L’ex-journaliste star, accusé de viols, a retiré une plainte en diffamation contre le journal Libération. Un pas en avant dans la lutte contre l’impunité mais « parler reste un combat » écrit Hélène Devynck.
Patrick Poivre d’Arvor (PPDA) a retiré sa plainte contre le journal Libération mercredi 5 juin. Accusé de viol par une quarantaine de femmes, il avait attaqué en justice le journal en 2022. PPDA portait plainte pour diffamation après que ce journal avait donné la parole à ces femmes dans ses colonnes fin 2021. Huit femmes racontant des viols, des agressions et du harcèlement sexuel commis par l’ex-présentateur vedette du journal de TF1.
Riposter à des accusations de viol par une plainte en diffamation est une procédure bâillon qui a longtemps fonctionné pour intimider les victimes. PPDA a tenté d’être discret en retirant sa plainte pendant que l’actualité était par ailleurs foisonnante. Raté ! Les médias en ont parlé. Et ce n’est pas la première fois qu’il se défile. Il avait déjà retiré une plainte pour diffamation contre le journal Le Parisien, qui avait publié le témoignage de Florence Porcel lorsqu’elle avait accusé, pour la première fois, PPDA de viol en février 2021.
Des plaintes instruites, d’autres classées
Florence Porcel dénonçait des viols commis en 2004 et 2009. PPDA a été mis en examen pour les faits datant de 2009, et placé sous le statut de témoin assisté pour ceux de 2004 en raison de la prescription.
Concernant les autres accusations, une information judiciaire a été ouverte fin 2021, puis élargie à deux viols et à une agression sexuelle commis entre 2007 et 2018 et dénoncés par trois femmes différentes. Mais les plaintes de dix-neuf femmes ont été classées fin février pour prescription. Cependant, ces plaintes devraient être utiles dans les autres enquêtes en cours. La justice prenant en compte un principe de «sérialité».
« Parler reste un combat. »
Ainsi, petit à petit, la justice évolue. Les classements pour « faute de preuves » ou pour « prescription » ne sont plus aussi simples qu’avant. L’attaque en diffamation n’est plus une procédure bâillon systématique mais il este encore beaucoup à faire.
Hélène Devynck, l’une des femmes ayant dénoncé PPDA , autrice de « Impunité » (Seuil) remercie l’équipe du journal Libération qui, en 2021 a « pris le risque de nous soutenir quand nous étions au creux de la vague, classées sans suite. » Mais elle précise sur X : « Nous sommes encore 16 à être attaquées pour dénonciation calomnieuse. Parler reste un combat. »
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