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Viol ? Question en attente de réponse politique

par Isabelle Germain

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Le verdict des jugements pour viol en France pose problème et appelle une « réponse politique ». Enjeu : savoir recueillir la parole des victimes, savoir que céder n’est pas consentir ou que la répétition des viols ne vaut pas désir…


 

Le verdict rendu à Créteil pour les viols collectifs sur deux jeunes filles à Fontenay-sous-Bois entre 1999 et 2001 pose une question politique. Dix accusés acquittés, 4 autres condamnés à des peines allant de trois ans de prison avec sursis à un an ferme. (Lire : « Viol collectif : un verdict qui indigne ».) Même si le ministère public a décidé de faire appel, le problème demeure. Le doute bénéficie à l’accusé mais la justice se donne-t-elle les moyens de lever ces doutes ?

C’est la question que soulèvent les associations qui ont organisé un rassemblement devant le ministère de la Justice le 15 octobre dernier. Elles réclament que l’on forme mieux les personnels de police, de justice, les médecins, les magistrats… sur la question spécifique du viol.

La délégation qui a été reçue au ministère de la Justice pendant la manifestation a insisté notamment pour que soient prises «  des mesures pour pouvoir recueillir la parole des victimes, y compris si elle est incohérente, hésitante, avec des trous de mémoire », explique le collectif pour les droits des femmes. Les représentants du ministère ont entendu les revendications et vont en référer à la Garde des Sceaux. Ces associations attendent aussi une réponse à la lettre adressée au président de la République.

En finir avec les victimes considérées comme coupables

Pourtant, il y a urgence. 75 000 viols par an en France, 10 % de victimes qui portent plainte et 2 % d’agresseurs condamnés, rappellent ces associations.  Et toujours les mêmes obstacles : les difficultés pour la victime à être entendue, crue, à  apporter des preuves et l’éternelle manipulation des violeurs qui consiste à faire passer la victime pour une coupable.

Les travaux qui pourraient servir de base à la formation des personnels existent. D’abord sur la parole de la victime. Les travaux sur la mémoire traumatique et victimologie du Dr Muriel Salmona résumés dans la vidéo ci-dessous par « Le magazine de la santé » de France 5 expliquent pourquoi la parole de la victime peut être incohérente, sa mémoire incertaine…

Il est urgent aussi  d’intégrer que céder n’est pas consentir et qu’une victime peut céder sous la menace, la peur, l’état de sidération. Et s’il y a viol a répétition c’est souvent parce que la victime est paralysée par la peur ou par la menace, que ce soit dans le cadre familial, d’un viol collectif ou dans le cadre du travail.

À l’Association contre les violences faites aux femmes au travail (AVFT), Marilyn Baldeck n’a pas signé la lettre au président.  Elle approuve la démarche du collectif qui veut mobiliser l’opinion et faire réagir le gouvernement mais elle estime que le temps du débat est derrière nous, que les solutions sont à portée du gouvernement. A lui de faire passer des circulaires dans les administrations concernées pour  mieux recueillir la parole des victimes. L’AVFT s’interroge sur la mise en place de cours d’assises ne traitant que des cas de viol, les seules cours d’assises spécifiques qui existent aujourd’hui sont pour le terrorisme.

Mais ce soir du 15 octobre elle avait une raison d’être optimiste. Elle venait d’assister à une plaidoirie « extraordinaire » dans un procès pour agression sexuelle. L’avocat général remettait les choses à leur place. Quand l’accusé parlait de grivoiserie, il parlait de menace ; quand il évoquait de la séduction, il parlait d’agression ; là où il parlait geste déplacé, l’avocat général parlait de violence. Il a même remis en mémoire la situation « inappropriée » plaidée par Dominique Strauss-Kahn pour pourfendre ces stratégies d’euphémisation qui anéantissent tant de victimes. Ça a duré plus d’une heure, et c’était un homme, d’une soixantaine d’années, qui plaidait. Il a convaincu. Les stéréotypes dictent qu’une femme défendant une femme est moins convaincante, nous rappelle Marilyn Baldeck… Là aussi il y a du travail. Toujours est-il qu’à force de se battre sur le terrain du droit l’AVFT avance. Mais pour accélérer le processus une démarche du gouvernement est toujours attendue.

