Banni des réseaux sociaux pour avoir propagé une vision toxique de la sexualité, AD Laurent revient influencer les jeunes dans les discothèques. Et il est difficile de le contrer.
Mis à la porte des réseaux sociaux, l’influenceur revient par la fenêtre des discothèques. L’établissement le Red Club à Auch l’annonce triomphalement : il va accueillir l’influenceur masculiniste AD Laurent le 25 septembre prochain.
Le café féministe saisit la préfecture
Et ça ne passe pas dans le chef-lieu du Gers qui a été secoué par « l’affaire Lyhanna » ! Lors du rassemblement de lundi dernier pour exiger une « loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles », le Café Féministe d’Auch a annoncé qu’il allait saisir la préfecture du Gers. Le collectif a aussi lancé une pétition ici.
AD Laurent a longtemps été présenté comme un « influenceur » à succès après avoir participé à de nombreuses émissions de télé-réalité. Dans les premières vidéos qu’il diffuse sur sa chaîne, il demande à des jeunes femmes de «twerker » et de faire des strip-teases pendant que l’influenceur commente, grogne et aboie.
Accusé de viol aggravé
Il est banni d’Instagram en 2020. En 2023, il diffuse une séquence porno. Sa partenaire révèle que ce rapport « hard » lui a provoqué une déchirure vaginale, suivie d’une hémorragie nécessitant d’être amenée à l’hôpital. La réaction de l’influenceur : « Je lui ai fait gagner 60 000 euros à cette petite princesse. Bon, après je l’ai envoyée à l’hôpital mais ça, c’est un accident de travail, ça arrive », avait-il alors déclaré.
En mars 2024, une plainte pour viol aggravé est déposée contre lui. La plaignante, restée anonyme, dénonce deux viols « particulièrement sauvages » lorsqu’elle était âgée de 22 ans.
En mai 2025, son compte TikTok est bloqué
Lire : TikTok : le compte de l’influenceur AD Laurent supprimé pour sexisme
« vision déformée et toxique de la sexualité »
Lorsque la ministre en charge des Droits des femmes, Aurore Bergé, demande au président de TikTok la fermeture du compte de l’influenceur, elle dénonce une « vision déformée et toxique de la sexualité où la domination et la violence prennent le pas sur le respect et le consentement » véhiculée dans les vidéos de l’influenceur.
Dans sa pétition, le Café Féministe d’Auch rappelle que « En juillet 2026, les préfectures des Côtes-d’Armor et de la Marne ont pris des arrêtés pour interdire la présence de mineur-es dans les endroits proposant ses shows. »
Parti pris médiatique
La réponse de la préfecture est très attendue. Mais dans la presse locale, la dénonciation du sexisme n’est pas encore à l’ordre du jour. La Dépêche prend ses distances en présentant le sexisme de l’influenceur non pas comme une réalité mais comme une vision de féministes : « l’homme de 31 ans est régulièrement accusé par les associations féministes de véhiculer une représentation dégradante des femmes et une vision problématique du consentement.» écrit le journal. Pourquoi ne pas écrire directement « l’homme de 31 ans véhicule une représentation dégradante des femmes… » ? Vus les faits, ça ne serait pas une insulte à l’objectivité. Et pourquoi pointer du doigt les associations féministes ? Elles ne sont pas les seules à se soucier des dégâts causés par les influenceurs masculinistes sur les jeunes. Une commission parlementaire s’est penchée sur le sujet en 2025.
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