Accueil Economie L’écart de salaires femmes/hommes : 19,2%

L’écart de salaires femmes/hommes : 19,2%

par Arnaud Bihel

C’est l’écart salarial en équivalent temps-plein en 2012, en légère baisse depuis 4 ans. Il varie fortement selon les secteurs.


 

En 2012, le salaire net des femmes en France, en équivalent temps-plein, était de 19,2% inférieur à celui des hommes, selon la dernière étude de la DARES, le service statistique du ministère du Travail. L’écart « baisse régulièrement depuis 2008 », mais c’est une baisse très légère : l’écart était de 19,4% l’année précédente, de 20,7% en 2010.

(Le calcul en équivalent temps-plein gomme l’effet du temps partiel, majoritairement féminin. En prenant celui-ci en compte, l’écart s’élève à 24,5%.)

L’écart salarial femmes/hommes varie fortement selon les secteurs : il n’est que de 1,3% dans la construction, de 1,4% dans l’information et la communication. Mais il s’élève à 21,9% dans l’enseignement, jusqu’à 39,5% dans les activités financières et d’assurance.

Attention toutefois : il ne faut pas en conclure, comme le fait par exemple Europe 1, « que, à poste et compétences équivalents, les femmes sont moins bien payées que les hommes. » Ces chiffres prennent en compte l’ensemble des métiers d’un secteur, et non des postes équivalents.

La DARES note aussi que l’écart entre les salaires des femmes et des hommes varie selon la taille des entreprises. « Dans celles de moins de 100 salariés, l’écart de salaires femmes-hommes croît avec la taille de l’entreprise : il varie de -14,4% dans les TPE à -22,8% dans les entreprises de 50 à 99 salariés. Dans les tranches supérieures, cet écart plafonne autour de -20 % ».

 

Lire aussi sur Les Nouvelles NEWS :

Un tiers de l’écart de salaire hommes/femmes reste inexpliqué

La piste fiscale pour l’égalité salariale

 

A VOUS DE JOUER

o Vous appréciez nos articles ?
o Vous voulez partager l’information pour que tout le monde ouvre les yeux sur l’inégalité des sexes ?
o Vous considérez que l’égalité dans les médias est la mère de toutes les batailles pour l’égalité ?
o Vous savez qu’un journal indépendant et de qualité doit employer des journalistes professionnels ?
Si vous avez répondu oui à une de ces quatre questions, faites un don pour financer l’information. Ce don est défiscalisé à 66 %. (Un don de 50 € vous coûte en réalité 17 €)

JE FAIS UN DON

10 commentaires

Lili 30 janvier 2015 - 20:31

Euh… 21,9 % dans l’enseignement? Ils comptent quoi dedans? La majorité des profs sont fonctionnaires, donc avec une grille « aveugle », avec certes des écarts éventuels de primes, heures sup, et autres extras, mais là c’est énorme comme écart !!!

Quant aux « superbes » 1,4 et 1,3, comment dire… de la part de secteurs dont les femmes sont quasi-absentes, c’est sûr c’est facile…
Bref, plus il y a de femmes, moins elles sont payées par rapport aux hommes, quoi. Tu parles d’un progrès.

Répondre
Tuxedo 31 janvier 2015 - 11:18

« Lili »
Euh… 21,9 % dans l’enseignement? Ils comptent quoi dedans? La majorité des profs sont fonctionnaires, donc avec une grille « aveugle », avec certes des écarts éventuels de primes, heures sup, et autres extras, mais là c’est énorme comme écart !!!

Puisque ce n’est pas à poste équivalent, on peut penser que dans l’éducation nationale comme ailleurs il y a un plafond de verre qui fait qu’il y a peu d’hommes, mais tous en haut de la pyramide hiérarchique, et donc avec les plus gros salaires.

Ensuite, il m’avait semblé lire sur ce site qu’une étude avait montré que les hommes dans la fonction publique recevaient nettement plus de primes que les femmes, et que c’était sur ce point précis que les écarts de salaires constatés entre les sexes se concentrait dans la fonction publique.

