Depuis plus de dix ans, les Journées du Matrimoine ravivent la mémoire de figures féminines historiques trop longtemps invisibilisées. Mais ces initiatives peinent de plus en plus à être financées.

Du 18 au 20 septembre 2026, les Journées du Patrimoine s’organisent un peu partout en France. Mais cette mémoire collective reste incomplète. C’est pour cela que les Journées du Matrimoine s’imposent simultanément depuis une dizaine d’années. Sur l’ensemble du territoire, des initiatives mettent en lumière les femmes oubliées de notre Histoire.
Sortir les femmes de l’oubli
Si les Journées du Patrimoine existent depuis 1984, il faut attendre 2015 pour que les premières Journées du Matrimoine voient le jour, sous l’impulsion du mouvement HF. Une démarche plus que nécessaire puisque cette même année 95% des œuvres visibles lors des Journées du Patrimoine étaient réalisées par des hommes. « Il y a dix ans, lors des premières Journées du Matrimoine, peu de monde était présent », se remémorait Marie Guérini, coordinatrice de l’événement depuis sa création, à l’occasion des dix ans en 2025.
Le mouvement HF, qui promeut l’égalité dans les secteurs des arts et de la culture, entend ainsi rendre justice aux femmes ayant contribué à notre Histoire commune. À toutes les époques, les femmes ont toujours été actives et créatrices mais l’Histoire, écrite par les hommes, s’est appliquée à les effacer de nos références communes. Grâce au travail de chercheuses et de militantes féministes, elles connaissent aujourd’hui une juste reconnaissance.
Pas de moyens pour le matrimoine
Comme chaque année, les Journées du Patrimoine sont annoncées en grande pompe. Mais, depuis plus de dix ans, les Journées du Matrimoine peinent à trouver un écho politique. En 2025, Aurore Évain, metteuse en scène et chercheuse sur le matrimoine théâtral, à qui l’on doit la réhabilitation du mot autrice, s’inquiétait déjà d’un recul.
Lire : Aurore Évain : « L’ensemble des acteurs investis pour un matrimoine théâtral est fragilisé »
Suite à un refus de conventionnement de la DRAC Île-de-France, cette dernière craignait pour l’avenir de sa compagnie et de ses créations mais aussi pour la reconnaissance des autrices de théâtre. « Le véritable problème c’est que les projets qui servent le matrimoine ne correspondent pas au système de la DRAC car ils ne rentrent ni dans le registre classique ni dans le registre contemporain », expliquait-elle aux Nouvelles News. Elle alertait alors : « C’est l’ensemble des acteurs investis pour un matrimoine théâtral qui est fragilisé ».
Pourtant, les initiatives pour défendre cette mémoire ne manquent pas cette année. Un peu partout en France, des lieux culturels parviennent à mettre l’honneur les femmes de notre Histoire à l’occasion de ces Journées. L’association HF Normandie recense pas moins de 120 événements dans la région à cette occasion. Mais la résonance médiatique et politique de l’événement reste quasi inexistante. Les différents ministères du gouvernement annoncent bien les Journées européennes du patrimoine, mais rien sur le matrimoine. Cela pose une question primordiale : quelle mémoire choisit-on de mettre collectivement en lumière ? L’absence de soutien apporté aux Journées du Matrimoine donne une réponse.
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