L’emploi féminin, Graal de la croissance ?

par La rédaction

Electricienne

Plusieurs analyses économiques récentes insistent sur l’emploi des femmes en tant que levier de croissance. Mais dans quelles proportions ? Les chiffres restent très aléatoires.


 

« Une corrélation entre la participation économique des femmes et la croissance économique et le bien-être global d’un pays » : c’est ce que met en évidence l’étude récemment publiée par le cabinet de conseil Booz & Company (ici en anglais), dans le cadre de son « Indice Troisième Milliard » – référence au milliard de femmes dans le monde appelées à entrer sur le marché du travail au cours de la prochaine décennie. Cet indice mesure la capacité des mesures politiques et économiques à favoriser la participation des femmes – que ce soit en tant qu’employées ou entrepreneuses.
 

21%… ou 4%

L’impact du travail des femmes sur la croissance a, en ces temps de crise, les faveurs de l’analyse économique. Le Japon s’est ainsi vu promettre cette alternative : l’emploi des femmes ou le déclin.
En France, le gouvernement l’affirmait encore dans le document issu du Comité interministériel aux droits des femmes, le 30 novembre : « Une étude de l’Union européenne a montré que si la France arrivait à un taux d’emploi des femmes équivalent à celui des hommes, elle pourrait accroître son potentiel de croissance de 15 à 40% ». De fait, il s’agit d’une étude suédoise menée en 2009 (ici en anglais), qui envisage pour la France une hausse du PIB de 21%. Exagéré ? L’étude menée par le cabinet Booz estime pour sa part à 4% la hausse nette du PIB en France qui résulterait d’un taux d’emploi des femmes équivalent à celui des hommes.

10 points de retard

Sur l’Indice global « Troisième milliard », la France figure parmi les pays « sur la voie du succès », selon l’étude du cabinet Booz. A la 10ème place du classement qui englobe 128 pays. Reste que le taux d’emploi des femmes âgées de 20 à 64 ans, en France, stagne depuis près de 10 ans autour de 64%, 10 points de moins que celui des hommes. Et loin de l’objectif fixé par la « Stratégie 2020 » de l’Union européenne, qui est de le porter à 75%. Tandis que le sous-emploi reste très majoritairement féminin. Et les investisseurs boudent les PME dirigées par les femmes, quand bien même elles sont davantage porteuses de croissance…

 

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Photo © yooperann sur Flickr – Electricienne à Chicago, 2011.

 

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