Accueil Eco & SocialBien-être et richesses Toujours plus de femmes en sous-emploi

Toujours plus de femmes en sous-emploi

par La rédaction

La « baisse tendancielle de l’augmentation du nombre de chômeurs », selon la formule du président-candidat, ne concerne pas toutes les catégories de demandeurs d’emploi. Et surtout pas les femmes en activité réduite.


 

Les derniers chiffres du chômage en France, publiés lundi 26 mars, font état de deux tendances distinctes pour les femmes. Sur un mois, le nombre de demandeuses d’emploi en catégorie A (qui n’ont pas du tout travaillé) est en léger recul. Sur un an, la hausse du chômage des femmes (+6%) est légèrement plus faible que chez les hommes. Dans cette catégorie les hommes ont été, depuis 2008, les principales victimes de la crise.

Mais les chiffres montrent dans le même temps que la tendance au sous-emploi chez les femmes ne s’améliore pas. Il s’agit là des catégories B et C des statistiques du chômage : les personnes en activité réduite et tenues de chercher un emploi. Alors que la courbe se stabilise depuis quelques mois chez les hommes, la tendance à la hausse qui a débuté en 2009 se poursuit pour les femmes : + 7% sur un an.

Graphique : Demandeurs d’emploi inscrits fin février à Pôle emploi en catégories B, C (par sexe, en milliers). Sources : Pôle emploi, Dares.

emploifemmesmars

Le 8 mars, l’INSEE relevait qu’il y a « toujours plus de femmes à temps partiel et en sous-emploi » en France. En 20 ans, la proportion de femmes à temps partiel est passée de 24 à 31 %.
En 2010, 9 % des femmes sont en sous-emploi, trois fois plus que les hommes. Une situation structurelle, qui « s’explique notamment par le fait qu’elles sont beaucoup plus soumises aux contraintes liées à la conciliation entre vie familiale et vie professionnelle. Elle est aussi liée aux types d’emplois qu’elles occupent : le recours au temps partiel est fréquent dans les métiers peu qualifiés du tertiaire, exercés surtout par des femmes. »

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La tendance est la même un peu partout en Europe. « Les hommes ont été plus directement touchés par la crise et par les licenciements économiques qu’elle a entraînés ». Mais les répercussions pour les femmes, si elles sont moins visibles, sont tout aussi néfastes. Fin février, l’Organisation internationale du travail (OIT) observait que « les femmes employées dans des secteurs à prédominance masculine ont souvent été les premières à être licenciées. Elles ont été aussi, plus que les hommes, victimes de réductions de salaires. » Au Royaume-Uni, par exemple, « il semble que la crise ait contribué à stopper la réduction en cours de l’écart de rémunération entre hommes et femmes ».
Comme le Parlement européen dès la fin 2010, l’OIT s’inquiétait aussi des conséquences prévisibles des mesures d’austérité : « les réductions de postes et de salaires dans le secteur public et dans les services, où les femmes sont majoritaires, toucheront essentiellement les femmes ».

 


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