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Patron papa, patron généreux ?

par La rédaction

Surtout avec lui-même… Au contraire, la naissance de l’enfant d’un PDG affecte souvent négativement les salaires des employés. Le sexe de l’enfant a une forte influence.


 

C’est LeMonde.fr qui a repéré cette étude publiée dans le numéro de décembre de la revue Administrative Science Quarterly (voir l’étude complète en anglais).

Les dirigeants d’entreprises (en tout cas au Danemark) s’octroient par l’intermédiaire de leur conseil d’administration une augmentation à la naissance de leur premier enfant. Mais le sexe du bébé influe fortement sur la hauteur de cette augmentation, presque du simple au double : elle est de 6,4 % en moyenne si c’est un garçon… et de 3,5 % si c’est une fille.

Et on observe l’effet inverse sur la générosité du patron à l’égard de ses employés. Les auteurs de l’étude y voient la conséquence logique d’un instinct de conservation familial : le patron est « incité à conserver les ressources de sa société pour lui-même et sa famille, au détriment de ses employés, en réduisant leurs salaires ou en les augmentant moins qu’il l’aurait fait » s’il n’avait pas eu un enfant.

Mais là encore les conséquences varient selon le sexe du nouveau-né. Selon l’étude, le PDG paie « moins généreusement » ses employés s’il devient père d’un garçon. Si c’est une fille, l’influence négative est moindre.

Le sexe des employés entre également en jeu : le salaire des femmes se trouve « moins affecté » que celui des hommes après la naissance de l’enfant du patron. Elle peuvent même espérer une augmentation s’il s’agir du premier enfant du PDG. Surtout si c’est une fille.

Globalement, l’étude observe que « le premier enfant active la générosité du PDG à l’égard des femmes et qu’une première fille active sa générosité à l’égard de tout le monde ».

 

 


 

L’étude a été menée entre 1996 et 2006 auprès de chefs d’entreprises au Danemark. Plus de 1300 d’entre eux, dans le panel, sont devenus pères pendant cette période. « Nous ne savons pas si les résultats de l’étude peuvent être généralisés à des pays non-Scandinaves », soulignent ses auteurs.


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3 commentaires

vdf 20 décembre 2012 - 09:59

On peut noter l’effet inverse pour la perennité des entreprises:
non,les enfants des patrons ne sont pas des privilégiés;en France,ils souffrent de l’absence de leur père et l’épouse est souvent garante indirecte de la survie des emplois par une aide matérielle souvent réelle avec un salaire gagné ailleurs ou pour pallier l’absence du père.Voyez du côté des PME

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Ann 20 décembre 2012 - 13:39

Une étude américaine faite au Danemark et dont des extraits avaient été publiés dans la presse il y a environ deux ans était censée démontrer que les PDG deviennent un tout petit peu féministes quand leur progéniture est une ou des filles.
( désolée , je n’ai pas garder les coupures de presse)
Ce grand bout d’eux-mêmes les étonnait soudain par son intelligence et ses talents. Ce qui ne leur était pas arrivé en voyant vivre et évoluer leurs mères ou épouses !!!
Dans cette étude on présentait le Danemark comme le pays le plus dénué de préjugés sexistes .
Avis

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hic 21 décembre 2012 - 10:30

Autant pour la fumeuse et fameuse théorie du ruissellement…

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