Accueil Politique & SociétéÉducation Racisme, sexisme, homophobie… les maux du « vivre ensemble » à l’école

Racisme, sexisme, homophobie… les maux du « vivre ensemble » à l’école

par La rédaction

C’est un rapport préoccupant que dévoile le journal Le Monde dans son édition datée du 18 août. Ce document confidentiel, qui sera remis au ministre de l’Education nationale à la rentrée, s’inquiète de la banalisation des discriminations à l’école. Qu’elles soient liées au handicap, au sexe, à l’orientation sexuelle ou à l’origine, elles témoignent d’une « détérioration du vivre ensemble ».



« Ce texte d’une soixantaine de pages, annexes comprises, a été rédigé par un groupe de travail de dix personnes qui a mené d’octobre 2009 à mars 2010 une cinquantaine d’auditions », explique Le Monde. Commandé par Luc Chatel, il doit lui être remis à la rentrée. L’entourage du ministre de l’Education, précise le journal, promet déjà « de nouvelles mesures ».

Des mesures nécessaires, à en croire le rapport. Face au racisme, à l’antisémitisme et la xénophobie, le document fait apparaître « une prise de conscience progressive » dans les établissements scolaires. Mais le positif s’arrête là. Car les experts ont également noté « une banalisation des injures et des actes ».

L’organisation de l’Ecole n’y est pas étrangère. En interne, elle présente un « risque de discrimination sociale et ethnique (…) par le biais de la composition des classes » . Mais aussi via des facteurs à grande échelle : l’assouplissement de la carte scolaire « a renforcé la ghettoïsation ». Le rapport évoque aussi les préjugés à l’égard des Roms, et les « diverses formes de repli communautaire ».


Les stéréotypes de genre sont tenaces


Les inégalités se retrouvent également dans les entraves à la mixité, et les stéréotypes sexistes qui restent fortement ancrés. Stéréotypes selon lesquels « les filles seraient, par nature, plus dociles, plus tournées vers la littérature et la communication, les garçons, par nature, plus dissipés, plus doués pour les sciences ». Un récent rapport européen dressait le même constat.

Et, souligne Le Monde, « le rapport note que les enseignants eux-mêmes » intègrent parfois ces stéréotypes. Et « cela a des conséquences sur la scolarité des filles : orientation biaisée et prévention à l’encontre des études scientifiques ».

Les filles sont aussi les premières victimes de violences. Cela apparaissait également à travers les forums Adolescences que nous évoquions ici.


Banalisation de l’homophobie


Autre phénomène, inquiétant, que pointe le rapport : les manifestations homophobes « ont tendance à se banaliser ». Et les conséquences peuvent être lourdes, rappelle Le Monde, citant l’entourage de Luc Chatel : « La première cause de mortalité chez les collégiens est le suicide. Et la première raison en est l’orientation sexuelle. »

A l’égard des élèves handicapés, enfin, « la discrimination est encore très présente », et se traduit notamment par « l’exclusion de certaines activités, voire d’enseignements ». En presque dix ans, le nombre d’enfants handicapés accueillis dans les établissements ordinaires a doublé, mais cela n’a pas fait reculer les préjugés. Les parents « craignent que la présence d’un élève handicapé dans la classe n’induise une moindre performance scolaire de leur enfant », note ainsi le rapport.


Lire l’article publié sur lemonde.fr. L’intégralité de l’article publié dans Le Monde est réservée aux abonnés du site.



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8 commentaires

Euterpe 18 août 2010 - 04:59

« Mesures » oui mais lesquelles ? Le remède pourrait bien être pire que le mal si ces mesures sont du type de celles préconisées par le gouvernement actuel en matière de sécurité, par exemple :sigh:

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agnes.maillard 18 août 2010 - 08:27

A priori, le rôle même de l’école étant justement d’éduquer et éduquer, La priorité pédagogique devrait être précisément de commencer par tordre le cou au préjugés.
Après, il faut cesser de considérer l’école comme un sanctuaire dans la cité, où tout le monde laisserait à l’entrée son appartenance au corps social. L’école est aussi le reflet des dysfonctionnements de notre société : les ségrégations spatiales s’y retrouvent, ainsi que l’ensemble des représentations sociales négatives qui sont véhiculées quotidiennement dans les familles, les médias et les différents groupes sociaux.
Le plus inquiétant, dans tout ça, c’est que le professeurs eux-mêmes n’ont aucun recul et reproduisent les exclusions de l’extérieur.