 

Lire aussi sur Les Nouvelles NEWS :

Viol collectif : un verdict qui indigne

Violeurs, police et parole des victimes

« Si les autres avaient pu parler, aurais-je été violée ? »

WikiLeaks… et le viol devient grave

Violeurs, police et parole des victimes

Violeurs inventent filles faciles

 

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30 commentaires

cih 18 octobre 2012 - 14:20

Je l’attendais, cet article. Je l’attends toujours sur d’autres journaux/médias internet payants.
J’ai cherché le témoignage de Baldeck dont vous parlez sur le site de l’AVFT, mais ne l’ai pas trouvé.

« Les stéréotypes dictent qu’une femme défendant une femme est moins convaincante, nous rappelle Marilyn Baldeck… »

A mettre en relation/(contradiction) avec cet article(http://www.causette.fr/articles/lire-article/article-475/sexisme-antima-les-au-tribunal.html) de causette ce mois-çi parlant du sexisme de la justice au détriment des hommes (avec citations de Welzer lang, connu pour ses positions pour le moins problématiques- http://lgbti.un-e.org/spip.php?article80-), et avec cet article de médiapart ( http://www.mediapart.fr/journal/france/040912/hommes-et-femmes-ne-sont-pas-egaux-devant-les-tribunaux ).

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rivi 18 octobre 2012 - 14:32

« céder n’est pas consentir »

Ben si, céder c’est consentir. Ma fille veut sortir avec des copines samedi soir, je ne suis pas très chaud, elle insiste fait le pressing, je cède.

Si le dimanche je la punis au motif qu’elle est sortie sans mon consentement, elle va me prendre pour un fou ou un tyran. Pareil pour les relations sexuelles. Une fille qui cède le samedi soir et crie au viol le dimanche matin est malhonnête. Elle était parfaitement consentante.

Tout le monde cède, en permanence, sur des tas de questions, même les plus puissants, parce que présenter des exigences initiales élevées fait partie du processus de négociation.

Pour 99,5% des gens céder c’est consentir. En expliquant à certaines filles paumées qu’elles ont été violées, alors qu’elles ont « cédé », vous les envoyez au casse-pipe.

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rivi 18 octobre 2012 - 14:35

« a répétition des viols ne vaut pas désir… »

La répétition des actes sexuels consentis mais sans désir ne vaut pas viol.

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Débafkisperd 18 octobre 2012 - 15:29

[quote name= »rivi »] »céder n’est pas consentir »

Ben si, céder c’est consentir. Ma fille veut sortir avec des copines samedi soir, je ne suis pas très chaud, elle insiste fait le pressing, je cède.

– cher Rivi, si votre fille que vous consentez à laisser sortir tombe sur un garçon qui la force à boire, la drogue ou la menace d’un couteau pour la violer (ce que je ne lui souhaite pas) elle cédera probablement , direz-vous qu’elle a consenti ?

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pluvalu 18 octobre 2012 - 15:30

« rivi »
« a répétition des viols ne vaut pas désir… »

La répétition des actes sexuels consentis mais sans désir ne vaut pas viol.

RIdicule et VIl, est-ce l’origine de votre pseudo?

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Lili 18 octobre 2012 - 16:43

« rivi »
« céder n’est pas consentir »

Ben si, céder c’est consentir. Ma fille veut sortir avec des copines samedi soir, je ne suis pas très chaud, elle insiste fait le pressing, je cède.

Si le dimanche je la punis au motif qu’elle est sortie sans mon consentement, elle va me prendre pour un fou ou un tyran. Pareil pour les relations sexuelles. Une fille qui cède le samedi soir et crie au viol le dimanche matin est malhonnête. Elle était parfaitement consentante.

Tout le monde cède, en permanence, sur des tas de questions, même les plus puissants, parce que présenter des exigences initiales élevées fait partie du processus de négociation.

