L’Arcom a jugé recevable une saisine concernant le podcast masculiniste du « Raptor ». Jusqu’ici, les podcasts échappaient aux lois empêchant la propagation de la haine.
Le Raptor, de son vrai nom Ismaïl Ouslimani, est un youtubeur d’extrême droite qui s’est fait connaître à partir de 2015 en diffusant des vidéos viriliste, antiféministe, masculiniste, racistes, homophobes, climatosceptiques… Il tenait, comme beaucoup d’ « influenceurs » d’extrême droite, des propos qui auraient été interdits sur des médias classiques. La loi pose en effet comme limite à la liberté d’expression, l’incitation à la haine. Mais son application dans les médias en ligne n’est pas encore effective.
En 2023, alors que sa chaîne Youtube compte 700.000 abonnés, une de ses vidéos, réalisée en direct est restreinte. L’influenceur va alors infuser ses idées d’extrême droite via un podcast baptisé « 10.000 pas » Puis il reprend Youtube en 2024 pour prétendre que le réchauffement climatique est une « arnaque mondiale ». Son podcast se hisse parmi les 50 podcasts les plus écoutés sur Spotify en 2025 en France. Il tient toujours des propos qui seraient sanctionnés ailleurs, les podcasts n’entrant toujours pas dans le périmètre du régulateur de l’audiovisuel.
Régulation tardive
Mais le quotidien Le Monde a appris qu’un épisode du podcast de Raptor, « Les Frances parallèles » diffusé le 31 août 2025 et toujours en ligne, « a fait l’objet de la première saisine de l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) pour un podcast ». Et surtout, « L’Arcom a jugé cette requête recevable, et l’instruira dans les prochaines semaines. »
Pourtant, l’Arcom n’est pas supposée réguler les podcasts. Mais elle anticipe : actuellement, la directive européenne sur les services de médias audiovisuels donne des compétences à l’Arcom seulement en matière de vidéos, mais elle devrait prochainement élargir ces compétences à l’audio. En outre l’Arcom explique dans Le Monde que les podcasts sont diffusés par des plateformes musicales « qui, elles, relèvent d’un autre texte, le Digital Services Act (DSA, le règlement européen sur les services numériques). Entre autres obligations, le DSA impose à ces hébergeurs de fichiers audio d’offrir à leurs utilisateurs le moyen de signaler des contenus qui leur paraissent problématiques. Si ceux-ci sont illicites (parce qu’ils incitent à la haine, contreviennent au droit d’auteur, etc.), les plateformes doivent les retirer. »
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