Accueil Politique & SociétéÉducation Pas de physiciennes ? Alerte en Angleterre

Pas de physiciennes ? Alerte en Angleterre

par La rédaction

physicsL’Institute of Physics britannique dépeint un « tableau alarmant d’un paysage éducatif inégal » : dans la moitié des lycées anglais, aucune fille n’étudie la physique.


 

Les écoles mixtes du pays sont 49% à ne compter aucune fille étudiant la physique dans le cadre du ‘A-level’ (1). Globalement, les lycéens anglais qui étudient la physique sont à 80% des garçons, à 20% des filles. C’est la quatrième matière la plus populaire auprès des garçons, la 19ème seulement auprès des filles.

Et cette situation perdure depuis 20 ans, déplore le rapport de l’Institute of Physics (IOP), publié mercredi 3 octobre et intitulé « C’est différent pour les filles : l’influence de l’école » (ici en anglais). Pour ses auteurs, « il y a clairement quelque chose dans la physique, ou dans la façon dont elle est perçue, qui décourage les filles ».

D’autant qu’on ne retrouve pas cette inégalité dans les autres sciences : le rapport filles/garçons est de 50/50 dans les cours de chimie, et les filles sont majoritaires (55%) dans ceux de biologie. Dans les écoles non mixtes, de filles, elles sont également plus susceptibles de se tourner vers la physique.

Masterchef à la rescousse

Pour le président de l’IOC, Sir Peter Knight, « la perception de la physique se forme bien en deçà de la salle de classe : le professeur d’Anglais qui regarde une fille de travers parce qu’elle s’intéresse à la physique, ou l’absence de physiciennes à la télévision, par exemple, jouent un rôle dans l’idée que les filles se font de cette matière » – une récente étude menée aux Etats-Unis soulignait un « biais sexiste » préjudiciable aux femmes à l’entrée des laboratoires.

Dans son rapport, l’association adresse des recommandations au gouvernement, aux responsables éducatifs et aux parents, pour contrer les stéréotypes qui laissent entendre que « la physique, c’est pour les garçons ».

L’IOC en profite pour mettre en avant une figure médiatique. Aki Matsushima, ancienne candidate de l’émission Masterchef en Grande-Bretagne, explique dans une vidéo éditée par l’institut le lien entre son doctorat en physique et son travail en cuisine. De son côté, l’Académie des sciences britanniques a récemment lancé un projet pour étoffer les articles consacrés aux femmes de science sur Wikipedia.

 


(1) Le ‘A-level’ équivaut aux deux dernières années de lycée, pendant lesquelles les élèves choisissent d’étudier 4 à 6 matières, sur lesquelles portera l’examen correspondant au baccalauréat.

En France, la situation est différente puisque la physique, accolée à la chimie, est obligatoire pour les candidats au bac scientifique. 40% des élèves en terminale scientifique sont des filles, et elles sont 46% des élèves ayant opté pour la spécialité physique/chimie.

 

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3 commentaires

Lili 4 octobre 2012 - 15:05

En France, le taux de garçons dans les séries littéraires est assez proche de celui des physiciennes anglaises… De quoi s’inquiéter chez nous aussi !!

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arnaudbihel 4 octobre 2012 - 16:26

« Lili »
En France, le taux de garçons dans les séries littéraires est assez proche de celui des physiciennes anglaises… De quoi s’inquiéter chez nous aussi !!

On évoquait ici ce « fossé de la lecture » : http://www.lesnouvellesnews.fr/entre-filles-et-garcons-le-fosse-de-la-lecture

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Lili 5 octobre 2012 - 08:33

En effet, merci !! (je l’avais lu en plus, mais j’avoue que j’avais oublié… ;-( )

Sur l’article, c’est bizarre ce fossé particulier qui ne se trouve pas en chimie ou en maths.

D’ailleurs en France il y a pas mal de filles dans le facs de Biologie (et plus de filles que de garçons dans les écoles d’agronomie et agriculture depuis quelques années), alors que c’est éminemment scientifique… J’avoue que ça m’a toujours étonné.

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