58 députées japonaises ont signé une pétition pour réclamer davantage de toilettes pour femmes dans l’enceinte du Parlement. Une revendication rappelant que les lieux de pouvoirs ont été pensés sans les femmes.

Elles sont issues de tous les partis politiques qui composent le Parlement mais elles font face au même malaise. 58 députées japonaises ont signé une pétition, à laquelle s’est jointe la Première Ministre Sanae Takaichi. Elles réclament l’augmentation du nombre de toilettes dans l’enceinte du Parlement.
Deux cabines de toilettes pour 73 élues
Actuellement, les locaux de la chambre basse du Parlement comptent 12 espaces de toilettes pour hommes, soit 67 cabines individuelles, contre neuf espaces de toilettes pour femmes, soit 22 cabines, comme le comptabilise le quotidien japonais Yomiuri Shimbun.
Par ailleurs, seulement deux cabines de toilettes sont situées à proximité de la salle principale des séances plénières, où siègent 73 élues. « [Avant] le début des séances plénières, énormément de députées doivent faire de longues files devant les toilettes », déplore Yasuko Komiyama, du Parti démocrate constitutionnel du Japon (centre gauche), aux journalistes.
La politique japonaise se féminise
Il faut dire que le bâtiment a été construit en 1936, soit neuf ans avant que les Japonaises obtiennent le droit de vote en décembre 1945. Que les femmes accèdent aux instances de pouvoir était encore loin d’être une réalité.
Aujourd’hui, les institutions se féminisent. En 2024, 72 députées ont été élues, soit 15% sur les 465 députés. Si la parité est loin d’être atteinte, la part de femmes progresse puisqu’en 2021 seulement 45 femmes avaient été élues. Par ailleurs, sur les 248 membres de la chambre haute, 74 sont des femmes. Autre plafond de verre brisé : en 2025, Sanae Takaichi devenait la première femme à occuper le poste de Première ministre… mais la politique ultra conservatrice et réactionnaire de la candidate, issue du Parti libéral-démocrate (PLD), est loin d’être féministe. Durant sa campagne, elle avait promis de nommer un gouvernement paritaire calqué sur le modèle « scandinave ». Désillusion : seulement deux ministres sur 19 sont des femmes.
La pétition des députées japonaises rappelle que l’intime est politique. À travers le manque de toilettes pour femmes, c’est bien l’accès des femmes aux postes de pouvoir qui est entravé.
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