Attaques contre « Barbie », contre les féministes, contre le droit de vote des femmes, contre la présidente des Scouts, victoire amère au Tour de France… Pendant que la rédaction des Nouvelles News était en vacances, l’actualité a eu un terrible goût de retour en arrière.
Marianne fonce tête baissée sur la symétrie entre masculinistes et féministes.
Dans son numéro du 7 août, le magazine oppose « féministes ultras » et « masculinistes ». Sur l’illustration de sa Une, un homme et une femme se font face, vociférant. Et le titre demande « jusqu’où ira la guerre des sexes ?». Une nouvelle fois un journal joue l’inversion de culpabilité (autrement appelée « culture du viol » ) et ignore que si « guerre des sexes » il y a, elle est déclenchée par la violence masculine et non par les féministes. Ils veulent dominer les femmes, elles veulent l’égalité des sexes. Mais dans son éditorial, la directrice de la rédaction de Marianne, Ève Szeftel, assure que les féministes sont responsables de ce mouvement. «Les excès de #MeToo ont conduit à un « backlash » massif sous la forme d’une giga-poussée de testostérone » écrit-elle. Les excès ? Lesquels ? La directrice du journal ne s’embarrasse pas de faits pour imposer le point de vue masculiniste à l’opinion.
Cette bouillie rhétorique servie par les médias qui ont les moyens d’avoir une forte audience est vieille comme l’antiféminisme. Elle s’amalgame avec un discours de pathologisation des militantes qui sont désignées par ces médias comme folles ou hystériques. Elle avait tendance à reculer et se cantonner à la presse d’extrême droite, la voici requinquée.
(Lire ces quelques exemples de bouillie dans nos archives : Ces unes qui détestent les femmes (2012), Mais qui veut allumer la guerre des sexes ? (2013), Encore des relents de haine antiféministe dans la vieille presse (2020), Haine antiféministe (2019. Valeurs actuelle parlait de « terreur antiféministe) Todd : antiféminisme de comptoir adoubé par les médias… énième épisode (2022))
Et ces citations : « Le féminisme n’a jamais tué personne, le machisme tue tous les jours », Benoîte Groult, 1976
« Les hommes ont peur que les femmes se moquent d’eux, les femmes ont peur que les hommes les tuent » – Margaret Atwood autrice de La servante écarlate.
États-Unis : attaques contre le droit de vote des femmes
Le 8 août, Pete Hegseth, secrétaire à la Défense des États-Unis, a suscité une vive polémique en partageant sur X une vidéo d’un pasteur chrétien nationaliste, Doug Wilson, plaidant pour l’abrogation du 19e amendement de la Constitution qui donne le droit de vote aux femmes aux Etats-Unis. Dans les commentaires sous le tweet de Pete Hegseth, certains internautes soutiennent le secrétaire à la Défense, écrivant par exemple : « Amen, Jésus est le Chemin, la Vérité et la Vie. » Des groupes progressistes et des membres du Congrès ont dénoncé cette position comme une attaque contre les droits fondamentaux des femmes. En réponse le Pentagone a affirmé que Pete Hegseth soutenait le droit de vote des femmes… sans remettre en question ses liens avec des figures d’extrême droite chrétienne.
Tour de France Femmes 2025 : meilleure couverture médiatique grâce à Pauline Ferrand-Prévôt mais… pas d’argent.
La victoire de Pauline Ferrand-Prévot au Tour de France Femmes 2025 a été saluée comme un exploit historique. C’était la première victoire française depuis 1985. La coureuse a même fait la une du journal L’Équipe alors que, au même moment, le nageur Léon Marchand enchaînait les exploits. Il ne lui a pas volé la vedette. Pauline Ferrand-Prévôt a bénéficié d’une exceptionnelle couverture médiatique accordée à une femme. Cependant, l’écart de rémunération entre les courses masculines et féminines demeure énorme. La Française a remporté 50.000 € pour sa victoire au classement général, tandis que le vainqueur masculin, Tadej Pogačar, a empoché 500.000 €, soit dix fois plus. Le total des primes pour la course féminine s’élevait à 264.152 €, contre 2,578 millions € pour la course masculine.
Patrick Sébastien signalé pour « exhibition sexuelle ».
Le 22 juillet dernier, lors d’un concert public dans un camping naturiste présenté comme familial au Cap d’Agde, Patrick Sébastien a donné le spectacle d’une fellation mimée sur scène devant un public comprenant des enfants. Le 31 juillet, l’association Osez le Féminisme (OLF !) a signalé au procureur une exhibition sexuelle. OLF! ajoute que : « Patrick Sébastien s’est livré à un déballage verbal sexiste avec des déclarations comme « Applaudissez mes petites sardines bien dodues ! » ou encore « Putain, y’a de la matière ce soir ! », alors qu’il avait invité sur scène des femmes, avec cette consigne : « Je veux que des filles ». »
Diffusion du film Barbie empêchée
La diffusion du film Barbie à Noisy-le-Sec a été empêchée le 8 août 2025. En raison de menaces et d’intimidations proférées par un groupe d’une dizaine de jeunes hommes, le maire communiste, Olivier Sarrabeyrouse a préféré renoncer . Le film avait pourtant été choisi par les habitants dans le cadre de l’opération « Ciné sous les étoiles ». Mais ceux qui ont semé la terreur jugeaient que le film « promouvait l’homosexualité et remettait en question l’intégrité des femmes ». Le maire a déposé plainte et une enquête a été ouverte pour menace, violence ou acte d’intimidation. Il a dénoncé une « nouvelle forme de délinquance » et une tentative de censure morale et a annoncé vouloir reprogrammer la projection, en en faisant un moment d’échanges et de débats.
Bien sûr, une polémique prévisible s’en est suivi. L’extrême droite reprochant au maire de laisser «des intégristes religieux islamiques» exercer «un contrôle social fort et efficace». Le maire dénonçant «la récupération politique de la droite et l’extrême droite» et rappelant que l’extrême droite avait aussi dénoncé le film lors de sa sortie pour les mêmes motifs. Sur X, Laurence Rossignol, sénatrice socialiste a tranché : « Les islamistes et les petits coqs masculinistes qui s’en réclament sont bel et bien un courant d’extrême droite réactionnaire. Ils promeuvent les mêmes projets de société que les autres courants d’extrême droite. Et c’est ainsi qu’il faut les qualifier. »
La présidente des Scouts démissionne sous pression de l’extrême droite
Le 6 août, la présidente des Scouts et guides de France, Marine Rosset, « en colère » a démissionné de ses fonctions après moins de deux mois en poste parce que sa « situation était intenable » Depuis la nomination à la présidence de cette élue socialiste, homosexuelle et pro-IVG, la frange conservatrice du monde catholique s’était déchaînée contre elle. Décidément, ceux qui crient habituellement au wokisme ne sont pas très cohérents…