Accueil Politique & SociétéÉducation Pas de progrès pour l’égalité à la sortie des grandes écoles

Pas de progrès pour l’égalité à la sortie des grandes écoles

par La rédaction

Moins bien payées, plus précaires : les jeunes femmes qui sortent d’une grande école d’ingénieur ou de management n’ont toujours pas les mêmes chances que leurs homologues masculins, selon la dernière enquête de la Conférence des Grandes Écoles.


 

« Il faut noter que les disparités hommes/femmes persistent » : voilà ce que constatait le Directeur Général d’HEC Paris, il y a un an, en introduction de l’enquête annuelle de la Conférence des Grandes Écoles sur l’insertion professionnelle des jeunes diplômé(e)s (Voir : Les diplômées des grandes écoles, plus précaires que les diplômés).

Le même, un an plus tard, pour la sortie de l’édition 2013 de cette enquête, renouvelle ce constat, et en appuyant plus fort encore : les chiffres de l’insertion des jeunes femmes diplômées des grandes écoles, « malgré les signaux d’alertes régulièrement émis depuis de nombreuses années et les mesures récemment prises, stagnent en comparaison de leurs homologues masculins. »

Probabilité d’être en recherche d’emploi une fois et demie supérieure chez les femmes

De fait, note l’enquête 2013, « les différences entre les indicateurs d’insertion des femmes et des hommes n’évoluent pas. Les indicateurs féminins sont systématiquement inférieurs aux masculins avec des écarts comparables à ceux que nous observions les années précédentes. »

Sur un marché de l’emploi en crise, ces jeunes diplomé-e-s ne sont certes pas à plaindre : ils sont plus de 80% à avoir trouvé un emploi à leur sortie de l’école. Mais la différence sexuée est sensible : 19 % des jeunes ingénieures et manageuses de la promotion 2012 sont en recherche d’emploi ; ils sont 13 % parmi leurs homologues masculins. Soit une probabilité d’être en recherche d’emploi une fois et demie supérieure chez les femmes.

3/4 des hommes obtiennent un CDI contre 2/3 des femmes

Certes, ce rapport « se réduit avec l’ancienneté sur le marché du travail ». Mais les différences salariales, elles « ont tendance à croître ». Les diplômés masculins de la promotion 2012 gagnent en moyenne 3 000 euros de plus par an que les diplômées féminines. L’écart monte à 4 000 euros chez les diplômés de la promotion 2011. Le creusement de l’écart salarial tient notamment aux primes, qui profitent davantage aux hommes.

Les différences se font également sentir en fonction du type de contrat. Le constat n’est pas non plus nouveau : c’est celui d’une « précarité plus élevée de l’emploi des femmes » : 3/4 des hommes obtiennent un CDI contre 2/3 des femmes. Les femmes sont deux fois plus nombreuses que les hommes en contrat à durée déterminée (CDD), et ces contrats sont en moyenne plus courts. Elles sont également plus fréquemment en intérim.

 

 

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2 commentaires

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Lili 19 juin 2013 - 09:17

Il serait intéressant de creuser la question et comprendre les raisons de ce fait.
Je note en introduction du rapport, que les femmes-ingénieures sont très concentrées dans certaines écoles :

« Elles représentent 29,4 % des ingénieurs diplômés en 2012 contre 29 % en 2011. Elles se concentrent dans des écoles bien particulières :
– 17 écoles d’ingénieurs dépassent la proportion de 60 % de femmes et forment 23 % des ingénieurs-femmes et seulement 5 % des ingénieurs-hommes.
– 55 % des ingénieures ont été diplômées en 2012 dans une école accueillant plus de 40 % de femmes ; ces écoles représentent 14 % des ingénieurs hommes.
Cette spécialisation par sexe ne se rencontre pas dans les écoles de management. »
(P14 du rapport)
Il serait intéressant de connaître le secteur d’activité et le « niveau » de ces écoles, et la qualité de l’insertion professionnelle des hommes qui en sortent. Ca peut aussi expliquer certains chiffres.

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arnaudbihel 19 juin 2013 - 09:54

@lili
Oui, les explications sur les chiffres sont multiples (nous les détallions davantage dans notre article l’année passée : http://www.lesnouvellesnews.fr/les-diplomees-des-grandes-ecoles-plus-precaires-que-les-diplomes).
Il y a entre autres le fait que les femmes se tournent davantage vers le public, et la spécialisation des métiers, les hommes se tournant davantage vers les plus rémunérateurs. Mais globalement, on constate dans toutes les situations des écarts de salaires en faveur des hommes.

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