Une tribune de femmes en faveur de François Fillon, une autre de soutien à Jean-François Copé : chacun des deux candidats à la présidence de l’UMP se voit décerner un brevet de « monsieur parité ». Usurpé ?
Journée des femmes, ce lundi 1er octobre, pour les prétendants à la présidence de l’UMP. La question de la féminisation du parti n’était pas à l’ordre du jour jusque là. Ironiquement, elle devient un enjeu du duel masculin Fillon/Copé. Deux tribunes en faveur de la parité paraissent ce lundi dans Le Figaro. Chacune en faveur de l’un des candidats.
Elles sont une trentaine à signer le texte : « La parité, une raison de soutenir François Fillon ». Valérie Pécresse, Chantal Jouanno, Marie-Luce Penchard et Nora Berra, entre autres, appuient la « détermination » de l’ancien premier ministre « à faire avancer la parité au sein de la société française en commençant par » l’UMP. Elles soulignent que le manque de places faites aux femmes dans le parti est « intellectuellement inacceptable et politiquement néfaste ». Économiquement aussi, pourraient-elles ajouter : en n’ayant investi que 30% de femmes aux législatives, l’UMP va se priver de près de 4 millions d’euros par an.
« Avancées » de Copé ou du gouvernement Fillon ?
Dans le camp des femmes soutenant Jean-François Copé, les signataires sont deux fois plus nombreuses. On retrouve dans la liste Michèle Tabarot, Marie-Jo Zimmermann, Rachida Dati, Nadine Morano ou Valérie Rosso-Debord. Elles soulignent que c’est grâce au secrétaire général de l’UMP que la direction du parti « est aujourd’hui paritaire » (reprenant là le gros mensonge colporté à l’envi par leur champion) et qu’il est à l’origine de la loi instaurant des quotas pour féminiser les conseils d’administration des grandes entreprises. Elles citent encore la loi contre les violences faites aux femmes ou celle contre le port du voile intégral. Mais attention : pour les signataires de l’autre tribune, c’est « le gouvernement Fillon » qui a permis ces « avancées ».
Les crèches et les hommes
L’engagement féministe pro-Copé est dans la ligne du club « A droite toutes », récemment lancé par Rachida Dati. Cette dernière, opposée à François Fillon dans l’optique des municipales à Paris, doit toutefois encore faire ses preuves en matière de discours paritaire. Dans une interview au JDD, le 30 septembre, elle soulignait que le manque de places en crèche à Paris « complique la vie des mères de familles » et les horaires des crèches existantes les rend « inaccessibles pour les mamans qui travaillent tôt ou tard ». Oubliant que les pères aussi peuvent s’occuper des enfants… Jean-François Copé avait peut-être ce cafouillage en tête en tweetant ce lundi matin : « Les hommes aussi doivent s’engager en faveur de l’égalité homme-femme qui est un combat de tous les instants ».
Plus de sexisme à l’Assemblée ?
Dans les deux camps, c’est en tout cas l’angélisme qui domine. Pour les pro-Copé, il semble qu’hormis à l’UMP l’égalité entre femmes et hommes est acquise en France. Elles estiment que le chemin « n’est plus législatif, il est culturel ». Les pro-Fillon, elles, débutent leur tribune en rappelant les attaques contre Simone Veil lors du débat sur l’IVG en 1974 et estiment que « cette violence verbale a disparu, du moins dans le monde parlementaire ». C’est oublier un peu vite que le sexisme a encore sa place sur les bancs de l’Assemblée, comme les sifflets accompagnant la robe de Cécile Duflot, et provenant de députés UMP, sont venus récemment le rappeler.
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Photo : Marie-Lan Nguyen. Jean-François Copé et François Fillon le 21 janvier 2010 à Paris.