Pour 99,5% des gens céder c’est consentir. En expliquant à certaines filles paumées qu’elles ont été violées, alors qu’elles ont « cédé », vous les envoyez au casse-pipe.

Petit tour dans un dictionnaire
Céder : abandonner, se laisser faire
Consentir : accepter, donner son accord, autoriser

Si vous ne voyez pas la différence entre autoriser et abandonner, révisez votre français avant de considérer que le viol, c’est de la faute de la victime. C’est insultant, limite incitation à la violence contre les femmes.

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rivi 18 octobre 2012 - 23:05

« Si vous ne voyez pas la différence entre autoriser et abandonner, révisez votre français avant de considérer que le viol, c’est de la faute de la victime. C’est insultant, limite incitation à la violence contre les femmes. »

La différence, elle existe dans ton dictionnaire. Devant un tribunal, c’est autre chose.

Céder, c’est finir par consentir.

Devant la loi, il n’y a que lorsqu’on cède à la menace qu’il s’agit d’un viol. Et lorsqu’on parle de menace, ce n’est pas un petit chantage au sentiment (« sinon je ne te parle plus »), mais plutôt des menaces de mort.

De toute manière il faudra des preuves devant un tribunal. Si la fille fait valoir qu’elle n’était « pas vraiment consentante » et qu’elle a simplement cédé à l’insistance du garçon, elle ne gagnera jamais, ce qui me paraît normal, car elle a fini par consentir.

Je crois avoir bien éduqué ma fille et lui avoir appris à limiter les risques. Elle ne fréquente pas le genre de bonhommes impliqués dans le procès des tournantes, elle sait qu’elle reste responsable de ses choix même si elle boit trois verres.

Répondre
maryse 19 octobre 2012 - 07:02

« rivi »
« Si vous ne voyez pas la différence entre autoriser et abandonner, révisez votre français avant de considérer que le viol, c’est de la faute de la victime. C’est insultant, limite incitation à la violence contre les femmes. »

La différence, elle existe dans ton dictionnaire. Devant un tribunal, c’est autre chose.

Céder, c’est finir par consentir.

Devant la loi, il n’y a que lorsqu’on cède à la menace qu’il s’agit d’un viol. Et lorsqu’on parle de menace, ce n’est pas un petit chantage au sentiment (« sinon je ne te parle plus »), mais plutôt des menaces de mort.

De toute manière il faudra des preuves devant un tribunal. Si la fille fait valoir qu’elle n’était « pas vraiment consentante » et qu’elle a simplement cédé à l’insistance du garçon, elle ne gagnera jamais, ce qui me paraît normal, car elle a fini par consentir.

Je crois avoir bien éduqué ma fille et lui avoir appris à limiter les risques. Elle ne fréquente pas le genre de bonhommes impliqués dans le procès des tournantes, elle sait qu’elle reste responsable de ses choix même si elle boit trois verres.

@rivi les filles bien élevées sont aussi violées, ça arrive. Ce n’est pas aux filles qu’il faut expliquer que « céder n’est pas consentir », c’est aux violeurs potentiels

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Marilyn Baldeck 19 octobre 2012 - 07:59

Quelques précisions sur mes « citations » :

– A propos de la composition des Cours d’Assises, l’AVFT ne plaide pas pour des « Cours d’assises spécialisées pour les viols », mais s’interroge sur la pertinence de faire juger certains viols, ceux qui sont les plus complexes à analyser (situations d’emprise, viols répétés) par un jury populaire. La compréhension des stratégies d’agresseurs et de leur effet sur les victimes nécessite des juges spécialement formés.

