Accueil MédiasBruits et chuchotements Les nerfs des femmes politiques : fin d’un coup bas

Les nerfs des femmes politiques : fin d’un coup bas

par Isabelle Germain

« Mais est-ce que vous pouvez vous calmer olala » la petite phrase de Stéphane Le Foll à Sandrine Rousseau ne passe pas. Insinuer que les femmes ont des nerfs trop fragiles pour faire de la politique est dépassé. Tant mieux pour la parité.

Très serré, le résultat du premier tour des élections législatives 2022 échauffe les esprits… Mais au milieu de réactions surjouées, le petit écran a donné à voir une scène symptomatique d’évolution favorable à l’image -et donc à la place- des femmes politiques.

Sandrine Rousseau, candidate du rassemblement de gauche, Nupes est face à Stéphane Le Foll, maire PS du Mans sur France2. Elle tente de s’exprimer, il ne cesse de l’interrompre. Elle parle fort mais calmement quand soudain, l’ex-ministre de François Hollande lance avec une pointe de mépris : « Mais est-ce que vous pouvez vous calmez olala ! » Stéphane Le Foll est alors illico recadré par la journaliste qui anime le plateau, Anne-Sophie Lapix : « non non non, on ne dit pas de se calmer, on est respectueux sur ce plateau, il n’y a pas de ‘on se calme’, chacun prend la parole l’un après l’autre. » Tandis que Sandrine Rousseau ajoute : «  je laisse les téléspectateurs et téléspectatrices apprécier »… Et elles et ils ont apprécié avec une avalanche de tweets dénonçant une remarque misogyne (et quelques-uns ne voyant pas le problème).

Ainsi petit à petit, l’image des femmes politique s’améliore…Grâce à la loi sur la parité de 2000, elles sont progressivement devenues plus nombreuses sur la ligne de départ lors des élections législatives, puisque les partis doivent investir autant de femmes que d’hommes. Elles sont plus nombreuses sur les plateaux télés et dans les médias en général. Ce qui les rend plus légitimes dans un monde qui leur a longtemps été fermé. Les résistances sont fortes : les partis ont longtemps préféré payer de très lourdes pénalités plutôt que de faire de la place aux femmes, ils les ont investies dans des circonscriptions non gagnables et ont multiplié les invectives et coups bas pour faire croire que le sexe dit faible était par nature incapable de se débrouiller avec le pouvoir.

Mais ce genre de coup bas ne passe plus. Car il y a davantage de femmes sur les plateaux, qu’elles soient responsables politiques ou journalistes, et davantage de femmes qui peuvent réagir publiquement sur les réseaux sociaux. Elles voient venir de loin, avec leurs gros sabots, ceux qui sortent le mythe de la femme qui ne maîtriserait pas assez ses nerfs pour les écarter de la politique. Et elles coupent court à ce type de discours.

Il y a quelques mois, c’était Gérald Darmanin qui tentait de déstabiliser la journaliste Apolline de Malherbe en lui disant « Calmez-vous madame, ça va bien se passer » … Et c’est lui qui s’est trouvé en mauvaise posture.

Lire : NOUVELLE SORTIE SEXISTE DE GÉRALD DARMANIN

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Lili 17 juin 2022 - 21:03

Bravo Anne-Sophie Lapix !! Hélas, elle le paye : quand les candidats refusent qu’elle anime le débat politique, c’est qu’ils savent à qui ils ont affaire…. Et après on dira que les journalistes sont de plus en plus mauvais. Il faut voir comment sont traités ceux et surtout celles qui sont bons.

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