un peu dans le delirium lorsque l’on parle de patriarcat pour ce qui est aujourd’hui du rôle des hommes dans la famille.

Les femmes disposent d’un panel de contraceptifs, les hommes ne disposent que du préservatif dont l’usage ou non fera nécessairement l’objet d’une codécision. Les femmes peuvent choisir après un rapport non protégé de prendre une pullule du lendemain, les hommes non. Une femme peut avorter, les hommes non. Les femmes peuvent accoucher sous X. Elles peuvent choisir de prévenir ou non leur partenaire occasionnel d’une grossesse. Elles peuvent choisir un autre père que le père biologique, et ce père biologique ne pourra plus, passé un délai faire reconnaître sa paternité et la filiation sera établie à l’égard de l’homme que la femme aura choisi. Et malgré tout une femme peut imposer à un homme une paternité qu’il n’aurait pas choisi. Alors il faudra que l’on m’explique en quoi concrètement un père est aujourd’hui un patriarche, en évitant si possible de passer par les convulsions délirantes et extrapolatives habituelles.

Répondre
Seb. 7 février 2013 - 18:00

« christine gamita »

Les hommes ont désormais place redoublée dans la sphère familiale et leur sacro sainteté a monté d’un cran ; ils ont désormais total accès de principe à l’intimité de leurs petites filles. L’idéalisation du père déjà omniprésente et omnipotente met le turbo.

Que voulez dire ?

Répondre
Seb. 7 février 2013 - 18:01

« christine gamita »

Les hommes ont désormais place redoublée dans la sphère familiale et leur sacro sainteté a monté d’un cran ; ils ont désormais total accès de principe à l’intimité de leurs petites filles. L’idéalisation du père déjà omniprésente et omnipotente met le turbo.

Que voulez-vous dire ?

Répondre
Lili 8 février 2013 - 10:00

« Seb. »

Les femmes disposent d’un panel de contraceptifs, les hommes ne disposent que du préservatif dont l’usage ou non fera nécessairement l’objet d’une codécision. Les femmes peuvent choisir après un rapport non protégé de prendre une pullule du lendemain, les hommes non. Une femme peut avorter, les hommes non. Les femmes peuvent accoucher sous X. Elles peuvent choisir de prévenir ou non leur partenaire occasionnel d’une grossesse. Elles peuvent choisir un autre père que le père biologique, et ce père biologique ne pourra plus, passé un délai faire reconnaître sa paternité et la filiation sera établie à l’égard de l’homme que la femme aura choisi. Et malgré tout une femme peut imposer à un homme une paternité qu’il n’aurait pas choisi. Alors il faudra que l’on m’explique en quoi concrètement un père est aujourd’hui un patriarche

Bien vu. Ajoutez aussi qu’une femme peut priver le père de voir ses enfants lors d’un divorce, beaucoup plus facilement que l’inverse.

Après, il y a la loi et les faits. Et dans les faits, le nombre de femmes seules avec enfants (et le fait qu’elles représentent 1/3 des ménages sous le seuil de pauvreté) montre que malgré tout ce que les femmes peuvent faire, les hommes, par leur seul départ, peuvent faire beaucoup plus (et plus mal).
Et du reste, la contraception est difficile d’accès pour pas mal de femmes, le préservatif refusé par certains hommes, la pilule du lendemain c’est encore plus compliqué, l’avortement n’en parlons pas (condamnation morale, centre IVG inexistant, menace de l’homme si la femme avorte…). Seule la question du « choix » du père est assez incontrôlable.

Bref, si on parle de moi et mon conjoint, je suis en position de force. Mais s’importe quelle statistique vous dira que c’est loin d’être général…

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Seb. 8 février 2013 - 13:44

J’ai tenté de faire une recherche, sommaire il est vrai, suite à votre commentaire, sur cette notion de seuil de pauvreté, et je ne suis pas finalement beaucoup plus avancé. Il semble que le revenu disponible servant de base au seuil de pauvreté prend en compte le patrimoine seulement dans les revenus qu’il génère http://www.insee.fr/fr/methodes/default.asp?page=definitions/revenu-disponible.htm (ex: loyer) mais qu’en est-il de la prestation compensatoire versée en capital ; l’économie qu’il permet (ex : propriété du logement) ; ou les héritages notamment en cas de veuvage. J’en convient ce ne doit pas être la majorité des cas, mais visiblement il est théoriquement possible d’être riche, d’avoir beaucoup d’argent sur son compte (voir d’être soumis à l’ISF), et d’être à la fois sous le seuil de pauvreté si on n’a pas de revenu.

Je suis assez surpris de l’imprecision des définitions que l’INSEE met à la disposition du public concernant ses études. Sur ce site, il y avait déjà eu une discussion sur la notion de famille monoparentale qui ne prend visiblement pas en compte l’éventuelle contribution de l’autre parent aux frais d’éducation, ce qui n’était pas nécessairement clair dans la définition proposée par l’INSEE.