S’agissant de l’audience dont il est fait référence dans l’article devant la Cour d’appel de Paris :
* Je n’y « assistais » pas puisque je représentais la constitution de partie civile de l’AVFT (j’y plaidais donc, ce qui est une spécificité du mode d’intervention de l’AVFT).
* Il ne s’agissait pas d’une audience pour « harcèlement sexuel » mais pour agressions sexuelles et, derrière cette qualification juridique, un viol correctionnalisé, ces violences ayant été commises au travail.
* Ce n’est pas un « avocat » qui a fait une superbe plaidoirie, mais l' »avocat général », c’est-à-dire le représentant du ministère public et donc de l’Etat, qui a fait un réquisitoire incroyable. C’est bien pour cela que cette audience, dont le délibéré sera rendu le 27 novembre, était singulière.
* A propos de ce réquisitoire, je disais que le statut de l’avocat général, représentant de l’Etat, lui permettait de faire des analyses féministes des violences sans être taxé d’hystérie, d’agressivité et de démesure, ce contre quoi nous (juristes féministes) ne sommes jamais protégées.

mb

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isabelle germain 19 octobre 2012 - 08:27

@ Marilyn Baldeck
Merci pour vos précisions. Les résumés des journalistes sont toujours moins précis que les analyses des juristes. J’ai corrigé les erreurs et j’invite nos lecteurs à lire vos précisions et enrichissements de cet article et à en savoir plus sur le remarquable travail de l’AVFT ici http://www.avft.org/.

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Marie 19 octobre 2012 - 08:39

@ rivi : Le viol est malheureusement une des choses les plus uniformément réparties dans toutes les couches de la société, donc le « genre de bonhomme » impliqué dans des viols collectifs peut se retrouver partout. Et, @ maryse, votre commentaire est très juste : c’est toute une éducation aux garçons qu’il est nécessaire d’entreprendre sur du très long terme : non, c’est non.

J’ajouterais concernant les viols à répétition que la peur et la menace ne sont pas les seules composantes : il y a la fragilité psychique spécifique aux femmes, et notamment aux adolescentes. De par les schémas qui sont les nôtres dans la société actuelles, pour exprimer un mal-être profond (histoire personnelle, petite enfance, relations familiales, etc.), ces femmes se mettent souvent en danger sexuellement : derrière cet acte, on trouve des mécanismes de l’inconscient qui rappellent la relation spécifique des femmes aux notions d’intérieur/extérieur.
Cela signifie que les violeurs, parfois même sans menace, profitent d’un terrain psychologique défaillant chez la jeune femme. Ces situations sont donc malheureusement très compliquées mais c’est une réalité, et cela reste un viol.

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hic 19 octobre 2012 - 10:11

@maryse
et j’ajouterais, oui bouré-e, c’est non, et une hésitation, c’est non.

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rivi 19 octobre 2012 - 11:24

« il y a la fragilité psychique spécifique aux femmes »

Oui, d’ailleurs c’est parce qu’ils sont conscients de vos « fragilités spécifiques » que vos supérieurs mâles évitent de vous accorder des promotions. De peur que vous ne tombiez sous « l’emprise » de votre interlocuteur lorsque vous serez à la table des négociations.

Qui donnerait des responsabilités à une personne influençable, suggestible, intimidable? Qui donnerait des responsabilités à des femmes, connaissant « les schémas qui sont les (leur) »?

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Lili 19 octobre 2012 - 12:48

« rivi »
« il y a la fragilité psychique spécifique aux femmes »

Oui, d’ailleurs c’est parce qu’ils sont conscients de vos « fragilités spécifiques » que vos supérieurs mâles évitent de vous accorder des promotions. De peur que vous ne tombiez sous « l’emprise » de votre interlocuteur lorsque vous serez à la table des négociations.

Qui donnerait des responsabilités à une personne influençable, suggestible, intimidable? Qui donnerait des responsabilités à des femmes, connaissant « les schémas qui sont les (leur) »?

D’accord avec vous contre Marie, il faut arrêter avec la « fragilité spécifique » des femmes.

