Un grand emprunt pour les campus

par Isabelle Germain

empruntMi-figue mi-raisin. Le grand emprunt qui devait remettre la France sur de bons rails avec des investissements stratégiques pour l’avenir a du mal à convaincre. Alors que Michel Rocard et Alain Juppé ont rendu aujourd’hui à Nicolas Sarkozy les propositions de la commission qu’ils ont présidée, les doutes s’expriment.


  

D’abord le montant décevant : 35 milliards d’euros alors que plus du double avait été évoqué. Mais ainsi l’emprunt ne risque pas trop d’affaiblir la notation « Aaa » de la France, c’est-à-dire la note accordée à la dette publique, ainsi que l’a affirmé l’agence de notation financière anglo-saxonne Moody’s. Ensuite l’emprunt sera levé exclusivement via un appel au marché et non par un recours aux particuliers. «  Je ne comprends pas pourquoi on s’acharne à préférer la solution la plus coûteuse » a ironisé Michel Rocard qui fait observer que l’Etat économise notamment les déductions d’impôts qu’il aurait accordé aux particuliers.

Côté priorités stratégiques, les investissements se concentreront essentiellement sur l’université et la recherche, secteur par ailleurs mal traité par les finances publiques ces dernières années. 16 milliard d’euros y seront consacrés. Il s’agit d’investir dans l’économie de la connaissance. Michel Rocard déplore le manque d’intérêt des bacheliers pour les sciences exactes et veut lancer un « processus historique sur une longue période » de retour vers ces sciences. Il veut réunir sur un même campus des chercheurs et étudiants de haut niveau et compte sur l’effet cafétéria :« pour inventer, il faut se rencontrer, échanger » affirme-t-il. 5 à 10 pôles d’excellence devraient voir le jour. Reste aussi à faire en sorte que les chercheurs formés sur ces campus désormais plus riches ne soient pas tentés d’aller voir si l’herbe n’est pas plus verte à l’étranger.

 
 
Partager cet article

Laisser un commentaire