Accueil Politique & SociétéFamilles Chez SFR, les homosexuels deviennent des parents comme les autres

Chez SFR, les homosexuels deviennent des parents comme les autres

par La rédaction

gaytravail_250x188L’opérateur téléphonique va accorder un congé « paternité » à ses salarié-e-s gays et lesbiennes. Un signal, encore rare, pour lever les tabous de l’homosexualité en entreprise.


SFR devrait mettre en place dès le mois de mars un congé de parentalité de 11 jours pour ses salariés gays et lesbiennes dont le conjoint vient d’avoir un enfant.

Quand l’entreprise devance la loi

« Nous nous sommes beaucoup battus pour expliquer à l’entreprise que le sujet devait être ouvertement abordé », explique Sylvie Fondacci. « L’argument qu’on entend le plus souvent est que l’orientation sexuelle relève de la vie privée. Mais pour tout le monde, la vie privée s’invite dans la vie professionnelle : le lundi matin, à la machine à café, tout le monde a envie de raconter son week-end…. sans avoir à changer le genre de sa compagne ou son compagnon ! »
SFR n’est pas la seule entreprise à faire ce pas vers ses salarié-e-s homosexuel-le-s. Dans le même temps, un grand hôtel de Nice ouvrait aux beaux-parents, hétéros ou homos, les mêmes droits qu’aux parents biologiques. Mais ces initiatives sont encore très rares.

C’est que, au-delà des réticences sociétales, ce choix a un coût financier pour l’entreprise : elle doit prendre en charge la totalité de l’indemnisation du congé. La Sécurité sociale, en effet, ne reconnaît pas le droit au congé paternité pour les conjoints homosexuels. Et la justice a récemment confirmé cette distinction : en mars 2010, la Cour de cassation déboutait un couple de lesbiennes, confirmant que seul le père biologique d’un enfant peut bénéficier de ce congé.

La police interpellée

« L’entreprise peut toujours faire mieux que la loi », clame la Directrice Générale des Ressources Humaines de SFR, Marie-Christine Théron, qui justifie ainsi sa démarche au Figaro.fr : « accéder à cette demande correspondait à une évolution normale de notre société ».

Mais même quand la disposition est prévue dans une entreprise, cela ne signifie pas forcément qu’elle est acceptée. Ainsi, dans la Police nationale, les lesbiennes peuvent bénéficier depuis 10 ans des 3 jours du congé d’accueil de l’enfant accordés aux pères. Mais cette « jurisprudence » n’existe dans aucun texte, et reste donc soumise au bon vouloir de la hiérarchie. Ainsi, pas plus tard que le 10 janvier dernier, une policière lyonnaise dont la compagne a accouché de jumeaux s’est vue refuser ce congé. Une discrimination dénoncée par l’association Flag, qui en appelle au ministre de l’Intérieur.

A VOUS DE JOUER

o Vous appréciez nos articles ?
o Vous voulez partager l’information pour que tout le monde ouvre les yeux sur l’inégalité des sexes ?
o Vous considérez que l’égalité dans les médias est la mère de toutes les batailles pour l’égalité ?
o Vous savez qu’un journal indépendant et de qualité doit employer des journalistes professionnels ?
Si vous avez répondu oui à une de ces quatre questions, faites un don pour financer l’information. Ce don est défiscalisé à 66 %. (Un don de 50 € vous coûte en réalité 17 €)

JE FAIS UN DON

4 commentaires

Berenice 14 février 2012 - 21:02

Enfin une bonne nouvelle, il faut savoir s’en contenter ^^

Répondre
NR77 16 février 2012 - 09:18

🙁
Je suis toujours étonnée que ces nouvelles sur l’homoparentalité soient accueillies comme des victoires pour les associations, un progrès pour la société et autres blablabla. Mais je remarque à quel point l’enfant est ignoré, comme s’il etait une abstraction, reduit à un objet de désir. En lisant les articles sur votre site et d’autres je me dis que vraiment les enfants sont la dernière des préoccupations de tous ces acteurs. À force d’aborder cette question sur le plan juridique,
On déshumanise.

Répondre
arnaudbihel 16 février 2012 - 15:25

@NR77, on pourrait retourner l’argument : dans la mesure où l’enfant a deux parents de même sexe, ne trouvez-vous pas meilleur pour lui que ces deux parents, plutôt qu’un seul, bénéficient d’un congé pour s’occuper de lui ?

Répondre
09 Aziza 22 octobre 2012 - 10:29

C’est une bonne chose que la compagne d’une dame qui a un(ou des)enfants ait un congé, et c’est même indispensable pour l’épanouissement de la mère et de l’enfant; mais ce congé ne devrait EN AUCUN CAS s’intituler « congé de paternité », sous peine d’un brouillage de repères ultérieur dans la tête de ce pauvre enfant! » Congé d’accueil de l’enfant », semble en effet prudent , et satisfaisant.
Ceci dit, attention à ces propositions de ces congés de maternité plus courts: c’est toujours la femme qui accouche et allaite, qui a besoin de repos. Et les femmes qui élèvent seules leur enfant? on va leur raccourcir leur congé sous le prétexte d’un père virtuel ?Certaines mesures sont contestables, comme le fait d’accorder le congé de paternité à un père qui n’a pas de projet de vie avec la mère. Cela coûte cher au contribuable.Si les parents sont dans cette situation, c’est qu’ils sont en conflit, et celui ci est réactivé par une proximité que les parents n’ont pas souhaitée. Toujours au détriment du bébé!

Répondre

Laisser un commentaire