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Femmes dirigeantes, plafonds et murs de verre

par Arnaud Bihel
Image de l’infographique, ONU Femmes

Image de l’infographique, ONU Femmes

Si les femmes cadres sont de plus en plus nombreuses, il leur est toujours difficile d’accéder aux sommets de la hiérarchie, constate l’Organisation internationale du travail.


 

« Bien que le plafond de verre qui empêche les femmes de parvenir au sommet de la hiérarchie dans les affaires et l’encadrement puisse avoir des fissures, il est toujours là. »

Dans son rapport « Femmes d’affaires et femmes cadres: Une montée en puissance », publié lundi 12 janvier, l’Organisation internationale du travail (OIT) constate que dans 80 des 108 pays pour lesquels des données sont disponibles, la proportion de femmes dirigeantes a augmenté ces dix dernières années. Pour autant, si « les femmes cadres et propriétaires d’entreprises sont plus nombreuses que jamais », elles « continuent d’être écartées de la prise de décisions économiques à haut niveau ». Et le rapport d’assurer : « Si rien n’est fait, il faudrait 100 à 200 ans pour obtenir la parité au sommet de la hiérarchie ».

Le rapport souligne encore que « plus l’entreprise ou l’organisation est grande, moins il est probable qu’une femme soit à sa tête ». Aujourd’hui, les femmes détiennent et gèrent près d’un tiers de l’ensemble des entreprises dans le monde, mais c’est le plus souvent dans les micro et petites entreprises. Dans les entreprises cotées en bourse, moins de 5 pour cent des dirigeants sont des femmes, quelle que soit la région du monde.

Et en France ?
Le CAC 40 pourrait connaître sa première patronne en 2016 – Voir : Isabelle Kocher, future première femme PDG du CAC 40 ?
En moyenne, les 120 principales entreprises françaises comptent 22,5% de femmes dans leur Top 100 – Voir : Féminisation : les grandes entreprises progressent à petits pas

Une des raisons pour lesquelles il est plus difficile pour les femmes de devenir cadres supérieurs « est que leur expérience en matière d’encadrement n’est pas suffisamment diversifiée », souligne l’OIT. Il n’y a pas que les plafonds de verre, il y a aussi les murs de verre : les femmes ont tendance à être regroupées dans certaines fonctions d’encadrement (ressources humaines, relations publiques et communications, et finance et administration), ce qui « les empêche de gravir les échelons au-delà d’un certain point de la pyramide hiérarchique ». Les postes qui mènent plus facilement vers le sommet (responsables des opérations et chefs des ventes, responsables de la recherche et chefs de produits, et directeurs généraux) sont très majoritairement occupés par des hommes.

« Il est essentiel que plus de femmes atteignent des positions de cadres supérieurs dans les domaines stratégiques afin de constituer un vivier de possibles candidates aux plus hauts postes comme PDG ou présidents de sociétés», souligne Deborah France–Massin, Directrice du Bureau des activités pour les employeurs de l’OIT,

Permettre à davantage de femmes de développer leur entreprise, les faire progresser vers des niveaux supérieurs de gestion, « n’est pas seulement vital pour l’égalité hommes-femmes mais c’est aussi indispensable au développement d’un pays », insiste encore le rapport. En rappelant qu’un « nombre grandissant d’études montrent aussi la corrélation positive entre la participation des femmes aux équipes et aux structures dirigeantes et la performance des entreprises. »

 

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1 commenter

Lili 13 janvier 2015 - 14:54

Ce qui re-pose la question des choix d’études et de carrières, car si les femmes sont si nombreuses dans les branches les moins stratégiques des entreprises, on va avoir du mal à constituer le vivier… or je suppose que si elles arrivent là, et y réussissent, c’est aussi par choix.
A l’inverse, les secteurs moins stratégiques n’ont pas vocation a être occupés par des femmes uniquement…

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