Accueil Economie Féminisation des CA : une progression… qui ralentit

Féminisation des CA : une progression… qui ralentit

par Isabelle Germain

24% de femmes dans les Conseils d’administration des entreprises du CAC 40, 21% dans celles du SBF120. Gros progrès depuis le vote de la loi « Copé-Zimmermann ». Mais le rythme baisse… et le seuil de 40% ne sera pas atteint en 2016 si ça continue.


 

De nets progrès, mais il est urgent de poursuivre les efforts. C’est ce que dit en substance la quatrième édition du baromètre Diafora-BWP (1).

Les Conseils d’administration (CA) des entreprises du CAC 40 comptent désormais 24% de femmes et ceux du SBF120  21%. Elles étaient moins de 10 % dans ces hauts lieux de pouvoir avant le vote de la loi « Copé-Zimmermann » obligeant les entreprises à compter 40% de femmes dans leur CA en 2016, avec une étape intermédiaire à 20% en 2014.

« Une barre symbolique a été franchie » souligne Diafora-BWP  : 75% des conseils du CAC 40 comptent désormais trois femmes ou plus, alors qu’ils n’en comptaient que 18% en 2009.

Moins de femmes parmi les nouveaux entrants

Pour autant, pas question de fanfaronner. Le rythme de progression marque le pas. « Pour le CAC 40, 51% des nouveaux entrants dans les conseils étaient des femmes en 2010, 62% en 2011 et seulement 36% cette année. Le SBF120 hors CAC 40, quant à lui, a recruté 49% de femmes dans les nouveaux entrants en 2012. » Nombre d’entreprises ont déjà atteint le seuil intermédiaire de 20% prévu en 2014 et ont tendance à se reposer sur leurs lauriers.

Si ces entreprises ne remettent pas en question leur mode de recrutement, la machine risque fort de s’enrayer. Car le plus difficile est à venir. Il faut à la fois alimenter le vivier d’administratrices et faire évoluer les profils recherchés. L’enjeu est à la fois quantitatif et qualitatif, explique Diafora-BWP. 40% de femmes en 2016, cela correspond à 300 nouvelles venues dans les CA des plus grandes entreprises cotées.

Repenser les viviers

Et peu de femmes aujourd’hui correspondent aux  profils recherchés… pas très originaux : « des femmes connues et/ou déjà dans un conseil, femmes DG ou Directrices de filiales ou de grandes divisions opérationnelles, femmes étrangères et/ou avec une grande expérience internationale. Les viviers de tels profils vont se tarir et ne permettront pas de réaliser les objectifs de la Loi à l’horizon des 3 ans », préviennent Véronique Préaux-Cobti et Marie-Claude Peyrache qui ont initié le programme BPW.  

Elles conseillent deux options : ouvrir les conseils d’administration à de nouveaux profils et faire monter les femmes dans les comités exécutifs. Aujourd’hui, les conseils exécutifs des grandes entreprises comptent moins de 10% de femmes. Et la loi ne prévoit aucune contrainte pour les exécutifs. Si les entreprises ne réagissent pas aujourd’hui, elles n’atteindront pas les objectifs fixés par la loi en 2016…

 

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(1) BWP – BoardWomen Partners – est un programme de mentoring destiné à accompagner et à rendre visible de futures administratrices.

 

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