Pendant que Donald Trump sature le débat public de propos délirants et menaçants, des voix s’élèvent pour lui faire barrage. L’élue Groenlandaise Tillie Martinussen affirme haut et fort son refus du rachat du Groenland par les États-Unis.

La politique de prédation de Donald Trump n’a pas de frontière. Aujourd’hui, c’est le Groenland qui est dans son viseur. « Nous allons agir au Groenland, qu’ils le veuillent ou non. S’ils refusent la solution pacifique, nous passerons à la manière forte », déclarait-il le 9 janvier lors d’une conférence de presse. Dans une longue interview accordée au New York Times, il ajoute même : « Je n’ai pas besoin du droit international. Ma propre morale. Ma propre volonté. C’est la seule chose qui puisse m’arrêter ».
« Hands off Greenland ! »
Mais face à la pression, le peuple Groenlandais résiste. 85% des Groenlandais·es rejettent un projet d’annexion par les États-Unis, selon un sondage publié par le quotidien groenlandais Sermitsiaq. Le 17 janvier 2026, des milliers de Danois ont également manifesté à Copenhague. Leur message : « Hands off Greenland ! ». Le 20 janvier, c’est à Nuuk, la capitale du Groenland, que des milliers de personnes se sont rassemblées, arborant des messages anti-trumpistes. Ce rassemblement fut l’un des plus importants de l’histoire du Groenland.
Cette mobilisation populaire est soutenue par les élus locaux. Notamment Tillie Martinussen, qui n’a pas hésité à affirmer son opposition aux ambitions du président des États-Unis. Dans une vidéo relayée par le média américain APT, elle déclare : « Je pense que Trump ne connaît rien aux Groenlandais. Nous ne valorisons pas vraiment l’argent, ni les fausses lèvres et les faux seins des Kardashian ou ce genre de choses ». Elle poursuit : « C’est une grosse erreur de calcul de penser que les Groenlandais seraient tentés par l’argent ou autre chose. Nous ne le sommes pas. (…) Même pour 100 000 par personne, nous ne voudrions pas abandonner les soins de santé gratuits, l’éducation gratuite, le fait de faire partie de l’Europe et enfin nous ne voudrions pas abandonner notre souveraineté. Nous sommes bien avec le Danemark ».
La prise de parole de Tillie Martinussen, membre du parlement groenlandais de 2018 à 2021 et fondatrice du Parti de la Coopération, qui prône la libéralisation économique ainsi qu’une plus grande coopération entre le Groenland et le Danemark, a rappelé quelques fondamentaux concernant ce territoire danois semi-autonome. « En réalité, nous ne pouvons même pas posséder de terre au Groenland. Vous pouvez avoir une attribution de parcelle pour construire votre maison dessus, et vous êtes propriétaire de la maison, mais pas de la parcelle. Car nous ne croyons pas au fait que la terre peut être à une seule personne, elle appartient à tout le monde, tout comme la mer et les richesses que nous avons ici ». Une déclaration qui souligne bien le non sens de la proposition de Donald Trump, motivé uniquement par l’exploitation des ressources naturelles et « intérêts stratégiques » du Groenland.
La diplomatie face aux coups de pression de Trump
Les déclarations Tillie Martinussen ouvrent un nouvel espace de discussion diplomatique, loin du brouhaha de Trump qui cherche à imposer la loi du plus fort. La première ministre Danoise Mette Frederiksen a elle aussi maintenu son opposition au président américain. « Il faut absolument respecter le territoire et la souveraineté des États, c’est un élément essentiel de la communauté internationale, de cette communauté internationale que nous avons construite ensemble depuis la Seconde Guerre mondiale », a-t-elle déclaré après une rencontre avec Emmanuel Macron le 12 janvier.
Malgré le calme de sa déclaration, Tillie Martinussen avertit : « On sait ce qui est arrivé aux autochtones d’Alaska et aux Amérindiens : leurs terres volées, maltraitées. On ne répétera pas l’histoire. (…) On voit bien de qui [Trump] s’entoure : des suprémacistes blancs. Nous, on n’est pas blancs. Nos droits ? Ils seraient arrachés en un claquement de doigts. (…) Si Trump nous envahit un jour, on l’attendra comme une tempête polaire ». Face à Trump, les femmes maintiennent une opposition ferme.
À lire dans LesNouvellesNews.fr :
TRUMP HUMILIE ZELENSKY « COMME UNE FEMME » : ÉCLAIRAGE FÉMINISTE D’UN ÉCHEC DIPLOMATIQUE
COMMENT CLAUDIA SHEINBAUM, LA PRÉSIDENTE DU MEXIQUE, S’OPPOSE À TRUMP
« SILENCE, PETITE COCHONNE » : NOUVELLE INTIMIDATION SEXISTE SIGNÉE TRUMP
PAS DE DISCRIMINATION = PAS DE BUSINESS AVEC LE PAYS DE TRUMP ?
MARIA CORINA MACHADO NOMMÉE PRIX NOBEL DE LA PAIX… DONALD TRUMP, PRIX DE L’HYPOCRISIE
QUAND L’ÉVÊQUE MARIANN BUDDE APPELLE DONALD TRUMP À UN SURSAUT D’HUMANITÉ
ÉTATS-UNIS : MASCULINISTES DÉCHAÎNÉS ET FÉMINISTES MOBILISÉES APRÈS LA RÉÉLECTION DE DONALD TRUMP
EMMANUEL MACRON SURJOUE LA VIRILITÉ, ÉNIÈME ÉPISODE
LA RUÉE VERS L’OR ARCTIQUE (2012)