Par contre vous n’avez pas répondu sur la manière dont vous supposez qu’une personne (vous, votre fille, ou moi) est censée réagir quand 10 hommes se succèdent en la menaçant physiquement et qu’elle est violée. A vous entendre on ne devrait pas porter plainte parce qu’on a cédé…

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Trauma 19 octobre 2012 - 14:38

… C’est aussi se taire, se laisser faire par crainte de représailles d’un mari violent qui ne supporte pas que l’on se refuse à lui. C’est ne plus savoir dire non à force de matraquage psychologique, d’insultes, de pressions, de chantage, de menaces, de coups. On dit non les premières fois et à force de tout cela, à force de violences conjugales, quelle qu’en soit la forme, les fois suivantes, on les redoute tellement que l’on ne dit plus rien, on s’abandonne aux tortures de son bourreau pour éviter un oeil au beurre noir, une dent en moins, des insultes encore, et peut-être pour garder la vie sauve. Voilà, le viol, c’est aussi dans le lit conjugal.

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Jnet 19 octobre 2012 - 15:25

« rivi »
Céder, c’est finir par consentir.
Devant la loi, il n’y a que lorsqu’on cède à la menace qu’il s’agit d’un viol. Et lorsqu’on parle de menace, ce n’est pas un petit chantage au sentiment (« sinon je ne te parle plus »), mais plutôt des menaces de mort.

Oula, vous dites une énormité: juridiquement, le viol est « Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, menace ou surprise » La contrainte peut n’être matérialisée par aucun mot, aucune arme etc… Le jeune homme qui viole la jeune fille ivre morte ne la « force » pas nécessairement, au sens où vous l’entendez, mais il profite de l’altération de sa conscience et de sa capacité à consentir ou non.

Plus généralement, dans cette affaire épouvantable, je ne suis pas sûre que les magistrats et les jurés soient tous -ou forcément- ignorants du fait que le discours des victimes de viol est parfois partiel, erratique, flou, en raison du traumatisme qu’elles ont subi. Le problème c’est que pour établir la culpabilité, il faut des éléments tangibles et que, dès le moment de la plainte, 6 ans après les faits, ils sont très compliqués à réunir… Le procès était à huis-clos, on ne peut que conjecturer à partir des récits des uns et des autres, mais il me semble que la parole des victimes a quand même été entendue -imparfaitement, sans doute- par le tribunal car ceux des accusés qui avaient reconnus les rapports sexuels en les disant « consentis » ont été condamnés. C’est donc la parole des parties civiles qui a prévalu dans ces cas-là. Ensuite, on peut s’interroger sur le quantum des peines, mais c’est un autre débat (qui vaut pour énormément d’affaires de viol et d’agression sexuelle).

PS: @Isabelle Germain, je ne suis juriste de profession, mais il me semble que l’avocat général requiert/fait des réquisitions, et qu’il ne plaide pas. Mes excuses si je dis une bêtise.

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rivi 19 octobre 2012 - 15:57

« vous n’avez pas répondu… »

Ce genre d’affaires survient toujours dans des circonstances similaires : banlieue, racailles issues de l’immigration, apprentis délinquants. La fille les connaît, appartient + ou – au groupe. Parents démissionnaires.

Je ne fais pas partie de la population à risque. Ma fille non plus. Impossible que cela lui arrive.

Avant de se lancer dans une procédure judiciaire, il faut tenir compte des chances que l’on a de gagner et de l’impact qu’aura la démarche sur notre vie. La justice, comme la médecine, ne possède pas toujours la solution. Il faut parfois se résigner.

Il faut alors faire son deuil. Ou bien trouver une solution alternative. Tout comme ces malades désespérés qui s’adressent à des guérisseurs ou des magnétiseurs, certaines victimes choisissent de se tourner vers les justices parallèles.

https://www.youtube.com/watch?v=uDgSc_IZNn4

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hic 19 octobre 2012 - 16:46

« Je ne fais pas partie de la population à risque. Ma fille non plus. Impossible que cela lui arrive. « 

Dans quel aveuglement vous êtes…
Contrairement à ce que vous semblez croire (et qui est fortement véhiculé dans les médias, je vous l’accorde), les viols se produisent dans toutes les couches sociales dans une équivalence relative; ce qui varie, ce sont les condamnations, et les accusations; les personnes de milieu social modeste forment l’écrasante majorité des condamnés et accusés. Les violeurs de catégorie supérieur échappent en grande partie à la justice grâce à leurs moyens financiers et à l’ascendant de classe qu’ils ont sur la victime.

