Les agissements du député LFI sont contraires aux engagements affichés par le parti qui affirme lutter contre les violences sexistes et sexuelles. Embarras.
« La France Insoumise doit écarter Sébastien Delogu du mouvement et de son groupe parlementaire, et faire de la lutte contre les violences économiques intrafamiliales et post-séparation une priorité politique. » La pétition lancée par Stéphanie Lamy, chercheuse spécialiste des guerres de l’information, s’intitule : « Exclure Sébastien Delogu de LFI & garantir les droits économiques de toutes les mères solo.» Signée par des sympathisant.es de LFI, elle fait d’une pierre deux coups : obliger le parti de Jean-Luc Mélenchon à s’aligner sur les valeurs qu’il assure défendre et ajouter dans la proposition de loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles des éléments sur les violences économiques intrafamiliales.
Des justifications inacceptables
Le premier objectif va être compliqué à atteindre. Mediapart a révélé que le député LFI des Bouches-du-Rhône Sébastien Delogu ne paie plus les pensions alimentaires destinées à subvenir aux besoins de ses deux enfants (13 et 15 ans) depuis plus d’un an. L’élu devrait 20.000€ à son ex-compagne. Initialement fixée à 600€ par mois, cette pension est passée à 1200€ lorsque ses revenus ont augmenté.
Le député l’a reconnu et selon les informations de ICI-France 3 Provence-Alpes, le parquet de Marseille a ouvert une enquête pour non-paiement de pension alimentaire et soustraction d’enfant par ascendant. Le député a évoqué des difficultés financières liées à des saisies correspondant aux amendes auxquelles il a été condamné.
Au-delà du cas Delogu
Mais c’est une autre explication qui retient l’attention de la pétition : « Pour justifier les impayés, il invoque à la fois le fait que ses enfants « ne lui répondent pas » et le comportement de leur mère. Il a déclaré à Mediapart qu’il paierait « le jour où [s]on ex-compagne respectera ses droits », tout en déclarant ne pas vouloir exercer ses droits de visite et d’hébergement. » Et c’est une violence psychologique et économique fréquemment exercée contre les femmes : « Faire dépendre les ressources destinées à ses enfants de leur comportement ou de celui de leur mère relève d’une logique de contrôle coercitif post-séparation. Les enfants n’ont pas à payer le prix du conflit parental. Leur mère n’a pas à se conformer aux lubies de son ex-conjoint pour que leurs droits économiques soient respectés »
Et les institutions supposées aider les mères à récupérer les pensions dues à leurs enfants ne se précipitent pas. L’ex-compagne de Delogu avait saisi l’Agence de Recouvrement des Impayés des Pensions Alimentaires (ARIPA) sans succès. Selon Stéphanie Lamy, « 293 millions d’euros d’impayés dus aux mères et leurs enfants n’ont pas été recouvrés parce qu’aucune procédure – amiable ou forcée – n’a pu être mise en place » en 2024.
Mais LFI ne semble pas encore décidé à exclure Sébastien Delogu. Interrogée sur ce sujet sur LCI, Mathilde Panot, cheffe de file des députés LFI à l’Assemblée Nationale a déclaré : «Je n’estime pas que Sébastien Delogu doive être exclu de la France insoumise (…) La juge des affaires familiales est saisie. Et je n’ai aucun doute sur le fait que Sébastien Delogu remplira ses obligations qu’il doit évidemment remplir. »
Garantir les droits économiques
Le second objectif en revanche est déjà atteint en partie. Stéphanie Lamy annonce sur LinkedIn que la commission féministe a accepté de porter les propositions d’amendements à la loi intégrale. Des propositions qui permettent de reconnaître comme violences intra-familiales des violences économiques exercées après la séparation des couples.
Les autres propositions et la fin de la pétition restent d’actualité : « Nous exigeons que La France insoumise en tire les conséquences pour Sébastien Delogu et qu’elle agisse pour que toutes les mères séparées et tous leurs enfants voient 100 % de leurs droits économiques garantis. »
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