Catherine Ringer s’est éteinte dans la nuit du 14 au 15 septembre 2026. Depuis, les hommages se multiplient, saluant autant son immense talent artistique que son esprit libre et révolté. Connue comme la figure mythique des Rita Mitsouko, elle a également dénoncé le sexisme omniprésent dans le show-business..

Catherine Ringer a été l’icône d’une génération. Depuis son décès, de nombreux hommages saluent sa carrière et, surtout, son engagement. Sa rencontre, en 1979, avec Frédéric Chichin, son partenaire de musique et son compagnon dans l’intimité jusqu’à la mort de ce dernier en 2007, marque un tournant dans la carrière de celle qui évolue d’abord au sein de l’avant-garde du théâtre musical. En 1984, ils sortent l’album qui change tout : « Rita Mitsouko », avec le titre emblématique « Marcia baïla ». Tout au long de sa carrière dans la musique, la voix puissante et l’esprit punk de Catherine Ringer résistent à tout.
Contre les outrages sexistes de Gainsbourg
Depuis l’annonce de son décès, des archives, qui témoignent de son esprit révolté et sa répartie face aux violences patriarcales, remontent à la surface. Notamment une séquence extrêmement pénible à regarder, à cause de la violence de Serge Gainsbourg à son encontre. En 1986, sur le plateau de Michel Denisot, le chanteur, alors adulé, attaque Catherine Ringer sur son passé d’actrice porno. « Vous êtes une pute c’est tout », lui lance à plusieurs reprises Gainsbourg. Il ajoute : « Vous vous êtes fait baiser par la caméra, vous êtes dégueulasse ». Il insiste : « C’est dégueulasse, arrêtez vos conneries, vous avez pris plein de foutre pendant les prises ». Loin de se laisser démonter, Catherine Ringer se défend : « Et vous, vous avez l’air d’un vrai dégueulasse, quand j’étais petite tout le monde disait que vous étiez dégueulasse ».
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Sous les rires du public et d’un présentateur passif, Gainsbourg balance ses outrages sexistes en toute impunité. En guise de conclusion, il lui lance : « Vous allez prendre deux baffes dans la gueule, ça va être vite fait. Vous êtes une salope et vous êtes une putain. » Cette séquence reflète cette époque où le sexisme est roi sur les plateaux télé et où les personnalités féminines publiques sont prises systématiquement pour cible.
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Combattre les violences
Derrière les attaques du chanteur, Catherine Ringer a révélé les dessous de ce passé dans l’industrie du porno. En 1986, dans l’émission Sexy Folies, animée par Mireille Dumas, la chanteuse se confie sur son premier tournage à 17 ans, lorsqu’elle a dû faire face à des « situations violentes, difficiles ». Elle évoque une perception de soi « écrabouillée, réduite à néant… On est un paquet de viande ». En 2017, la chanteuse revient une nouvelle fois sur cette période de sa vie lorsqu’elle est invitée dans l’émission C à Vous. Elle révèle avoir été sous l’emprise, entre ses « 13 ans et demi à 20 ans, d’un pervers narcissique, qui m’a entraînée dans les zones pornographiques, dans le viol ».
En 2024, invitée sur France Inter, Catherine Ringer réagit aux prises de parole de Judith Godrèche, qui a porté plainte pour viol et violences sexuelles contre les réalisateurs Benoît Jacquot et Jacques Doillon : « Je me suis bien retrouvée dans ce qu’elle racontait […]. Cette période où, sous prétexte de secouer le vieux monde, on a été pas mal de petites jeunes filles qui ne se sont pas enfuies, qui n’ont pas dit non […]. J’en fais partie ».
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Face aux violences faites aux femmes, Catherine Ringer n’est pas restée silencieuse. Le 8 mars 2024, invitée à la cérémonie célébrant l’inscription de l’IVG dans la Constitution, elle interprète une version revisitée de l’hymne la Marseillaise. Les citoyens deviennent des « citoyennes » et le « sang impur » est remplacé par « chantons cette loi pure dans la Constitution ». Lors de ce même évènement, Catherine Ringer refuse l’accolade d’Emmanuel Macron. « Je ne suis pas ton pote », affirme-t-elle.
Engagée contre les violences patriarcales, Catherine Ringer l’est aussi pour la défense de l’environnement. Elle s’est régulièrement opposée à des projets néfastes pour la biodiversité. En octobre 2018, elle tente d’empêcher l’abattage de 2 000 arbres pour la construction d’un projet de base de loisirs situé à Romainville. Pareil en 2022, lorsqu’elle proteste contre la municipalité de Bagnolet qui a pour projet d’abattre 30 arbres pour y construire de nouvelles salles de classe, comme le salue le média Reporterre.
Toute sa vie, Catherine Ringer aura tenu sa ligne de conduite : envoyer balader les injonctions patriarcales et esquiver ceux qui tentent d’instrumentaliser son combat.
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