Pour une personne seule avec un enfant de moins de 14 ans le seuil est relevé d’environ 289€ (+1/3), or un bébé coûte plus chère qu’un enfant de 11 ans. Pour un enfant de plus de 14 ans on ajoute 482€ (+50%).
Les seuils de 2010 : http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?ref_id=NATnon04410®_id=0
964 pour une personne seule
1253 pour une personne seule avec un enfant de moins de 14 ans
1446 pour une personne seule avec un enfant de plus de 14 ans

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Lili 8 février 2013 - 14:58

« Seb. »
J’ai tenté de faire une recherche,

Il y a beaucoup de définitions de l’INSEE qui sont très discutables (notamment autour de la « pauvreté »)

Mais alors allez voir les rapports statistiques du Secours Catholique ou du Secours Populaire et vous verrez la proportion de femmes seules avec enfants dans leurs bénéficiaires. Idem pour les femmes au chômage.

Bref sur le fond le fait que l’homme s’en aille est un facteur énorme de pauvreté pour la femme et l’enfant qui restent, sans parler des autres aspects (affectifs, éducatifs, de santé…). Et donc je ne pense pas que les imprécisions statistiques de l’INSEE remette en cause mon raisonnement. Ni le vôtre d’ailleurs sur la fait que en théorie (et dans pas mal de cas réels) c’est bien la paternité qui est devenue fragile.

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Seb. 8 février 2013 - 18:27

Page 8 du rapport http://www.lavie.fr/complements/2012/11/07/33064_1352307022_secours.pdf « Alors qu’en 2001, le Secours Catholique rencontrait autant de femmes que d’hommes, dix ans plus
tard, le nombre de femmes accueillies atteint 57 % des adultes en situation de pauvreté »

Lorsque l’on regarde le graphique, on voit qu’entre 25 et 55 ans le public est plus masculin que féminin. Et le public est plus féminin avant 25 ans et après 55 ans.

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eghza 8 février 2013 - 21:13

N’ayant pas le même nom que mes enfants, j’aurais été heureuse de ne pas être considérée comme suspecte lors d’un voyage à l’étranger avec mon fils. 3rien ne prouve qu’il s’agit de votre fils madame » m’a dit dit à la douane…j’ai quand même pu passer.

Mais la prochaine fois, je demanderai quand même au père de mes enfants une autorisation de sortie de territoire…au cas où…

Pareil pour la la cantine où l’administration m’a clairement fait comprendre que seul le père pourrait modifier/ gérer les inscriptions de mes enfants pourquoi ? Parce que je n’ai pas le même nom qu’eux… et donc sauf si j’adjoins toutes mes demandes d’un certificat de naissance, je ne peux rien faire….

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luce44 9 février 2013 - 18:17

Les députés qui se sont indignés de la « disparition » du nom du père et des racines familiales ont totalement oublié que jusqu’ici ils ne s’étaient pas inquiétés de l’effacement du nom de la mère. Nommer est important ont-ils dit ? Pourquoi refusent-ils alors ce qui appartient au féminin, nom et famille de la mère, féminisation des noms.

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luce44 9 février 2013 - 18:29

Les défenseurs du nom du père ne sont pas à une incohérence près puisque la plupart des femmes croient qu’elles doivent prendre le nom de leur mari, alors que ce n’est qu’un usage, mais perdent ainsi le nom de leur père sans que personne ne s’en inquiète.

Mariée depuis 40 ans, j’ai gardé mon nom de naissance donc celui de mon père. Mais administrations et organismes divers, y compris banques et notaires, corrigent mon nom à chaque nouvelle occasion, en me donnant celui de mon mari, même quand je l’ai signalé auparavant. Je dois à chaque fois batailler pour faire respecter mon choix de garder mon nom légal. Y compris faire rectifier des données informatiques nationales. C’est insupportable d’être ainsi en toute illégalité dépouillée de son nom.

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Eric 9 février 2013 - 23:29

Dans 70% des cas, c’est la femme qui quitte l’homme, pas l’inverse.
Le système actuel, qui offre une grande « flexibilité » aux couples, a été voulu par les féministes (et une majorité de femmes). Dans l’entre deux-guerres, les femmes seules avec leur enfant étaient rares. C’est la politique féministe qui a créé cette population. Trop facile de rendre les hommes responsables de cet état de fait.

« le préservatif refusé par certains hommes »

Cette formulation laisse entendre que la femme est tellement faible qu’elle est incapable de négocier ses conditions avec son partenaire. Tu ne veux pas de préservatif ? Ok, pas de sexe alors. C’est le moins qu’on puisse attendre d’une personne adulte, non ?

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09 Aziza 12 février 2013 - 09:32

luce 44@: oh, comme vous avez raison, c’est insupportable! moi aussi, je suis mariée depuis 41 ans, et chaque jour, je bataille! Ce gouvernement se serait honoré en faisant carrément DISPARAÎTRE la possibilité pour qui que ce soit de prendre comme nom d’usage autre chose que les noms de ses deux parents, point! Comme au Québec. Où depuis 1977, la pluspart des mères n’ont pas le même nom que leurs enfants, puisque le mariage n’a aucune répercussion sur le nom, que l’on soit hétérosexuel ou homosexuel.
En France , deux discriminations flagrantes subsistent:1 en cas de désaccord, c’est le nom du père qui prime. Pourquoi ?2 le principe de SUBSTITUTION du nom du mari au sien pour une femme est unilatéral: un homme ne peut prendre le nom de son épouse en usage qu’ACCOLÉ au sien, et non substitué. La nouvelle loi sur le mariage, en n’abolissant pas le côté patriarcal de cette institution, va créer des embrouillaminis pas possibles! On ne saura plus qui est qui, c’est stupide.

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