Je ne parle même pas des « genres » des métiers, comme infirmière qui est genré féminin et qui donc sera moins bien payé qu’un boulot avec des années d’études et des responsabilités équivalentes mais qui serait genré « masculin ».

Répondre
taranis 31 janvier 2015 - 13:54

C’est bien cela, il est question de salaires moyens par secteurs, dans les métiers fortement féminisées, la proportion de femmes dans la hiérarchie des salaires d’effiloche pour des considérations sociétales genrées L’inverse est aussi vrai dans la construction ou l’informatique les femmes sont recrutées généralement avec un diplôme d’ingénieur L’erreur est tout de suite de vouloir n y voir que de la discrimination salariale directe qui existe (1/3 inexpliqué d’après NN en poste equivalent) mais tombe sous le coup de la loi et elle est toujours subjective surtout d’un point vue paternaliste Il faut aussi compter la segmentation du travail, par secteur et/ou par répartitions des responsabilité lies à des meilleurs salaires Grace a une action politique qui favorise la promotion des femmes l’écart se réduit au fil des ans , nous constatons alors que la capacité de s’investir est bien inversement proportionnelle aux résistances de notre société et des femmes elles même par le choix volontaire ou non, suivant leurs traditions et leurs croyances et la vision politique égalitaire tout simplement. Pour couper court je ne parle pas d’égalitarisme idéologique , mais simplement de dire que les différences ne doivent pas faire les inégalités

Répondre
Lili 2 février 2015 - 13:31

Merci pour les précisions.
Du coup cela réduit fortement l’intérêt de la comparaison. Car ce qu’il faut savoir pour connaître l’ampleur des discriminations, salariales ou matérielles, c’est l’écart de salaire à temps de travail égal et à poste égal ou équivalent.

La question du niveau hiérarchique des femmes est intéressante, mais différente.

Quant aux métiers moins payés car féminins, Tuxedo, c’est un constat que je partage, mais qui reste pour moi assez mal expliqué. Ou alors ça veut dire que les femmes acceptent des salaires plus bas, ce qui pose quand même question sur notre rapport à l’argent et à la négociation, individuelle et collective.

Répondre
Tuxedo 2 février 2015 - 19:42

« Lili »
Ou alors ça veut dire que les femmes acceptent des salaires plus bas, ce qui pose quand même question sur notre rapport à l’argent et à la négociation, individuelle et collective.

C’est à dire qu’on accepte ou qu’on a pas vraiment le choix ?
Personnellement, ce n’est pas parce que « j’accepte » de donner mon déjeuner lorsque je me fait racketter que je ne considère pas vraiment que j’étais consentante hein…

Des études montrent qu’à l’embauche une femme est payée moins 10% qu’un homme. Comment le sait-elle ? Les femmes devraient selon vous refuser leur premier emploi et négocier ? Ou c’est que les hommes sont tellement supérieur qu’ils méritent qu’on leur offre 10% de plus sur un plateau, juste parce qu’ils possèdent un pénis ?

Vous ne croyez pas que ces messieurs se gardent leur entre-soi dans les métiers qui rapportent ? Vous croyez peut-être que si les femmes sont plus au chômage et majoritaires dans les emplois précaires c’est parce qu’elles ne font pas assez d’efforts ?

Ça me désole que vous ne fassiez pas le lien avec la discrimination, par exemple une autre étude à montré qu’avec le même CV selon que l’on mettait un nom masculin ou féminin, la personne avait 4 fois plus de chance de se faire embaucher (je vous laisse deviner à quel sexe allait l’avantage).
De plus l’homme était considéré comme plus compétent que la femme, sur, je le rappelle un CV PARFAITEMENT IDENTIQUE.

Il y a deux poids de mesure, les femmes sont moins payées que les hommes pour un travail équivalent, et tout ce qui est « féminin » est dévalorisé, diminué et marqué du sceau de l’infériorité.
Il n’est pas étonnant que cela agisse comme un cercle vicieux qui s’auto entretient.

