La Banque centrale européenne appelle des étudiantes à candidater à une bourse qui leur est réservée. Une tentative pour féminiser l’univers de la finance qui demeure largement masculin, malgré la présidence de Christine Lagarde.
Alors que la course à la succession de Christine Lagarde à la présidence de la Banque centrale Européenne (BCE) est lancée, des étudiantes européennes sont appelées à se porter candidates pour obtenir une bourse d’études. Objectif : former un vivier de femmes qui pourront atteindre un jour les sommets de la finance mondiale. L’appel propose des bourses « d’un montant de 10.000 € chacune à 15 femmes poursuivant des études de troisième cycle dans les domaines de l’économie, des statistiques, de l’ingénierie et de l’informatique. »
Cette aide cible des femmes qui sont sur le point de s’inscrire à un master au sein d’une université ou d’une école de commerce d’un établissement d’enseignement supérieur européen, et qui se trouvent confrontées à un déficit de financement
La bourse doit aider ces 15 personnes à financer leurs études mais aussi leur proposer des stages et un mentorat dispensé par un économiste de la BCE ou un expert dans le domaine de la banque. « Si votre candidature est retenue, vous aurez également l’occasion de découvrir les activités de la BCE en matière de banque centrale et de surveillance bancaire, ainsi que les perspectives de carrière que nous offrons » annonce l’appel à candidatures ouvert du 7 avril au 6 mai 2026 qui précise : « Cette bourse est spécialement conçue pour aider les femmes issues de milieux défavorisés, ressortissantes de l’Union européenne… »
Cette bourse, qui existe depuis 2019 a été créée pour féminiser un secteur qui en a cruellement besoin. Elle comptait seulement cinq lauréates, elle veut aujourd’hui en soutenir 15.
La BCE a longtemps été pointée du doigt pour être un boy’s club. Dans les années 2010, les critiques sur le faible nombre de femmes en sciences économiques et en haut lieu dans la BCE allaient bon train. Sans trop faire bouger les hommes. En 2011, Christine Lagarde, sur la chaîne américaine ABC, fustigeait l’excès de libido et de testostérone dans la finance
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Il a fallu attendre 2014 pour qu’enfin une femme casse l’entre-soi masculin.
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Mais quand Christine Lagarde a pris la présidence de la BCE en 2020, le directoire ne comptait que des hommes après la démission de celle qui avait été la première.
Deux nominations importantes de femmes ont accompagné la présidente française. Mais aujourd’hui, le directoire ne compte que deux femmes dont la présidente, et quatre hommes.
Et, alors que Christine Lagarde a laissé entendre qu’elle pourrait quitter ses fonctions avant la fin de son mandat en 2027, les candidats à sa succession commencent à se faire connaître : trois hommes selon Le Monde. Les noms de deux femmes sont avancés mais ce sont des Françaises, comme la présidente actuelle. Il est peu probable que l’institution européenne ne cherche pas à changer de nationalité à sa tête.

