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Petite enfance, « l’enfer » américain

par La rédaction

Les États-Unis peuvent-ils se doter d’un système décent d’accueil des jeunes enfants ? Le débat – accompagné de l’inévitable exemple français – resurgit dans la presse US.


 

Dans un long article publié lundi 15 avril sur le site du magazine New Republic, Jonathan Cohn dénonce « l’enfer de la garde des enfants » aux États-Unis. Dans le pays, « bien que les rapports au travail et à la vie familiale aient profondément changé au cours des dernières décennies, il n’existe toujours rien qui ressemble à un vrai système d’accueil de la petite enfance », déplore le journaliste. Quand les places existent, leur coût est prohibitif pour les plus pauvres. En Californie, par exemple, le coût d’une place équivaut à 40% du revenu médian d’une mère célibataire.

Et Jonathan Cohn de mettre en avant l’exemple français, avec ses crèches et ses écoles maternelles, idéalisé outre-Atlantique. Il est loin d’être le premier. Vingt ans plus tôt, rappelle-t-il, le correspondant du New York Times à Paris Steven Greenhouse osait ce parallèle : « Comparer les systèmes français et américain, c’est comme comparer un millésime de Château Margaux et une bouteille de vin américain à 4$ ».

Résistance

Ce deuxième mandat de Barack Obama sera-t-il l’occasion de progresser ? En février, dans son discours sur l’état de l’Union, le président US a annoncé vouloir développer la pré-scolarisation, alors que moins de 30% des enfants de 4 ans ont aujourd’hui accès à une éducation dite « de qualité » (Voir : Obama veut l’école pour tous à 4 ans). La patronne de la minorité démocrate au Sénat, Nancy Pelosi, soutien cette volonté de « faire pour la petite enfance ce que nous avons fait pour la santé ». Mais ce plan est estimé à 75 milliards de dollars sur 10 ans, et censé être financé par une hausse des taxes sur le tabac, « ce qui lui promet de rencontrer une sérieuse résistance politique », note Jonathan Cohn.

Et ce système « n’apportera toujours rien aux parents d’enfants de moins de 3 ans », souligne pour sa part Jessica Grose, qui revient sur ce débat sur Slate.com. Tous deux mettent par ailleurs en avant un autre point noir majeur du système : la ridicule gratification des personnes qui travaillent dans le secteur de la petite enfance. Leur salaire est inférieur de 40% à celui des autres travailleuses ayant un même niveau d’éducation.

 

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