Répondre
Tuxedo 2 février 2015 - 19:47

(suite) Ce n’est pas par hasard si les femmes n’accèdent pas aux postes à responsabilités, c’est l’effet de la discrimination systémique dont elles sont victimes et c’est très injuste de leur renvoyer la responsabilité en disant que c’est parce qu’elles ne négocient pas comme il faut ou je ne sais quoi, en un mot, que c’est de leur faute.

Je ne comprends pas, alors que je vous vois régulièrement commenter sur ce site, que vous passiez tout de même à coté de ce type de discriminations et que vous acceptiez le discours dominant, qui refuse de voir les responsabilités sociétales et fait des échecs des femmes ou des personnes racisées, des caractéristiques personnelles.

Les femmes ont moins de possibilités que les hommes donc elles sont moins difficiles, et comme elles sont contraintes dans leur choix le rapport de force est en leur défaveur et elles se font arnaquer.

Le fait pour un homme de porter du parfum de femme lors d’un entretien d’embauche pour un poste à responsabilité suffit à le disqualifier, car même inconsciemment, les stéréotypes sont chevillés au cerveau et tout ce qui évoque la féminité discrédite.
Si un parfum féminin suffit à suggérer la féminité, et du coup discrimine, imaginez ce que le fait d’être une femme entraine comme cognitions discriminantes.

Du coup je ne partage pas du tout votre avis comme quoi la seule « vraie » discrimination et celle que l’on devrait mesurer et celle qui est tout chose égal par ailleurs c-à-d à salaire et expérience égale.

C’est comme faire une course de chevaux, lester toutes les juments de 25 kilos de plus que les mâles et après faire un comparatif par tranche d’âge. Et en déduire ensuite que les mâles sont plus rapides que les juments quelque soit leur âges. En ajoutant que c’est équitable puisqu’on ne compare pas de jeunes chevaux avec des vieilles carnes.

Voyez-vous où je veux en venir ?

Répondre
Lili 3 février 2015 - 12:39

… surtout que vous êtes agressive et franchement c’est désagréable.
Je suis désolée mais pour savoir s’il y a discrimination il faut comparer ce qui est comparable. Dire qu’un nom féminin sur un CV identique entraîne 4 x moins de chance d’embauche, c’est comparable, il y a discrimination. Dire que les salaires sont plus bas de 19,2% par corps de métiers, sans plus, non. L’exactitude aide à défendre les combats correctement.

Quant aux aspects de négociation, dire que les femmes ne savent pas ou n’osent pas négocier, ça n’est pas les culpabiliser. C’est d’une part leur dire qu’elles peuvent oser le faire (confiance enfin, ça marche plus souvent qu’on ne croit!!!) et d’autre part se demander pourquoi elles ne le font pas, c’est à dire interroger leur éducation, leur propre regard sur elle-même, celui qu’on a depuis toujours sur elles, en famille, à l’école, dans les médias, le côté bonne élève qui ne demande rien…

Par ailleurs mon questionnement est collectif et non individuel. Les métiers très féminisés (dont le mien) sont sous-payés. Or il n’y a pas de « discrimination » puisque nous avons 100% de candidates (à bac+5). Aucun homme pour avoir « sur un plateau » 10% de plus. Donc pourquoi, collectivement, aboutissons-nous à un niveau global si bas?

Je ne refuse pas le constat sociétal. Je refuse qu’il soit une fatalité, collective comme individuelle. Qu’il soit responsable de tout à 100%. Sinon, quand une amie se plaint de sa difficulté à ce que son mari garde les enfants quand elle a besoin de faire des heures sups, je dis quoi : « ma pauvre c’est la faute de la société, désolée »? Et bien non, je lui dis « ne lui laisse pas le choix, ne culpabilise pas parce que la société te renvoie l’image d’une mère qui DOIT assurer avec les enfants ».

Je refuse qu’on déresponsabilise les femmes de leurs choix, même s’ils sont plus limités, ce que je vois bien en effet.

Répondre
Tuxedo 3 février 2015 - 14:31

Désolée si vous me trouvez agressive, ce n’est pas mon intention, si je ne vous portais pas d’estime, je ne prendrai pas la peine d’égrainer des arguments et d’essayer de vous convaincre.

