Accueil Eco & SocialBien-être et richesses Bénéfices économiques et bien-être : le plaidoyer de l’OIT pour l’emploi des femmes

Bénéfices économiques et bien-être : le plaidoyer de l’OIT pour l’emploi des femmes

par Arnaud Bihel

Pour combler les disparités femmes/hommes face à l’emploi, « nous devons commencer par modifier notre conception du rôle des femmes dans le monde du travail et dans la société », insiste l’Organisation internationale du travail.


 

« Les disparités entre hommes et femmes sont l’un des défis les plus urgents à relever pour le monde du travail », insiste l’OIT (Organisation internationale du travail), dans son rapport Tendances de l’emploi des femmes 2017, publié mercredi 14 juin.

En 2017, le taux d’activité mondial des femmes s’élève à 49 %, soit près de 27 points de moins que celui des hommes. En 2014, les dirigeants du G20 ont pris l’engagement de réduire cet écart d’un quart d’ici à 2025. Chiche ? Selon le rapport de l’OIT, atteindre cet objectif fournirait des « bénéfices économiques considérables » : cela pourrait potentiellement injecter 5 800 milliards de dollars dans l’économie mondiale. En France, réduire de 25% l’écart actuel de 9 points ajouterait 44,3 milliards d’euros au PIB.

Cela fait plusieurs années déjà que l’impact du travail des femmes sur la croissance a les faveurs de l’analyse économique (Voir par exemple : L’emploi féminin, Graal de la croissance ?). Au risque, dénoncent d’ailleurs certain.e.s, d’une « marchandisation » de l’égalité.

Mais derrière l’économie pure, permettre aux femmes un meilleur accès au monde du travail aurait aussi, tout simplement, « un impact positif sur leur bien-être », souligne le rapport. Car ce n’est souvent pas par choix qu’elles restent à l’écart, mais en raison de « contraintes socio-économiques dans presque tous les groupes de pays ».

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Le rapport de l’OIT liste les contraintes les plus fréquentes qui freinent l’accès des femmes à l’emploi : l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, le statut marital et le manque de transport. Et surtout « la conformité aux rôles sexospécifiques », autrement dit les rôles stéréotypées associés aux hommes et aux femmes.

« Nous devons commencer par modifier notre conception du rôle des femmes dans le monde du travail et dans la société », rappelle Steven Tobin, principal auteur du rapport. « Bien trop souvent, certains membres de la société prétendent qu’il est ‘inacceptable’ pour une femme d’exercer une activité rémunérée ». Une récente enquête montrait que, pour près de quatre personnes sur dix dans le monde, « le rôle des femmes dans la société est d’être de bonnes mères et épouses ».

Même quand elles sont en activité, d’ailleurs, les femmes peuvent subir le poids de ces rôles sexospécifiques : près de 15% d’entre elles sont des travailleuses familiales, souvent sous-rémunérées, contre un peu plus de 5% des hommes. L’écart s’élève à 19 points dans les pays en développement, et il a même augmenté au cours de la dernière décennie. S’y ajoutent les activités de soin au sein de la famille, non rémunérées.

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« Pour les dirigeants politiques, la priorité devrait donc être d’alléger les contraintes qui pèsent sur les femmes quand elles choisissent de participer au marché du travail et de supprimer les obstacles auxquels elles sont confrontées une fois qu’elles sont en poste », insiste la Directrice générale adjointe de l’OIT pour les Politiques, Deborah Greenfield.

L’organisation réclame pour cela des mesures globales, afin d’« améliorer l’égalité des situations de travail et pour redéfinir les rôles respectifs des hommes et des femmes ». Il s’agit de promouvoir l’égalité de rémunération pour un travail de valeur égale, de s’attaquer aux causes profondes de la ségrégation professionnelle et sectorielle, d’accorder plus de valeur aux compétences liées aux activités de soins, et de transformer les institutions pour prévenir et éliminer la discrimination, la violence et le harcèlement dont sont victimes les femmes et les hommes dans le monde du travail.


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