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Lola 19 octobre 2012 - 18:13

@Rivi, j’ai été violée à 16ans par un garçon de bonne famille, aujourd’hui étudiant en médecine, qui soignera peut-être votre fille un jour.
Arrivée dans une école parisienne prestigieuse à 18 ans, un autre garçon très gentil, très bien élevé et intelligent m’a agressée sexuellement.

Pourtant, ma mère m’avait bien appris à ne pas rentrer trop tard le soir, à ne pas rentrer seule, à éviter « le genre de bonhommes » accusés à Créteil, les « racailles et apprentis délinquants » que vous désignez. Hélas, ça n’a pas suffit.

Comme vous, elle pense encore qu’il ne m’arrivera jamais rien, ni à ma sœur. Hélas, c’est déjà trop tard.

Si vous faisiez un peu plus attention, vous trouveriez dans la presse de nombreuses – trop nombreuses – affaires de viol qui impliquent des gens qui pourraient être votre voisin, votre fils.

J’espère de tout cœur que votre fille ne vivra jamais ça. Et surtout, qu’elle n’aura jamais besoin de votre soutien dans une telle affaire. Lui diriez vous que s’il y a eu viol, c’est qu’à un moment elle a cédé, et donc qu’elle doit assumer ? Vraiment ?

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las vegas 20 octobre 2012 - 11:54

@lolale: J’admire beaucoup votre sérénité . Mais avez-vous porté plainte ?
Vous avez été victime d’un crime et vous semblez vous résigner . Vous êtes consciente que votre agresseur pourra causer d’autres dégats ( qui soignera peut-être votre fille un jour…) et vous ne faites rien pour l’en empêcher ?
Vous pouvez vous faire aider par l’AVFT mais ne laissez pas ces actes impunis!
Même recommandation @ traumale et à toutes celles qui sont victimes de violences ou de harcelement!
Sinon à quoi çà sert que les Nouvelles News se décarcassent?

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pluvalu 20 octobre 2012 - 12:08

@rivi

je doute que votre aveuglement phallocrate vous permettent de comprendre la teneur des liens qui suivent:

http://lesquestionscomposent.fr/les-aventures-de-yaka-et-yakapa/
(ça c’est pour les conseils à votre fille)

http://cafaitgenre.org/2012/08/18/joystick-apologie-du-viol-et-culture-du-machisme/
(ça c’est pour combler votre carence intellectuelle et culturelle)

Et sinon, à part troller, insulter et avilir les femmes, vous avez des activités un peu dignes, j’espère.

J’attends toujours la réponse: le pseudo rivi vous a-t-il été inspiré par les mots *ri*dicule et *vi*l?

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las vegas 20 octobre 2012 - 12:13

mon commentaire ci-dessiuss’adresse à LOLA et à TRAUMA

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Lola 20 octobre 2012 - 19:46

@ Las Vegas.
Oui j’ai porté plainte. Cette année seulement, 5 ans après les premiers faits dont je parlais dans mon premier commentaire.
L’affaire la plus récente a été classée sans suite, faute de preuves, et je pense qu’il en sera de même pour ce qui m’est arrivé au lycée…
Je savais que je n’avais aucun moyen de prouver ce qui m’est arrivé, mais comme vous j’ai pensé aux autres. Il FALLAIT que leurs noms soient écrits quoique part, pour aider les suivantes. J’espère qu’il n’y aura pas de suivantes, et qu’après être passés par un commissariat, ils se sont rendu compte de la gravité de leurs actes. Jamais ils ne pourront mesurer l’impact que ça a eu sur moi, mais j’espère qu’au moins ils ne recommenceront pas.

Vous me trouvez résignée, ce n’est pas le cas. C’est simplement difficile de trouver les mots et de poster un tel comm, surtout quand on lit des propos comme ceux de Rivi. Et c’est terrifiant, mais beaucoup de gens pensent comme elle, où qu’on aille… Ici au moins, je peux répondre.