Vous dîtes : « Dire que les salaires sont plus bas de 19,2% par corps de métiers, sans plus, non. L’exactitude aide à défendre les combats correctement. »

C’est là dessus que nous ne sommes pas d’accord. En effet, vous ne voulez pas prendre en compte le fait que si la hiérarchie et les gros salaires dans les corps de métiers sont masculins et la base, donc les emplois mal payés sont féminins, ce n’est pas par hasard, c’est bien le résultat de la discrimination dont sont victimes les femmes depuis la naissance et tout le long de leur vie. Il est donc faut de ne comparer que les postes égaux, car si les femmes n’ont que des postes pourris et mal payés c’est PARCE QU’elles ont été discriminées. Vous arrêtez votre réflexion en amont.
Pour l’histoire du CV, que ce passe t-il donc après, on a donc 4 hommes embauchés pour une seule femme alors que tous les candidats étaient d’un niveau strictement comparable. Voilà le résultat de la discrimination.
Si l’on compte comme vous le proposez, on compare la seule femme aux quatre hommes, et ont dit, regardez, finalement, il n’y a que 10% de salaire de différence entre eux, donc la discrimination n’est pas (si) opérante.

Répondre
Tuxedo 3 février 2015 - 14:39

(suite) SAUF QUE ! si l’on compare les 4 femmes de départ avec les 4 hommes du départ, en fait, il apparait qu’à compétence et formation égale, on aura 2 femmes qui auront été embauché à un poste de moindre valeur que leurs homologues masculins(moins payé et moins prestigieux) tandis qu’une autre est au chômage.

Vous avez là le résultat de la discrimination en cascade qui s’applique aux femmes. Inutile de dire que quelques années plus tard, les 3 hommes auront eu une promotion tandis que la femme embauchée à leur niveau non. Donc à ce moment là, il n’y a plus rien à comparer, il n’y a même plus de femmes à ce niveau donc si l’on utilise votre système, on ne verra aucune discrimination.

Voyez, ce n’est pas par hasard, ni par erreur selon moi, si l’on prend en compte les corps de métiers dans leur globalité. Et donc que l’on compare les différences de salaires entre hommes et femmes. Cela est logique, à moins que vous considériez normal que les femmes soient des « larbines » et les hommes des « chefs » du fait de leurs caractéristiques psychiques ou hormonales ou autre qui expliqueraient l’infériorité salariale des femmes et leur place en bas de la hiérarchie sociale et des métiers.

Honnêtement, j’espère avoir réussi à vous convaincre du bien fondé de cette méthode de calcul. Celle-ci n’a pas été choisie par hasard et se justifie d’un point de vue logique. L’argument que vous avancez est celui souvent utilisé par les hommes sur les forums pour discréditer les analyses statistiques sur les inégalités salariales.

Répondre
flo 4 février 2015 - 17:52

Ce chiffre de 21,9% dans l’enseignement m’a particulièrement interloquée aussi mais à y regarder de plus près, le tableau n° 3 du document de la DARES mentionne « hors administrations publiques » en face du chiffre relatif à l’enseignement… ouf !
par ailleurs, vous avez raison l’intérêt de la comparaison est réduit puisque la DARES n’étudie que les écarts par grands secteurs d’activité. En revanche cette étude montre parfaitement que les secteurs très féminisés sont les plus mal payés. Il y a bien discrimination à deux niveaux :
– comparaison à l’intérieur d’un même secteur d’activité : hommes mieux payés que femmes, toujours et partout
– comparaison sur l’ensemble des secteurs d’activité : les meilleurs salaires sont perçus dans les secteurs ou les hommes sont sur-représentés (banque, assurance…) et les femmes sont au bas du tableau, majoritaires et très mal payées dans le soin, le service…
en conclusion : si vous êtes une femme, dans une entreprise de 90 salarié(e)s dans le secteur bancaire, vous cumulez les emmerdements…

Répondre

Laisser un commentaire