Alors que l’attention médiatique s‘attarde sur Patrick Bruel, les militantes rappellent l’urgence : obtenir une loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles dotée de véritables moyens.
Le chanteur et comédien Patrick Bruel, mis en examen dans quatre affaires de viol, placé sous le statut de témoin assisté dans quatre autres dossiers et visé par plus d’une trentaine d’accusations, « a pris la décision d’annuler ces concerts » a-t-il écrit sur Instagram le 1er septembre. Un concert de soutiens tente encore de culpabiliser les accusatrices qualifiées de manipulatrices par un représentant du RN.
« La moindre des choses »
Mais les féministes, qui ont dû se mobiliser pour en finir avec ces inversions de culpabilité se concentrent sur un autre sujet essentiel : la mobilisation pour une loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles.
La réalisatrice et autrice Andrea Bescond qui ne ménage pas sa peine pour faire aboutir cette loi, à posté un message à l’intention des journalistes qui lui demandent de réagir à l’affaire Bruel : «Je m’exprime ici pour vous dire que je suis concentrée sur les rassemblements du 7 septembre et l’examen de la loi intégrale. Il ne mérite pas mon temps hors de ces posts, il est normal qu’il annule, c’est la moindre des choses. Toute ma force et ma sororité aux courageuses femmes qui témoignent contre lui ! C’est fini, ça ne passe plus ! »
Même si le Premier ministre a annoncé que le débat parlementaire sur la loi intégrale commencerait le 7 septembre, la Coalition féministe et enfantiste appelle à reprendre les mobilisations des lundis à 19h partout en France « pour continuer à faire entendre notre voix et montrer, ensemble, notre détermination à voir enfin aboutir une loi intégrale à la hauteur de l’urgence. »
L’enjeux est d’élaborer la loi, mais surtout de donner à la police et à la justice les moyens d’enquêter et de mettre les victimes en sécurité. Or, dans son message annonçant l’examen de la loi, Sébastien Lecornu n’évoque pas ces sujets cruciaux. Il veut : « Renforcer la réponse pénale, mieux détecter et protéger les enfants victimes, lutter contre les cyberviolences, renforcer la prévention dans le monde du travail, mieux former les professionnels de santé et lutter contre les violences dans l’enseignement supérieur : nous voulons agir partout où ces violences s’exercent » écrit-il sur X
https://x.com/SebLecornu/status/2094835007906881632
La question des moyens
Les débats vont être compliqués. En réponse à l’affaire Lyhanna, qui a déclenché une forte mobilisation citoyenne aux côtés des associations féministes et enfantistes, beaucoup prônaient seulement l’accroissement des peines contre les agresseurs sexuels. Ce qui est une garantie d’immobilisme. Sur le papier, les peines sont déjà relativement sévères. Ce qui manque, ce sont les moyens donnés aux enquêteurs dans les commissariats de police, dans les gendarmeries et dans la magistrature pour faire leur travail. Faute de moyens, les dossiers trainent, les « classements sans suite » se multiplient et le sentiment d’impunité des agresseurs reste intact. Faute de moyens donnés aux services sociaux et associations qui mettent à l’abri les victimes, la prévention ne pourra être assurée.
Rappelons que le président de la République avait rejeté la question des moyens
Alors les rassemblements du lundi soir se poursuivent dans les villes de France et devant le Ministère de la Justice à Paris. Prochain rendez-vous : lundi 7 septembre à partir de 19h. Pour connaitre les lieux : loi-integrale.fr
Lire aussi dans Les Nouvelles News :
« Vous êtes responsables des morts qu’on aurait pu éviter »: Marie-Charlotte Garin hausse le ton
Lyhanna : pourquoi il faudra rester mobilisé·es longtemps
Lyhanna : Pour renverser le système, rdv devant les tribunaux judiciaires ce lundi à 19h

