Le régime islamique mène actuellement une violente répression contre ses opposants. Malgré les risques, les Iraniennes se filment une cigarette à la main, brûlant un portrait du guide suprême Ali Khamenei pour affirmer leur opposition.

Le mouvement Femme Vie Liberté ne faiblit pas. Depuis trois ans, après le meurtre de Mahsa Amini par la « police des mœurs », la révolte de la population iranienne contre le régime de la République Islamique, en place depuis 1979, poursuit ses actions de contestation.
Le 28 décembre 2025, des commerçants de Téhéran ont protesté contre la crise économique et l’augmentation du coût de la vie. Cette colère populaire s’est jointe au mouvement de contestation des opposants au régime. L’ONG Iran Human Rights estime que 2.600 manifestant.es ont été arrêtés et qu’au moins 192 ont été tué.es depuis fin décembre. Mais la répression du régime se durcit et prend des airs de « massacre » selon l’ONG.
Les Iraniennes bravent les lois de la République islamique
Principales actrices du mouvement révolutionnaire Femme Vie Liberté, les Iraniennes mènent elles aussi des actions d’opposition. Depuis le début de l’année 2026, de nombreuses femmes ont publié des vidéos dans lesquelles elles se saisissent d’une cigarette et enflamment un portrait d’Ali Khamenei, le guide suprême de la République islamique. En brûlant un portrait du plus haut dirigeant du pays, les Iraniennes revendiquent un geste symbolique fort, et ce malgré les risques de mort.
Depuis trois ans, les Iraniennes multiplient les actes de désobéissance aux lois ultra conservatrices de la République islamique qui réduisent à néant les droits et les libertés des femmes. Dans la rue comme sur les réseaux sociaux, elles interpellent la communauté internationale. En septembre 2024, après avoir été nommée Prix Nobel de la Paix, la militante Narges Mohammadi avait réaffirmé son engagement « pour la démocratie, la liberté et l’égalité » depuis la prison d’Evin en Iran où elle est incarcérée depuis 2021. Au mois de novembre de la même année, Ahou Daryaei est devenu le symbole de la lutte pour les Droits des femmes en Iran. Alors que la « police des mœurs » l’empêchait d’entrer dans son université en raison d’un voile jugé mal porté, elle avait fini, après une altercation, par enlever ses vêtements et marcher devant son université. La police l’avait arrêtée brutalement et conduite dans un hôpital psychiatrique avant d’être finalement relâchée.
Plus récemment, le 5 décembre 2025, lors du marathon organisé sur l’île de Kish, au large de la côte sud de l’Iran, sur les 2.000 femmes qui ont participé, beaucoup ne portaient pas le hijab. « Courir le marathon de Kish était pour moi un acte de défi personnel. Franchir la ligne d’arrivée était comme une victoire sur des années de restrictions », témoigne Sara (nom d’emprunt) à BBC Global Women. Elle ajoute : « Nous sommes passées du fait d’abandonner nos foulards cet été-là [en 2022] en signe de protestation à celui de porter des hauts courts et des leggings dans la rue l’année suivante », dit-elle. À la suite de l’évènement, deux organisateurs de la course ont été arrêtés.
Une nécessaire solidarité internationale
Face à la répression du régime qui s’accentue, plusieurs manifestations de soutien au peuple iranien ont été organisées un peu partout dans le monde. Le combat du mouvement Femme Vie Liberté et la cause des femmes iraniennes ont besoin de cette solidarité internationale.
Le 23 décembre 2025, des centaines de figures féminines du monde entier ont réclamé dans une lettre la libération de l’ingénieure et militante iranienne Zahra Tabari, arrêtée « pour avoir brandi une banderole portant l’inscription Femme, Résistance, Liberté » puis condamnée à mort en octobre. Les signataires, parmi lesquelles figurent d’anciennes présidentes de la Suisse et de l’Equateur, des ex-Premières ministres de Finlande, du Pérou, de Pologne et d’Ukraine, ainsi que des magistrates, diplomates et parlementaires, dénonçaient à l’unisson un « simulacre de procès de dix minutes, tenu par visioconférence sans la présence de son avocat ».
« Nous appelons les gouvernements du monde entier à se solidariser avec les femmes iraniennes dans leur lutte pour la démocratie, l’égalité et la liberté », insistent les signataires de cette lettre. Cet appel à la solidarité avec les Iraniennes est plus que jamais d’actualité alors que la police iranienne annonce « d’importantes » arrestations et que plus de 40 femmes ont été exécutées par les autorités iraniennes en 2025, comme l’estime l’ONG Iran Human Rights (IHR).
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