Après un parcours judiciaire de 9 ans, le prédicateur Tariq Ramadan a été condamné à dix-huit ans de réclusion criminelle par la cour criminelle de Paris, pour des viols commis sur trois femmes. Une peine assortie de plusieurs mesures complémentaires.
Conformément aux réquisitions de l’avocat général, Tariq Ramadan a été condamné, mercredi 25 mars, à dix-huit ans de réclusion par la cour criminelle de Paris.
Celui qui se présente comme un islamologue suisse, ne s’est pas présenté à la justice française depuis l’ouverture de son procès, le 2 mars. En son absence, il a été reconnu coupable de tous les faits qui lui étaient reprochés, trois viols dont un aggravé, avec violences et sur personne vulnérable, commis sur trois autres femmes entre 2009 et 2016.
Mandat d’arrêt
La cour a aussi ordonné une mesure de suivi socio-judiciaire comprenant l’interdiction d’entrer en contact avec les victimes, et l’interdiction de réaliser toute œuvre visuelle ou littéraire concernant les faits. Elle l’a condamné à une interdiction définitive du territoire français une fois sa peine purgée et maintenu les effets du mandat d’arrêt décerné à son encontre le 6 mars. Tariq Ramadan est inscrit au Fichier des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes.
La peine est justifiée par l’« extrême gravité des faits » a précisé a cour. « Consentir à la sexualité n’est pas consentir à tout acte sexuel quel qu’il soit », a indiqué la présidente de la cour, Corinne Goetzmann. Tariq Ramadan avait d’abord nié les faits puis nié la contrainte. Dans ses motivations, la cour criminelle note une « négation de l’altérité » dans son comportement, une « annihilation » de l’humanité des victimes et une « entreprise de destruction psychologique des plaignantes ».
Absent
Le prédicateur islamiste avait, auparavant, essayé toutes les voies de recours possible pour échapper à ce procès qui a finalement eu lieu sans lui.
Lire : Tariq Ramadan sera jugé pour viols en France
Ses avocats avaient expliqué qu’il ne s’était pas présenté au procès en raison d’une hospitalisation pour une « poussée » de sclérose en plaques deux jours auparavant à Genève, en Suisse. Mais, une expertise médicale demandée par le tribunal avait estimé que son état de santé lui permettait de comparaître devant la cour criminelle. La demande de renvoi du procès par l’accusé avait donc été rejetée.
Tariq Ramadan, hospitalisé, échappe à la prison tant qu’il reste en Suisse, mais il risque une incarcération immédiate s’ils se rend dans l’espace judiciaire européen.
Aujourd’hui condamné à 18 ans de prison en France, il avait déjà été condamné par la justice suisse pour viol. Ses neuf ans de parcours judiciaire en France ont été émaillés de mensonges proférés parfois sur des tribunes complaisantes. (Lire : Protestations contre une nouvelle tribune offerte à Tariq Ramadan).

