Accueil Politique Yaël Braun-Pivet, première présidente de l’Assemblée nationale

Yaël Braun-Pivet, première présidente de l’Assemblée nationale

par Isabelle Germain

Première femme à être élue à ce poste sous la cinquième République, Yaël Braun-Pivet veut imposer une autre façon de faire de la politique. Et ne laisse rien passer du sexisme ordinaire.

« Qu’il est long et sinueux, le chemin de l’égalité entre les hommes et les femmes » s’est exclamée Yaël Braun-Pivet, élue présidente de l’Assemblée nationale mardi 28 juin. Elle est en effet un symbole de ce chemin long et sinueux en devenant la toute première femme à accéder au Perchoir sous la Ve République. Enfin ! Dans son allocution (en vidéo ici), elle a longuement tracé l’histoire de ces femmes qui ont eu tant de mal à se faire entendre dans l’Hémicycle et lui ont ouvert la voie.

Avec une femme Première ministre et même plusieurs présidentes de groupe à l’Assemblée Nationale, on en oublierait presque la baisse du nombre de femmes députées. (lire : NOUVEL HÉMICYCLE : MOINS DE FEMMES, DAVANTAGE DE FÉMINISTES) et que rien n’est jamais définitivement acquis pour l’égalité femmes-hommes.

Bien sûr il a été dit que les femmes sont appelées à la rescousse quand ça va mal. Et dans une Assemblée qui n’a pas su trouver de majorité franche, la tâche ne sera pas aisée. Mais la nouvelle présidente a fait de cette difficulté une occasion de rappeler quelques fondamentaux de la démocratie, laissés de côté quand une majorité acquise au président de la République se contente de voter des lois initiées par l’exécutif. « Il va falloir qu’on travaille ensemble, il va falloir chercher des majorités d’idées » et « on est tous comptables de cette action collectivement » a-t-elle déclaré quand son parti a perdu la majorité absolue à l’Assemblée nationale.

La titulaire du Perchoir veut imposer sa marque. Elle affirme que sa méthode de travail est « faite d’écoute » et de « co-construction », y compris avec les oppositions qui, en général l’apprécient plutôt. Selon elle, les femmes « doivent réussir en politique sans imiter ou s’adapter à un modèle masculin. »

Entrée relativement tard en politique, Yaël Braun-Pivet a très vite trouvé sa place au plus haut niveau. Avocate pénaliste, elle a rejoint En Marche dès sa création en 2016 après avoir, dit-elle, « toujours voté PS (Parti socialiste) ». Elue députée en 2017, elle a eu droit à un procès en amateurisme quand elle a été choisie pour présider la commission des lois alors que la tradition était de nommer une personne expérimentée. Elle vient de quitter le gouvernement, après avoir été à peine plus d’un mois ministre des Outre-mer.

Yaël Braun-Pivet a montré par le passé qu’elle ne laissait rien passer dès que pointe le sexisme ordinaire. En 2018, alors qu’elle fait un rappel au règlement largement justifié, le jeune député LR Robin Reda ironise : « Merci pour ces rappels au règlement quasi-maternels ». Illico celle qui était alors présidente de la commission des Lois le remet à sa place, ironiquement aussi : « J’adore vos réflexions misogynes ».

Lire : « VOUS POURRIEZ ÊTRE MA MÈRE », UN DÉPUTÉ REFUSE L’AUTORITÉ D’UNE PRÉSIDENTE

Rappelons que Yaël Braun-Pivet avait sorti, aux législatives 2017, le récidiviste Jacques Myard, spécialiste des remarques graveleuses et des insultes. Un hasard peut-être mais un plaisir à ne pas bouder…

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