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martin scriblerus 21 octobre 2012 - 06:14

@rivile

Petite propagande crassement xénophobe.

C’est que les rapports de domination de sexe et les cortèges d’agressions sur les dominées qu’ils impliquent, requièrent, cautionnent, approuvent, promeuvent, justifient, dissimulent, taisent et nient simultanément, peuvent servir aussi à légitimer et renforcer d’autres rapports de domination.
Femmes, non-blancs, pauvres, etc. Dans la pensée dominante, les dominé-e-s ont toujours tort: et il n’y a pas de raison de ne pas essayer de justifier les agressions qu’on s’apprête à commettre contre les uns, les discriminations qu’on leur impose, en leur faisant endosser celles qu’on inflige dans le même temps en permanence aux unes.
Et réciproquement.

C’est un confort de l’esprit dominant que l’on retrouve, avec quelques nuances de formulation, depuis l’extrême droite jusqu’à l’extrême gauche.

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rivi 21 octobre 2012 - 12:24

Je ne parlais pas du viol en général. Je sais bien qu’il y a des viols dans tous les milieux (pas avec la même prévalence ceci dit). Je parlais des « tournantes ». Je n’ai jamais entendu parler de tournantes ailleurs que dans un cadre banlieues-racailles.

@Lola
« Lui diriez vous que s’il y a eu viol, c’est qu’à un moment elle a cédé, et donc qu’elle doit assumer ? »

Non, le contraire : si elle a cédé, il ne s’agit pas d’un viol. Il n’y a viol que si l’homme était violent ou sérieusement menaçant. Dans ce cas-là il faut bien sûr porter plainte. Les regrets du lendemain ne suffisent pas à requalifier le consentement de la veille en viol. Si elle en éprouve le besoin, je lui conseillerais de s’adresser à un psychologue, mais pas à la justice. Cette dernière n’a rien à voir là-dedans, parce que la relation était consentante. On ne peut pas reprocher à l’homme de ne pas avoir su prédire que sa partenaire digérerait mal ce rapport sexuel. Sans compter que sa plainte n’aurait aucune chance d’aboutir. Il serait irresponsable de ma part de conseiller à ma fille de se lancer dans une aventure pénible et d’avance vouée à l’échec.

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maryse 21 octobre 2012 - 13:51

@rivi il y a des viols collectifs dans les milieux paysans dans les milieux bourgeois aussi et ça ne date pas d’aujourd’hui… Et la rhétorique des violeurs est la même, voire pire : elles était consentante, c’était une trainée et il faut qu’elle la boucle si non elle va foutre en l’air toute la famille des violeurs qui ont construit une petite vie bourgeoise entre le moment du viol et celui du procès…

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hic 21 octobre 2012 - 17:24

« rivi »
si elle a cédé, il ne s’agit pas d’un viol. Il n’y a viol que si l’homme était violent ou sérieusement menaçant. Dans ce cas-là il faut bien sûr porter plainte. Les regrets du

Ça vous amuse de troller ou quoi?
A quoi ça sert de polluer un fil et un site avec des commentaires aussi rétrogrades et irrespectueux?
Des gens comme vous, c’est triste à lire, et triste de savoir que ça existe.

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Marie 22 octobre 2012 - 09:05

@lili et @rivi

[quote name= »Lili »][quote name= »rivi »]

D’accord avec vous contre Marie, il faut arrêter avec la « fragilité spécifique » des femmes.

Je me suis sûrement extrêmement mal exprimée, rien à voir avec une fragilité spécifique chez toutes les femmes. Je parle de celles qui ont un psychisme fragilisé par des évènements extérieurs, je ne dis PAS et ne dirai JAMAIS que les femmes sont fragiles !! Bien entendu ! Mais cela reste vrai que, chez celles qui sont en souffrance psychique, on observe trop souvent une mise en danger sur le plan sexuel.
Voilà j’espère que c’est plus clair.

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Marie 22 octobre 2012 - 09:19

Voir les travaux de Xavier Pommereau, spécialiste des difficultés chez les adolescents.

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