Accueil Politique Recherche sur l’embryon : cellules de crise à l’Assemblée

Recherche sur l’embryon : cellules de crise à l’Assemblée

par La rédaction
Embryon

Modélisation d’un embryon au stade de 8 cellules. Crédit : Anna Tanczos, Wellcome Images, sur Flickr

L’obstruction de l’UMP a empêché l’examen du texte visant à faire évoluer les conditions de la recherche scientifique sur l’embryon. Les religieux l’ont emporté sur les scientifiques.


 

L’Assemblée nationale n’a pas pu examiner, jeudi 28 mars, la proposition de loi sur l’embryon et les cellules souches embryonnaires, qui vise à faire évoluer le cadre de la recherche scientifique.

Le texte, porté par les radicaux de gauche et approuvé en décembre par le Sénat, prévoit que les recherches sur l’embryon seront désormais autorisées, mais strictement encadrées, « comme l’avait d’ailleurs recommandé le Conseil d’Etat en 2009 », rappellait Le Monde. Pour l’heure, c’est la situation inverse qui prévaut : la recherche sur l’embryon est interdite, mais assortie de possibles dérogations.

La majorité des scientifiques appelle de ses vœux une évolution, mais les réticences sont fortes dans le camp religieux. En toile de fond cette éternelle question : où commence la vie humaine ? Dès le stade d’un embryon composé de 8 cellules, comme ceux concernés par la recherche ? La campagne de communication « trompeuse » de la Fondation Jérôme-Lejeune, s’inscrivait dans l’opposition au texte.

Une campagne soutenue par les députés de l’opposition. C’est en raison de leur obstruction, par une manœuvre « absurde », comme le raconte Hélène Bekmezian du Monde, que le texte n’a pu être examiné jeudi 28 mars. En vertu des règles de l’Assemblée, il faudra attendre un an pour que la proposition de loi soit à nouveau examinée. A moins que le PS la reprenne à son compte.

 

 

Image : modélisation d’un embryon au stade de 8 cellules. Crédit : Anna Tanczos, Wellcome Images, sur Flickr

 

A VOUS DE JOUER

o Vous appréciez nos articles ?
o Vous voulez partager l’information pour que tout le monde ouvre les yeux sur l’inégalité des sexes ?
o Vous considérez que l’égalité dans les médias est la mère de toutes les batailles pour l’égalité ?
o Vous savez qu’un journal indépendant et de qualité doit employer des journalistes professionnels ?
Si vous avez répondu oui à une de ces quatre questions, faites un don pour financer l’information. Ce don est défiscalisé à 66 %. (Un don de 50 € vous coûte en réalité 17 €)

JE FAIS UN DON

3 commentaires

NR77 2 avril 2013 - 13:56

En plus des politiques économiques, sociales…l’Etat doit maintenant définir une politique biologique. Il doit le faire mais ne le fait pas; agissant par petites touches sans réelle cohérence. C’est un sujet extrêmement délicat et important puisqu’il s’agit de définir notre vision de l’évolution de l’humain. Et ensuite d’encadrer la recherche et les interventions. De fait, il n’est pas étonnant que des actions d’avancées en dehors d’un projet plus clair soient sujet à de l’obstruction par des députés déjà échauffés par les débats sur la PMA, GPA…Quant au Monde son parti pris pour les avancées biologiques sans réflexion lui fait perdre toute crédibilité. L’article de H Bekmézian est sans intérêt. Les commentaires eux, témoignent de la richesse des divergences et de la profondeur des clivages qui sont bien au delà des gauche/droite et des religions, même si ces dernières, bien sur, ont déjà des idées précises sur la question puisque c’est leur boulot.
Pour ceux qui s’intéressent à cette question fondamentale (LA question de notre siècle) , le livre « Humain » de Roger Pol Droit et Monique Atlan dresse un panorama de la situation actuelle et donne des éléments fort utiles.

Répondre
09 Aziza 8 avril 2013 - 10:31

On ne peut réduire ce que nous voulons faire de l’Humain à une posture idéologique; et ce qui devient techniquement possible n’est pas forcément un progrès.Ce n’est pas être « archaïque » de se poser des questions: une cellule humaine est elle un matériau comme un autre ?
Ces embryons sont bien issus d’un homme et d’une femme. Il faudrait demander aux députés: « accepteriez vous qu’un de vos embryons serve de terrain d’expérimentation? », cela replacerait peut être le débat dans des rails plus réalistes?

Répondre
M 15 avril 2013 - 12:25

« 09 Aziza »
On ne peut réduire ce que nous voulons faire de l’Humain à une posture idéologique; et ce qui devient techniquement possible n’est pas forcément un progrès.Ce n’est pas être « archaïque » de se poser des questions: une cellule humaine est elle un matériau comme un autre ?
Ces embryons sont bien issus d’un homme et d’une femme. Il faudrait demander aux députés: « accepteriez vous qu’un de vos embryons serve de terrain d’expérimentation? », cela replacerait peut être le débat dans des rails plus réalistes?

Certes…
Mais où est la différence entre avorter (jusque 12 semaines de grossesse en France) et se servir des embryons pour la recherche? Dans tous les cas le fond de la question n’est-il pas le même? Où commence réellement l’entité humaine?
En toute logique, si on considère qu’un embryon doit recevoir des égards dus à son caractère potentiellement humain, autoriser l’avortement devient de ce fait illogique.
Se poser des questions, oui. Mais attention… car qu’on le veuille ou non, puisque personne ne peut scientifiquement établir quand un amas cellulaires devient un être humain, toutes les interprétations sont ouvertes sur les idéologies les plus extrême, d’un côté comme de l’autre, avec des conséquences qui pourraient être effroyables (côté pro comme côté anti).

Répondre

Laisser un commentaire