Accueil Eco & SocialBien-être et richesses Les Français travaillent moins qu’en 1950 mais plus que leurs voisins allemands

Les Français travaillent moins qu’en 1950 mais plus que leurs voisins allemands

par Isabelle Germain

insee temps de travail

Les Français ne travaillent pas assez ? Pas si sûr. Retour sur 60 ans de baisse du temps de travail avec l’INSEE.


 

« Le problème de la France est qu’on ne travaille pas assez » affirmait  le Président de la République à Cholet le 6 janvier dernier, reprenant une nouvelle fois un de ses sujets favoris. C’était avant que ne soit publiée cette enquête de l’INSEE « Soixante ans de réduction du temps de travail dans le monde ». Où l’on apprend notamment que la durée annuelle du travail en France est supérieure à celle de l’Allemagne et des Pays bas notamment. La baisse du temps de travail va dans le sens de l’histoire et du progrès.

A l’heure où la gauche semble reprendre du poil de la bête, il se pourrait bien que cette enquête ravive les oppositions entre les tenants du « travailler moins pour travailler tous » et les défenseurs du « travailler plus pour gagner plus ». Le temps de travail a fortement décru pendant les Trente Glorieuses, sa baisse a ralenti pendant les Trente piteuses qui ont suivi. Et la corrélation entre temps de travail et santé de l’économie est difficile à établir.

En 2007 « la durée annuelle du travail est de 1 570 heures en France et en moyenne simple de 1 555 heures dans six autres pays européens (Allemagne, Italie, Pays-Bas, Espagne, Suède et Royaume-Uni) » indique l’INSEE. En haut du tableau se situent  l’Espagne, le Japon, les Etats Unis ou la Corée.

L’enquête montre que la baisse de 25 %  du temps de travail en 60 ans est allée de pair avec l’augmentation du bien-être et de la sécurité des travailleurs. Elle s’explique en effet par la  salarisation, la réduction de la durée annuelle du temps de travail et le temps partiel. Depuis les années 50, le nombre de salariés a augmenté pour atteindre, en France 90 % depuis une dizaine d’années en raison notamment du déclin de l’emploi agricole.

La baisse du temps de travail a commencé à la fin des années 1960. Les gains de productivité ont permis de desserrer la demande en main-d’œuvre : baisse du nombre d’heures supplémentaires et octroi de journées de congés.  Puis le ralentissement de l’activité dans les années 1970 a encore fait baisser les heures supplémentaires. La lutte contre le chômage est passée par la baisse de la durée collective du travail ou le développement du temps partiel. Dans des années 80/90 des lois ont abaissé le temps de travail en France à 39 heures en 1982 puis à 35 heures avec les lois Robien (1996) puis Aubry (1998, 2000).

Le temps partiel s’est développé dans les pays riches. Concernant plus les femmes que les hommes, il est plus répandu dans les services que dans l’industrie. Mais il est inégalement utilisé : 47 % aux Pays-Bas, 25 % au Royaume-Uni et en Allemagne, 17 % en  France, 13 % aux États-Unis ou 9 % en Corée.  Ces écarts sont probablement dus aux politiques menées. Dans certains cas le temps partiel peut être subi et faiblement rémunéré, dans d’autres il peut être voulu pour des raisons personnelles et facilité par les employeurs. « L’exemple des Pays-Bas est emblématique, avec un taux d’emploi élevé et une proportion d’emplois à temps partiel très développée… Le temps partiel peut alors s’interpréter comme une autre forme de partage du temps de travail, reposant sur des choix individuels » indique l’INSEE.

Une autre étude de l’INSEE indique que la productivité horaire a augmenté avec la réduction du temps de travail. Et un sondage de l’Institut BVA indique que les 35 heures sont plébiscitées par les salariés, surtout les plus jeunes. L’augmentation du temps de travail en temps de crise n’est pas forcément la panacée…

 

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2 commentaires

Florence 23 janvier 2010 - 19:53

un point qui n’est pas abordé dans l’étude est l’augmentation du temps de transport pour aller travailler. Le temps effectif de travail baisse mais qui ne connait pas des gens mettant 2h par jour (voire bien plus) pour leur transport. Et souvent c’est incompressible : les 2 partenaires du couple travaillant à des endroits différents, le lieu de travail est souvent difficilement modifiable sans léser un des 2. On arrive au paradoxe : moins de travail, mais pas plus de temps libre !

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tanguy 20 février 2010 - 13:51

Et ben,moins de travail mais plus de temps de libre.Elle est bonne celle-là et typiquement française.Quand on aura remis réellement au bouleau tous les français, ça ira mieux et puis, il faut vouloir travailler!et accepter un travail même s’il est loin de son domicile.Demandez le aux militaires!

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