Mais là aussi, il y a des choix dans leur recrutement et leur formation qui sont en train d’être faits…

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dzonkha 18 août 2010 - 19:55

Avant de commander un rapport sur la question du racisme, que le gouvernement commence par montrer l’exemple en balayant devant sa porte ! (CF. les propos de Brice Hortefeux sur les maghrébins, les propos de Grenoble, etc.); c’est d’une hypocrisie !
Pour ce qui est du sexisme, je suis encore stupéfaite de voir à quel point, les filles et le femmes ont encore bien trop souvent le second rôle dans les manuels scolaires, les dictionnaires et les histoires pour enfant en général où les stéréotypes d’un ancien temps sont toujours bien présents.
Exemple encore avec le manuel d’apprentissage de la lecture de mon fils en CP l’année dernière : sur dix histoires « étudiées » dans ce manuel, 1 seule avec une héroïne comme personnage principal (et encore c’était une princesse!), décidément, c’est pas gagné…

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saturnain 19 août 2010 - 14:33

Qques ptites remarques, rapport au sexisme.

– les stéréotypes masculins « enseignés » sont-ils tellement « supérieurs » aux féminins ? (je pense aux histoires pour enfants, les princes charmants sont quand même pas très futés), et qui pose alors ce jugement de « supériorité » d’un stéréotype par rapport à un autre ? Les gars acceptent peut être tout simplement mieux l’image neuneu qu’on leur renvoie, ma foi tant mieux pour eux.

– enfin quel mal y a-t-il à affirmer que la testostérone rend globalement plus agité ? pour le coup c’est scientifique chez tous les animaux

– Je lis dans un commentaire « le rôle même de l’école étant justement d’éduquer » : et bien non justement. C’est le grand malheur qui accompagna le renommage de l’Instruction Nationale en Éducation Nationale. L’éducation doit rester à la charge des familles, et l’enseignement à l’école. (d’ailleurs les écoles sont peuplées d’enseignants, pas d’éducateurs). Chacun son boulot – car les deux en sont de bien compliqués.

L’école n’est pas le lieu du remède à tout, mais c’est une magnifique loupe sur les problèmes d’éducation.

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agnes.maillard 20 août 2010 - 16:47

Merci Saturnain de touiller consciencieusement là où ça fait mal.

Effectivement, enseigner n’est pas éduquer, mais l’école est aussi le lieu d’apprentissage de la vie en société et à ce titre, elle éduque, surtout si on se place d’une point de vue républicain. Il y a alors l’idée que l’école est le creuset de la République, là où l’on dépasse les clivages de classes, là où l’on redonne de l’égalité de chance en palliant aux lacunes familiales.
Je peux ainsi évoquer l’unification linguistique qui s’est faite en marche forcée au début du 20e siècle, quand les enfants « désapprennaient » à l’école le patois parlé à la maison. Il y a eu aussi toute une période pédagogique et hygiéniste où les enfants avaient au moins un repas sain par jour et où on apprenait les bases de l’hygiène à ceux qui venaient de milieux défavorisés.

Cette mission globale de l’école s’est perdue en chemin pour n’être plus que le lieu où les plus adaptés pourront recevoir le savoir nécessaire pour avoir les bonnes places, pendant qu’on occupera les autres comme on pourra.
Un flagrant manque d’ambition, non?

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1. Identité et égalité pour vivre ensemble | Pearltrees 29 octobre 2015 - 16:53

[…] le code] Polémiques sémantiques[modifier | modifier le code] — Loi du 6 août 1942 « 2. Racisme, sexisme, homophobie… les maux du "vivre ensemble" à l'école – Les Nouvell…. Lutte contre les discriminations. C'est comme ça. Minefi […]

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